Recherche-création

Ce qui reste des images du futur[Notice]

  • Viva Paci

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  • Viva Paci
    Université du Québec à Montréal

Les réflexions que l’on trouvera dans les pages du site Ce qui reste des images du futur sont le fruit d’un court voyage dans le temps et, plus précisément, dans le futur, dans le futur du passé. Elles supposent un certain goût des archives. Durant ma résidence de recherche au Centre de recherche et de documentation (CR+D) de la fondation Daniel Langlois pour l’art, la science et la technologie en 2004, j’ai exploré la collection documentaire Images du futur. Cette collection au titre fort prometteur (et les ramifications que ma recherche a suscitées) retrace plus ou moins explicitement, plus ou moins consciemment, les aventures d’une idée, celle du futur. Exposition – Images du futur est le nom d’une exposition internationale « d’art, nouvelles technologies et communication », selon la formule consacrée des catalogues, qui s’est tenue à Montréal entre 1986 et 1996. L’exposition qui a accueilli plus d’un million de visiteurs présentait des centaines d’artistes d’une vingtaine de pays. Elle s’inscrivait dans un engouement caractéristique des années 1980 pour un certain type de mise en scène du futur (à visiter aussi : « Des idées du futur »). Ce que je suggère de retenir d’entrée de jeu, c’est qu’en pleine ère de développement technologique, dans les années qui ont accompagné l’explosion de la vidéo et la diffusion des « nouvelles technologies », Images du futur reflétait un champ de nouveautés et une curiosité populaire qui étaient plus solidement ancrés, en vérité, dans le présent technologique des années 1980 que dans un hypothétique futur (ce qui marque une importante nouveauté dans la représentation du futur à ce moment-là). Oeuvres d’artistes, dispositifs visionnaires, propositions d’ordre commercial et animations numériques étaient tous conviés sans discrimination institutionnelle à Images du futur (à visiter aussi : « Exposer »). Archives – Si un phénomène récent semble parfois moins bien documenté qu’un événement ancien, c’est que toutes les données ne sont pas encore passées par la mémoire ordonnatrice et clarificatrice des archives. Aussi, les différents parcours que je propose dans le site Ce qui reste des images du futur ont-ils été élaborés à partir de la documentation sur les artefacts exposés à Images du futur dans la collection documentaire qui en conserve les traces, tout en prenant en considération également un ensemble de réflexions et de discours qui, durant les années 1980 et 1990, entre théorie et chronique factuelle, prennent en compte les nouvelles voies à la mode des arts et de la communication. Cette collection documentaire (d’où proviennent les images que l’on trouvera dans ce site) contient les matériaux accumulés par la direction de l’exposition durant ses dix ans d’existence, ses quelques années de préparation et sa période post-mortem: environ 400 vidéogrammes, 180 périodiques, 620 monographies, des projets d’artistes et de bricoleurs, des lettres, des portfolios, etc. J’ai voulu utiliser cette masse d’informations extrêmement disparates pour tisser des liens, dégager des sens, (re)construire des discours qui traversaient la collection et qui, surtout, avaient jadis traversé l’exposition Image du futur. Discours – Tisser des liens, suivre des renvois, imaginer des contiguïtés et découper des discontinuités : ainsi, j’ai essayé de proposer, dans ce site, quelques parcours à partir de l’image du futur construite par l’exposition. J’ai remarqué d’abord un type de discours qui sert à accompagner la diffusion de l’exposition auprès du public, discours qui se retrouve dans les catalogues et dans le matériel publicitaire et duquel se dégage un message attirant : « [...] en achetant le billet de cette exposition vous aurez le privilège de voir et toucher, en primeur, votre futur technologique et ludique. » J’ai discerné, par la suite, un autre type de discours dans les matériaux primaires et secondaires des oeuvres (portfolio ...

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