Recensions

Campbell Brian et Tritle Lawrence A. (éd.), The Oxford Handbook of Warfare in the Classical world, Oxford University Press, New York, 2013, p. 783[Notice]

  • Melvin Romero

…plus d’informations

  • Melvin Romero
    Candidat à la maîtrise, Études classiques, Université de Montréal

L’Oxford Handbook of Warfare in the Classical world est un recueil d’articles où l’on retrouve plusieurs grands noms quant à l’étude de la guerre ancienne. Louis Rawlings, Dexter Hoyos, Angelos Chaniotis, Peter S. Wells, Nicholas V. Sekunda, John Serrati et al. participèrent à la rédaction de cette oeuvre exhaustive. Traitant du thème de la guerre dans les sociétés gréco-romaines (entre 1200 av. J.-C. et le 5e siècle ap. J.-C.), les articles exposent une variété d’aspects reliés à l’activité belliqueuse de ces deux civilisations influentes. En effet, la destruction de l’environnement, les pertes humaines, les réactions populaires face à la présence militaire dans les cités et le rôle joué par les mercenaires au sein des armées grecques font partie d’une série de propos abordés. Par le biais de l’archéologie, l’épigraphie, la numismatique et d’autres sciences connexes à l’histoire, les 32 articles parviennent à perfectionner ou à corriger certaines théories établies depuis depuis le siècle dernier. En outre, les observations approfondies des différentes époques pré-archaïques (mycénienne et homérique entre autres), archaïque, classique, hellénistique et romaine proposent parfois de nouvelles approches à l’étude militaire gréco-romaine. Le livre commence par une introduction sur les enjeux engendrés par les sources, notamment par l’archéologie. Ensuite, un chapitre dédié à l’archéologie militaire vient confronter ainsi les lecteurs aux nombreux problèmes qui peuvent ressurgir lors de l’analyse des vestiges ou des artéfacts. Enfin, cette thématique gréco-romaine de la guerre antique trouve ses divers aspects par le biais de multiples articles spécialisés tels que Eero Jarva (p. 395-418) qui met à jour les connaissances des types d’armement chez les Grecs anciens et les multiples tactiques de combat pendant l’ère grecque archaïque-classique. Par ailleurs, Peter S. Wells (p. 588-600) écrit sur les changements sociétaux des peuples « barbares » aux frontières du Rhin et du Danube durant l’époque romaine, notamment sur l’évolution des infrastructures à travers l’archéologie. D’un autre côté, John Serrati (p. 179-198) tente d’analyser à quel point une continuité des réformes militaires entreprises à l’époque classique fut une réalité durant l’époque hellénistique. Pour les amateurs de poliorcétique, Angelos Chaniotis (p. 438-456) présente une analyse profonde sur l’impact psychologique des sièges ainsi que les problèmes reliés aux commandements des sièges. Finalement, le recueil se conclut sur un article rédigé par Thomas Palaima et Lawrence A. Tritle quant à l’héritage que la guerre gréco-romaine ancienne légua aux temps modernes. Ces derniers expliquent comment le développement militaire de l’Antiquité a pu largement influencer notre conception sur l’art de la guerre au XXIe siècle. Pour les mordus de l’histoire militaire ancienne, ce livre est inévitable, voire un incontournable, car les auteurs remettent souvent en question les études antérieures réalisées depuis les dernières décennies. Bien que le livre soit très dispendieux, il n’en reste pas moins qu’il représente l’une des meilleures publications d’Oxford à l’égard des études sur la guerre ancienne jusqu’à ce jour. Par ailleurs, bien qu’un chapitre d’introduction permette de saisir plus ou moins les différents enjeux et problèmes reliés aux sources et à l’archéologie, les lecteurs se doivent d’être suffisamment renseignés sur les différentes époques de l’histoire gréco-romaine. Dans la même optique, la méthodologie rigoureuse des auteurs permet aux lecteurs d’obtenir des passages littéraires ou des références épigraphiques pouvant inciter tant le lecteur scientifique qu’amateur à vérifier les théories proposées. Cela dit, il semble bien que le Handbook of Warfare soit destiné pour un public plutôt scientifique ou universitaire. Par ailleurs, la publication ne déçoit pas les plus sceptiques, car une diversité de sources y est présente. De plus, les auteurs ont jugé bon d’inclure des images très détaillées montrant du mobilier archéologique, des pièces de monnaie, …