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C’est la perspective technique et esthétique tracée dans les années quatre-vingt par le hip-hop qui sert encore aujourd’hui d’orientation nostalgique aux études portant sur les pratiques de l’échantillonnage. Et c’est le régime sémiotique de l’indice qui est souvent invoqué pour expliquer l’expérience d’écoute des oeuvres ou des performances d’échantillonnage. Dans et par cette réflexion audiovisuelle, Jonathan Sterne montre que, en s’attachant de préférence aux techniques et à la logique culturelle contemporaines de l’échantillonnage, on pourra conceptualiser avec plus de finesse le régime sémiotique et mémoriel de cette pratique sonore et musicale. Partant du field recording pratiqué par Hildegard Westerkamp, de l’échantillonnage granulaire pratiqué par Steve Goodman, alias Kode9, et procédant lui-même à l’altération d’un matériau musical par l’extraction et la transposition de son code médiatique, Sterne fait entendre que l’échantillonnage produit bel et bien des indices – mais qui « sonnent creux » en ce qu’ils pointent vers un lieu qu’on ne saurait situer – cependant qu’il nous engage dans la logique mémorielle de l’enregistrement.


The technical and aesthetic perspective initiated by hip-hop in the nineteen-eighties continues to serve as the nostalgic point of reference for scholarship dealing with practices of sampling today. Most often, it is the semiotic system of the index that is invoked to explain the experience of listening to works or performances of sampling. By way of this audio-visual essay, Jonathan Sterne shows how, by attending to the particular techniques and cultural logic of contemporary sampling, we can refine our understanding of the semiotic and memorial significance of this sonic and musical practice. From the field recordings of Hildegard Westerkamp, to the grainy sampling of Steve Goodman (alias Kode9), to the author’s own manipulation of audio material through extraction and transposition, Sterne makes audible how sampling is indeed indexical—and while this index may sound “hollow,” indicating an origin we cannot place—it nonetheless implicates us in a consideration of the relationship between recording and memory.

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