Comptes rendus

HOTTOIS, Gilbert, éd., Évaluer la technique. Aspects éthique de la philosophie de la technique[Notice]

  • Jean-Claude Petit

COMPTES RENDUS

contextes différents et par des personnes singulières. En cela, il invite son lecteur à faire à son tour, et à sa manière, l'expérience toujours inédite de la vie spirituelle.

Jean-Claude Breton Université de Montréal

Évaluer la technique. Aspects éthiques de la philosophie de la technique. Édité par Gilbert Hot-tois. Coll. «Pour Demain», Paris, J. Vrin, 1988, 175 pages.

Ce petit livre reproduit le texte de dix exposés présentés au colloque international sur les Aspects éthiques de la philosophie de la technique, qui s'est tenu à Bruxelles en septembre 1987. Ces exposés sont de valeur et d'intérêt fort inégaux. Ils considèrent la technique surtout dans ses grandes généralités et leur approche philosophique en fait le plus souvent une réalité bien abstraite. Mais ils témoignent, malgré tout, du retour en force à notre époque de la question de l'éthique. S'ils rappellent tous à leur manière l'urgente nécessité de considérer la question de la fin des initiatives et des productions humaines, ils attirent aussi l'attention sur le fait que la technique n'est pas seulement de l'ordre de la production mais qu'elle a atteint à une réelle autonomie qui la soustrait en quelque manière au vouloir humain. Le problème éthique qu'elle pose alors n'est plus celui des seuls actes humains individuels mais celui des choix sociaux et des buts collectifs et celui de la possibilité de leurs contrôles.

Jean-Claude Petit Université de Montréal

Andrei Tarkovski, Le temps scellé. De L'enfance d'Ivan au Sacrifice, traduit du russe par Anne Kichilov et Charles H. de Brantes, Éditions de l'Étoile / Cahiers du cinéma, 1989, Paris, 239 pages.

La parution en français de l'ouvrage posthume du grand cinéaste Andrei Tarkovski constitue un véritable événement. C'est un livre important aussi bien pour l'histoire du cinéma que pour l'histoire de l'art en général, et pour l'esthétique. C'est de ce dernier point de vue que nous le considérons ici.

L'ouvrage est bien présenté, préfacé par Larissa Tarkovski, épouse de l'auteur, et orné de seize pages

de photographies, et d'annexés biographiques brèves mais d'autant plus importantes que l'auteur se montre discret sur ce point. Sa rédaction s'étend de 1970 à 1986, c'est-à-dire jusqu'aux derniers jours de l'auteur (p. 202, on trouvera une poignante allusion à sa maladie). Cette rédaction a été occasionnée à l'origine par les longues périodes de chômage imposées à Tarkovski par la direction du cinéma soviétique. La longue période de rédaction a eu des répercussions sur le contenu du livre, dont les différents chapitres montrent une évolution thématique. Seuls les deux derniers chapitres parlent directement d'œuvres du cinéaste, en l'occurrence Nostalghia et Le sacrifice, alors que les quatre premiers cinquièmes de l'ouvrage traitent de questions d'esthétique, et les références aux œuvres cinématographiques {L'enfance d'Ivan, Andrei Roublev, Solaris, Le miroir — pour lequel Tarkovski éprouve manifestement une prédilection, à cause des principes esthétiques qu'il est parvenu à y mettre en œuvre — et Stalker) ont alors valeur d'illustration. Ce déplacement du centre de gravité de l'ouvrage est expliqué dans la conclusion: «Il m'apparaît actuellement beaucoup plus important, plutôt que de l'art en général ou de la prédestination du cinéma en particulier, de réfléchir sur la vie en tant que telle. L'artiste qui n'en appréhende pas le sens, ne peut être en mesure de se rendre intelligible dans la langue qui est la sienne, celle de son art» (p. 213). Ces réflexions sur ...