Génération, histoires nouvelles en Chine et en Asie de l’Est

Introduction

  • Carl Déry

…plus d’informations

  • Carl Déry
    Université de Montréal, Canada

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Seuls les 600 premiers mots du texte seront affichés.

Options d’accès :

  • via un accès institutionnel. Si vous êtes membre de l’une des 1200 bibliothèques abonnées ou partenaires d’Érudit (bibliothèques universitaires et collégiales, bibliothèques publiques, centres de recherche, etc.), vous pouvez vous connecter au portail de ressources numériques de votre bibliothèque. Si votre institution n’est pas abonnée, vous pouvez lui faire part de votre intérêt pour Érudit et cette revue en cliquant sur le bouton “Options d’accès”.

  • via un accès individuel. Certaines revues proposent un abonnement individuel numérique. Connectez-vous si vous possédez déjà un abonnement, ou cliquez sur le bouton “Options d’accès” pour obtenir plus d’informations sur l’abonnement individuel.

Dans le cadre de l’engagement d’Érudit en faveur du libre accès, seuls les derniers numéros de cette revue sont sous restriction. L’ensemble des numéros antérieurs est consultable librement sur la plateforme.

Options d’accès
Couverture de <em>Génération</em>, histoires nouvelles en Chine et en Asie de l’Est, Volume 37, numéro 2, hiver 2020, p. 5-190, Cahiers d'histoire

L’année 2019 a été marquée par de nombreuses commémorations ayant trait à l’histoire contemporaine de la Chine. Il y eut bien sûr les soixante-dix ans de la République Populaire de Chine, célébrés en grande pompe le 1er octobre par l’un des plus imposants défilés militaires auxquels on eut droit d’assister. Il y eut aussi le passage pratiquement oublié venant commémorer les trente ans de la tragédie de Tian’anmen, événement auquel on ne fit que très peu de cas, si ce n’est dans le propos de certains journalistes occidentaux, ou dans les zones périphériques de la Chine continentale comme à Hong Kong. Toutefois, 2019 marquait aussi ce qu’on pourrait légitimement voir comme le centième anniversaire de la Révolution chinoise, symbolisée par le Mouvement du 4 mai 1919. Pour en saisir l’ampleur et l’importance historiques, on doit d’emblée distinguer ce que les historiens chinois désignent comme le Grand 4 mai 大五四 et le Petit 4 mai 小五四. Le « Petit mouvement du 4 mai » renvoie spécifiquement à la marche de protestation de 3 000 étudiants de Beijing qui manifestaient contre ce qu’il est convenu d’appeler la« trahison de Versailles ». Pour sa part, le « Grand mouvement du 4 mai », qu’on appelle aussi le « Mouvement de la nouvelle culture », désigne le vaste mouvement de transformations sociales, culturelles et politiques qui se propageait en Chine de manière accélérée, au moins depuis l’établissement de la République en janvier 1912. Parmi les icônes culturelles qui symbolisent le mieux ce mouvement, parfois assimilé à une véritable« Renaissance chinoise », on trouve indéniablement la revue Qingnian zazhi 青年杂志 / La Jeunesse, fondée en septembre 1915. Dans l’éditorial du premier numéro qui décrivait l’objectif de la revue, Chen Duxiu lançait haut et fort un appel au changement : L’« Appel à la jeunesse » de Chen Duxiu s’inscrivait dans le contexte particulier de la Chine en transformation du début du XXe siècle, ce qui donne une signification historique particulière au radicalisme des formulations choisies par l’auteur. Qui plus est, cet appel doit être perçu comme l’un des symboles marquants du début de la révolution chinoise, conçue comme le point à partir duquel une nouvelle génération se dresse afin de remplacer la précédente. Le thème du passage d’une génération à l’autre était lancé et son impact se fit sentir à intervalles réguliers, tout au long de l’histoire tumultueuse de la Chine, et ce jusqu’à aujourd’hui. Cet appel à la jeunesse, aussi radical fût-il, est la première source d’inspiration de ce numéro thématique dédié à l’histoire de la Chine et de l’Asie de l’Est. La deuxième source d’inspiration ayant mené à la création de ce projet est plus modérée, et elle nous vient de l’un des piliers de la sinologie américaine, John K. Fairbank. Comme il écrivait en avril 1986, dans l’avant-propos de La Grande Révolution Chinoise, « chaque génération apprend que son rôle consiste, pour finir, à “servir de paillasson” à la génération suivante. C’est une fonction méritoire, et même essentielle à remplir ». Fairbank exprimait ces propos vers la fin de sa carrière, soulignant ainsi l’idée du passage d’une génération à l’autre, mais cette fois, dans l’optique d’une réflexion sur le sens des années qui passent et sur la valeur du jugement qu’un homme peut porter sur sa vie, avec du recul, ainsi que sur l’influence qu’il a pu avoir sur ses semblables plus jeunes : tempus fugit. L’objectif initial derrière la mise en oeuvre de ce numéro thématique, intitulé Génération, est d’abord de mettre en valeur cette idée du transfert générationnel. Par contre, à l’inverse de la …

Parties annexes