Recensions

Klaus Schatz, Storia dei concili. La Chiesa nei suoi punti focali. Bologna, Edizioni Dehoniane (coll. « Corso di teologia sistematica », série « Complementi », 6), 1999, 351 p.[Notice]

  • Gilles Routhier

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  • Gilles Routhier
    Université Laval, Québec

Sans doute à la suite des recherches menées actuellement sur Vatican II, les conciles oecuméniques font l’objet, depuis quelques années, d’un renouveau d’intérêt considérable. En témoignent, par exemple, la publication il y a quelques années d’une nouvelle édition des décrets des conciles accompagnée d’un volume d’histoire des conciles, sous la direction de G. Alberigo, édition désormais en plusieurs langues et aujourd’hui en processus de révision en vue d’une nouvelle édition, la publication récente du petit ouvrage de N. Tanner sur les conciles, la publication encore plus récente de l’ouvrage de Bernard Meunier (Les premiers conciles de l’Église. Un ministère d’unité) recensé dans ces pages et la réédition de plusieurs volumes de l’histoire des conciles de Heffele et Leclercq. C’est dans cet ensemble qu’il faut situer la publication de K. Schatz sur l’histoire de conciles. Cet historien allemand de l’histoire du christianisme, surtout connu pour ses travaux sur le premier concile du Vatican et ses études sur l’infaillibilité pontificale, nous présente ici une synthèse qui couvre l’ensemble des conciles, ce qui permet de mettre davantage en perspectives les caractéristiques propres à chacun d’eux. Cela le conduit à construire une typologie des conciles comme ont pu le faire certains historiens (notamment Fouilloux et Alberigo). Il identifie ainsi trois formes différentes de concile : les conciles impériaux de l’Église ancienne ; les conciles de chrétienté du Moyen Âge et les conciles de l’Église catholique moderne qui ont une forme confessionnelle (Trente, Vatican I et Vatican II), Vatican II ne constituant pas dans cette perspective un nouveau type de concile, comme le propose G. Alberigo. La perspective d’ensemble et l’étude sur la longue durée de l’institution conciliaire ont l’avantage d’interroger à nouveau frais la définition de l’institution conciliaire et nommément la catégorie de « concile oecuménique » à propos de laquelle tant de débats ont toujours cours, surtout entre les Églises orthodoxes d’Orient et les Églises occidentales, en particulier l’Église catholique. L’introduction de l’ouvrage est à ce chapitre d’un intérêt particulier. L’auteur ne s’interroge pas seulement sur ce qui fait qu’un concile est oecuménique (sa réception, sa convocation et sa présidence par le pape ou ses légats, la réception et la signature de ses actes par le pape, la participation de l’épiscopat universel), mais nous permet du coup de mesurer l’évolution de la figure canonique du concile à travers l’histoire. À la suite de cette introduction et après avoir fait brièvement état de l’apparition de l’institution conciliaire, l’exposé présente d’abord les conciles théologiques de l’Église ancienne en réservant une place particulière à Nicée, les conciles papaux du Haut Moyen Âge (chap. 4), les conciles d’union et de réforme, deux types de concile regroupés ici sous une même rubrique, les conciles du 15e siècle, et, finalement, les conciles confessionnels qui font l’objet chacun d’un chapitre : Trente, qui ouvre cette série et marque une rupture, Vatican I, concile du principe d’autorité (chap. 6), et Vatican II, concile d’aggiornamento (chap. 7). L’exposé sur ce dernier concile est de facture très classique. Il suit un ordre chronologique : la préparation et les quatre périodes du concile. Il est dommage que les étudiants ne puissent pas bénéficier d’une traduction française de cet ouvrage, publié en édition originale allemande en 1997, qui représente une bonne introduction au fait conciliaire de l’Église et qui constitue une excellente synthèse historique des conciles. Un index onomastique des noms de personnes et de lieux complète le livre et en facilite la consultation.