Comptes rendus

MAISONNEUVE, Henri, L’Inquisition[Notice]

  • Raymond Lemieux

COMPTES RENDUS

valeurs qui soutiennent la vie. Cela donne lieu à une résurgence de l'expérimentalisme et de la primauté de la théorie du fait sur celle du droit : ce qui ferait de Nietzsche un héritier dangereux des sophistes.

C'est sans doute pour nous sauver des conséquences fâcheuses d'un tel héritage que Nietzsche se fait, dans la troisième partie du livre de Henning Ottmann, l'annonciateur de la grande politique qui serait celle de l'homme et de la terre.

Nous voulons terminer en faisant remarquer que la périodisation que fait Ottmann des œuvres de Nietzsche est commode et en facilite la lecture. Seulement, elle vaudrait comme une simple hypothèse et pourrait être, à l'occasion, revue.

Joseph Djossou

Henri Maisonneuve, L'Inquisition. Paris — Ottawa, Desclée — Novalis. Coll. « L'horizon du croyant», 1989, 171 pages (12.5 * 19 cm).

Ce petit livre sur un sujet énorme doit être lu dans l'esprit de la collection dont il fait partie et qui porte en sous-titre: «série encyclopédique d'information chrétienne ». Sans prétention, il présente une information qui, même lestée de tout appareil critique, veut être juste. Nul doute qu'il soit utile et qu'il contribue à ajuster les opinions courantes sur le sujet, même pour un public érudit.

Une véritable socio-histoire de l'Inquisition n'existe pas encore. On ne saurait donc présenter le phénomène au grand public autrement qu'en rappelant le plus exactement possible son déroulement historique. Cela nous fait souhaiter cependant que des historiens apprennent à travailler le phénomène équipés d'un appareil interprétatif plus élaboré, tenant compte de l'histoire politique, de l'histoire du droit et de l'histoire des mentalités.

Raymond Lemieux Université Laval

The Future of Liberation Theology. Essays in Honor of Gustavo Gutierrez. Edited by Marc H. Ellis and Otto Maduro, Maryknoll, N.Y., Orbis Books, 1989, 518 pages (15.5 * 24 cm).

Cet ouvrage est le fruit d'un colloque sur « Gustavo Gutierrez: l'homme et son œuvre», organisé en juillet-août 1988 par le «Summer Institute for

Justice and Peace » (Maryknoll School of Theology). Il voulait souligner le 60e anniversaire de naissance de Gustavo Gutierrez, son 30e anniversaire de vie sacerdotale et le 15e anniversaire de la traduction anglaise de sa « Teologia de la Libe-raciôn ». L'ouvrage est divisé en six parties : (1) les félicitations : 8 textes, incluant ceux de Desmond M. Tutu et d'Elie Wiesel ; (2) Gutierrez : l'homme et son œuvre : 8 textes, dont un article de Leonardo Boff ; (3) l'interprétation de la théologie de la libération : 9 textes, dont les meilleurs sont ceux de Roger Haight, Johann Baptist Metz, Rosemary Radford Ruether, Edward Schillebeeckx et Jon Sobrino ; (4) questions controversées : 11 textes dont il faut souligner l'excellence, surtout ceux de Gregory Baum, Harvey Cox, Enrique Dussel, Aloysius Pieris, Elisabeth Schûssler Fiorenza et Dorothée Sôlle ; (5) la libération dans différents contextes : 11 textes, incluant un article de James H. Cone et un autre de Carter Heyward ; (6) un regard vers l'avenir : 3 textes, dont celui de Robert Me Afee Brown.

L'ouvrage pose la question fondamentale et commune à toutes les théologies de la libération : Que faisons-nous pour les enfants de Dieu qui souffrent et meurent injustement ? Cette question est posée par des juifs, des protestants, des catholiques, des musulmans et ce, partout dans le monde. Le but de l'ouvrage est de poser les questions critiques qui révèlent les différentes tendances de la théologie de la libération et de dégager des orientations possibles pour favoriser la croissance, l'approfondissement et l'enracinement des théologies de la libération (p. xviii).

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