Éditorial

L’entrepreneuriat en marge des masses dans les industries créatives et culturelles

  • Julie Bérubé et
  • Jacques-Bernard Gauthier

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  • Julie Bérubé
    Professeure agrégée en management, Université du Québec en Outaouais

  • Jacques-Bernard Gauthier
    Professeur agrégé en management, Université du Québec en Outaouais

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Couverture de L’entrepreneuriat en marge des masses dans les industries créatives et culturelles, Volume 33, numéro 3-4, 2020, p. 7-304, Revue internationale P.M.E.

De plus en plus d’études montrent l’effet économique positif des investissements dans les industries créatives et culturelles (Anderson, Potočnik et Zhou, 2014 ; Colapinto et Porlezza, 2012 ; Crawford, 2016 ; Currid, 2007). L’Unesco (2017) définit ces industries ainsi : « les secteurs d’activité ayant comme objet principal la création, le développement, la production, la reproduction, la promotion, la diffusion ou la commercialisation de biens, de services et activités qui ont un contenu culturel, artistique et/ou patrimonial ». Si on dénote un intérêt sociopolitique grandissant envers ces secteurs, le monde académique n’est pas en reste. En effet, plusieurs travaux s’attachent à en saisir la réalité (Anderson, Potočnik et Zhou, 2014 ; Bérubé et Demers, 2019). Des auteurs de nombreux domaines se penchent sur ces industries grâce à différentes thématiques et grilles d’analyse, notamment, la géographie, l’économie, la psychologie et la gestion. Ce dernier champ est celui qui nous intéresse davantage. Il couvre plusieurs sous-champs disciplinaires ou sous-thématiques et chacun d’eux porte un regard singulier sur la gestion au sein de ces industries. Parmi les thématiques propres à la gestion, on relève le champ de l’entrepreneuriat dans les industries créatives et culturelles (Hausmann et Heinze, 2016 ; Hennekam et Bennett, 2016). L’apport de l’entrepreneuriat culturel et créatif à l’économie locale, mais également globale, est de plus en plus important, contribuant ainsi au développement économique et social de la société (Anderson, Potočnik et Zhou, 2014 ; Colapinto et Porlezza, 2012), d’où l’intérêt de s’attarder sur ce champ d’études. Les principaux thèmes relatifs à l’entrepreneuriat étudiés dans les industries créatives et culturelles sont les suivants : les caractéristiques de l’entrepreneur culturel ou créatif (Currid, 2007 ; Klamer, 2011 ; Woong et Wyszomirski, 2015), les tensions vécues par ceux-ci (Preece, 2011 ; Raduški, 2016), l’identité des entrepreneurs (Coulson, 2012 ; de Klerk, 2015 ; Hausmann, 2010), les outils et façons de faire (Bridgstock, 2013 ; Eikhof et Haunschild, 2006), l’éducation (Carey et Naudin, 2006 ; Raffo, O’Connor, Lovatt et Banks, 2000), le système de bourses/subventions (Bille, Løyland et Holm, 2017) et la collaboration (Lingo et Tepper, 2013 ; Moureau et Sagot-Duvauroux, 2012). Mayer et Timberlake (2014) rapportent que la culture mondiale devient de plus en plus standardisée par les médias de masse et les grandes entreprises. Conséquemment, face à cette globalisation, un nombre grandissant d’entrepreneurs au sein des industries créatives et culturelles en viennent à adopter des caractéristiques communes, formant ainsi une masse dominante. On peut décliner ces caractéristiques selon trois dimensions. Il s’agit d’entrepreneurs : 1) se regroupant dans des métropoles créatives (Currid, 2007), 2) homogènes sur le plan socioculturel (langue, nationalité, religion, etc. [Eikhof et Haunschild, 2006]) ou 3) créant des oeuvres visant une diffusion dans les médias de masse (Lingo et Tepper, 2013). Mais alors, qu’advient-il des entrepreneurs au sein de ces industries qui évoluent en marge de la masse ? Ce questionnement est le point de départ de ce numéro spécial, dont l’objectif est de regrouper des études s’intéressant au cas des entrepreneurs : 1) hors des métropoles créatives (par exemple, les artistes hors des métropoles comme Montréal, Toronto, Los Angeles, New York, Paris), 2) appartenant à une minorité (par exemple les minorités linguistiques ou ethniques) ou 3) ceux qui diffusent volontairement leurs oeuvres par des médias alternatifs (par exemple les groupes heavy metal). La majorité des recherches sur l’entrepreneuriat dans les industries créatives et culturelles se concentrent sur des lieux qualifiés de créatifs, comme les villes créatives, dont l’un des auteurs phares est Florida (2002). Ces villes, qu’on peut qualifier de pôles créatifs ont un effet d’attraction tant chez les entrepreneurs eux-mêmes que sur les ressources investies dans …

Parties annexes