Éditorial

Est-ce que la mondialisation aplanit les différences entre les régions ?[Notice]

  • Josée St-Pierre,
  • Amélie Jacquemin,
  • Ruphin Ndjambou,
  • Marion Polge,
  • Éliane Kalifé,
  • Mathias Rossi et
  • Luz-Marina Ferro Cortes

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  • Josée St-Pierre
    Rédactrice en chef, RIPME

  • En collaboration avec
    Amélie Jacquemin
    Professeure, Université catholique de Louvain, Belgique

  • En collaboration avec
    Ruphin Ndjambou
    Maître-Assistant CAMES INSG-CIREGED, Libreville, Gabon

  • En collaboration avec
    Marion Polge
    Maître de conférence Université de Montpellier, France

  • En collaboration avec
    Éliane Kalifé
    Maître de conférence, Université Saint-Joseph de Beyrouth, Liban

  • En collaboration avec
    Mathias Rossi
    Professeur, HES-SO Haute école de gestion de Fribourg, Suisse

  • En collaboration avec
    Luz-Marina Ferro Cortes
    Professeure, Université de Los Andes, Colombie

Au-delà de sa spécificité sur l’objet de ses publications, le caractère international de Revue internationale PME permet des « découvertes » intéressantes et stimulantes pour tous les chercheurs. L’une d’elles a attiré mon attention dans les dernières semaines après avoir parcouru plusieurs travaux portant sur la mondialisation, allant du roman policier jusqu’à l’ouvrage scientifique un peu moins ludique. Depuis de nombreuses années, on parle de mondialisation, de village global, d’environnement de partage laissant à penser que le monde tend à s’uniformiser dans les façons de faire, de penser, de se comporter. Cette mise en scène est toutefois trompeuse et lorsqu’on porte notre attention derrière le rideau, soit en arrière-scène, on constate que la mondialisation fait naître des comportements plutôt protectionnistes afin de préserver son économie locale, ses emplois, sa créativité, pour se distinguer et affirmer ses singularités. Avec la mondialisation, de façon un peu paradoxale, on constate plutôt de plus en plus le pluralisme des environnements, des contextes, des sociétés. L’une des forces de RIPME est son côté international avec sa distribution dans au moins une trentaine de pays (par abonnements directs), mais aussi la diffusion de travaux provenant d’une certaine diversité de contextes. Que ce soit les différentes régions de la France qui présentent une grande variété sur les plans économiques et organisationnels, ou d’autres régions de la francophonie d’Amérique, d’Europe et d’Afrique, on peut apprécier des similitudes dans les objets de recherche mais aussi des particularités liées à leur situation propre. Différences économiques, différences culturelles, différences politiques, les problématiques de recherche ne sont pas identiques au même moment dans tous les pays, alors que sur la scène, on donne l’impression d’une certaine homogénéité. L’urgence de traiter certaines questions pour répondre du moins en partie aux besoins de nos sociétés varie ainsi selon les pays (voire les régions), ce qui est rarement discuté. Puisque nous vivons dans un environnement planétaire, nous avons tendance à laminer ces différences pour travailler en même temps sur les mêmes sujets. Est-ce la solution idéale dans nos milieux de recherche ? La tendance actuelle à étudier l’influence de l’Industrie 4.0 sur les pratiques de gestion des ressources humaines peut ne pas susciter un vif intérêt dans certains pays en voie de développement. Dans le même ordre d’idées, comment les investissements chinois à l’étranger affectent l’écosystème entrepreneurial et l’indépendance des petites entreprises locales peut provoquer des inquiétudes dans certaines régions du monde et pas ailleurs ! Si les chercheurs de notre communauté se coordonnaient pour tenter de trouver des solutions aux problèmes « urgents » dans différents pays, est-ce que cela permettrait d’arriver à développer des solutions ou des réponses plus créatives et plus rapidement ? La mise en commun des connaissances et compétences d’une communauté aussi diversifiée que celle de l’Association internationale de recherche sur l’entrepreneuriat et les PME (AIREPME) pourrait mener à des résultats intéressants ! C’est à voir… Pour montrer comment nos environnements respectifs se distinguent et font émerger des problématiques spécifiques, nous avons choisi de donner la parole aux vice-présidents Pays de l’AIREPME. Nous leur avons demandé de nous rendre compte des « préoccupations majeures » dans leur pays qui devraient intéresser les chercheurs en PME/Entrepreneuriat pour stimuler leur réflexion. L’objectif ici est justement de montrer que les préoccupations des chercheurs peuvent être très « localisées » et sensibles à leur contexte national. Parcourons la planète pour voir ce qui en est ! Le récent baromètre conjoncturel dressé par la Fédération des entreprises de Belgique (FEB, 2020) est descendu à son niveau le plus bas depuis la crise de 2011-2012. En Belgique, on est ainsi passé ces derniers mois d’un « …

Parties annexes