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Présentation

  • Hannelore Lee-Jahnke et
  • Martin Forstner
Couverture de La CIUTI, chef de file pour la promotion de l’employabilité et de la recherche, Volume 57, numéro 1, mars 2012, p. 1-273, Meta

Corps de l’article

Aujourd’hui, pensant à l’avenir, nous ne devons pas oublier qu’un des objectifs importants de l’éducation consiste à former la personnalité des étudiants, à développer chez eux une aspiration au dialogue et à la coopération. […] Lieu de réflexion et de partage, le forum de la CIUTI contribue, j’en suis convaincu, à créer les conditions nécessaires pour la formation des professionnels du plus haut niveau répondant aux critères de modernité.

Vorobiev 2011 : 236

Il nous a paru pertinent de mettre en exergue une citation de Valéry Vorobiev, vice-recteur du MGMO (Institut national des relations internationales de Moscou), qui a observé avec attention les activités relatives à l’enseignement et à la recherche au sein de la CIUTI (Conférence internationale permanente d’instituts universitaires de traducteurs et d’interprètes), avant d’établir des liens privilégiés entre sa prestigieuse université moscovite et notre association.

Le présent numéro, consacré, de fait, à la CIUTI, présente un tableau, aussi diversifié que possible, des recherches et des développements pédagogiques en matière de traduction et d’interprétation dans ses instituts universitaires membres. À cet effet, il souligne non seulement les nouvelles approches pédagogiques et les résultats de collaborations internationales et inter-institutionnelles novatrices, mais aussi les changements qui surviennent de façon permanente sur le marché du travail pour lequel nos étudiants sont essentiellement formés.

Meta, revue éminemment réputée pour sa haute qualité, nous permet ainsi d’ouvrir une fenêtre sur quelques aspects saillants de l’enseignement et de la recherche au sein de nos différents instituts. Le manque de temps, hélas toujours limitant, ne nous a pas permis de brosser un tableau complet, c’est-à-dire de présenter de manière exhaustive l’ensemble des recherches les plus récentes. Mais nous pensons néanmoins que l’éventail de travaux offert aux lecteurs est assez représentatif des démarches pédagogiques et scientifiques à l’oeuvre dans les domaines concernés : la traduction, l’interprétation et la terminologie.

Le présent volume comprend, en plus d’un éditorial, par Sylvie Vandaele et Georges Bastin, qui contextualise la situation au Canada, seize contributions et illustre trois grandes thématiques, l’historique de l’association, la traduction et l’interprétation, auxquelles s’ajoute un petit volet relatif à la terminologie.

Il semblait donc évident, pour esquisser le contenu du numéro, de débuter par un tableau historique évoquant le cheminement de la CIUTI de ses débuts jusqu’à son épanouissement international et la reconnaissance dont elle jouit aux Nations Unies, à la Commission Européenne, au Parlement Européen ainsi que dans l’industrie et le marché du travail. Ce tableau a été brossé par Martin Forstner, auquel la CIUTI doit une grande partie de sa réputation dans le monde ainsi que sa constitution formelle en association internationale. Martin Forstner a connu les débuts de la CIUTI, moins formels, plus timides peut-être aussi, à l’image de la traductologie qui, dans les années 60, n’était qu’à ses balbutiements. Il est certes le mieux à même de se pencher sur le passé de cette vénérable dame qu’est maintenant l’association. Il était logique d’enchaîner ensuite avec un autre tableau, celui de Peter Axel Schmitt, qui rappelle les similitudes et les différences qualitatives existant entre la réforme de Bologne, le European Master in Translation (EMT) et la CIUTI, tout en soulignant le rôle de pionnière de cette dernière.

Le volet traduction s’ouvre sur la contribution de Peter Holzer, qui nous introduit au différentes dimensions du concept de culture tel qu’il peut être appréhendé par les théories et les modèles culturels ainsi que par les théories traductologiques, et qui montre comment les processus de transfert culturel peuvent être ainsi saisis et compris. L’article de Nikolay Garbovskiy et d’Olga Kostikova est une belle fenêtre sur les recherches traductologiques en Russie. Les auteurs soulignent la nécessaire interdisciplinarité utile à la recherche, avec notamment l’approche cognitive. Dans le domaine de la recherche traductologique, s’insère également la contribution de Nadia Rodríguez et de Bettina Schnell, qui présente une étude longitudinale sur les processus cognitifs en traduction inverse. Don Kiraly nous offre ensuite un bilan de ses réflexions et de ses recherches qui se situent dans le cadre d’un enseignement de la traduction centré sur l’étudiant. La contribution de Jean-Marie Annoni, Hannelore Lee-Jahnke et Annegret Sturm est un bel exemple d’une recherche nettement interdisciplinaire, actuellement en cours. L’article fait état des premiers résultats obtenus dans le cadre d’une recherche subventionnée par le Fonds National Suisse et qui porte sur la théorie de l’esprit (Theory of mind, ou ToM) et la traduction. Par ailleurs, la très intéressante recherche faite par Anne Lafeber, basée sur une enquête menée auprès de professionnels, examine le savoir-faire et les connaissances indispensables à tout traducteur. Quant à Ingrid Simonnaes, elle nous présente un corpus parallèle de textes juridiques issus des examens d’agrément des traducteurs en Norvège, ainsi que ses applications. Vojko Gorjanc s’intéresse aux normes de traduction des éléments homoérotiques qui, selon lui, se sont formées dans traduction des textes classiques de la littérature slovène du xxe siècle. Puis l’assurance de la qualité des traductions nous est présentée par Hendrick J. Kockaert et Winibert Segers. Il s’agit ici d’une évaluation assistée par ordinateur – notamment par le biais de l’outil de révision RevisionQ. Lieve Behiels présente une analyse détaillée des choix de traduction de poèmes mystiques de Jean de la Croix afin de nous initier aux mondes des textes source et cible selon l’approche de Kees Coster.

Le volet interprétation est représenté, tout d’abord, par la contribution de Binhua Wang qui porte sur les normes d’interprétation chinois-anglais des conférences de presse du Premier ministre chinois en s’appuyant notamment sur l’analyse des écarts (shifts). Sonja Pöllabauer présente ensuite les résultats d’un projet consacré à l’interprétation dans les services sociaux et les structures d’aide sociale, qui tient compte du traitement des informations médiatiques et de l’application de ces dernières aux études de traduction et d’interprétation. Quant à Danielle D’Hayer, elle brosse un large tableau des communautés de pratique dans le contexte de la traduction et de l’interprétation communautaires, avec comme objectif la valorisation de la profession et une intégration de cette dernière avec l’interprétation de conférence pour les langues parlées et les langues des signes sous le vocable d’interprétation.

Enfin, le volet terminologie et nouvelles technologies est abordé par Nathalie Gormezano et Sandrine Peraldi, qui exposent des recherches pluridisciplinaires où les terminologies liées à des métiers spécifiques et les nouvelles technologies sont devenues des outils de l’innovation au service de la société.

Comme nous l’avons mentionné plus haut, le spectre est large, mais il est, néanmoins, loin d’être exhaustif et il ne couvre pas toutes les recherches faites dans les instituts de la CIUTI. Un dénominateur commun se dessine toutefois : comment, dans les différents domaines que sont la traduction, l’interprétation et la terminologie, les nouvelles approches, les nouveaux besoins du marché et les nouvelles recherches interdisciplinaires peuvent au mieux inspirer l’enseignement, ceci avec l’intention de rendre nos étudiants non seulement excellents dans leurs différentes spécialités à la fin de leurs études, mais également aptes à être des acteurs efficients et compétents dans leur vie professionnelle future.

La CIUTI, tout comme Meta, démontrent, par leur crédibilité, que nos disciplines langagières ont leur place dans le monde académique et scientifique et les aident ainsi à améliorer leur assise au sein de la recherche et de l’enseignement.

Nos remerciements vont à Meta, à Sylvie Vandaele et à ses collaborateurs, avec une mention spéciale à Anaïs Tatossian, pour nous avoir donné la possibilité d’exposer une partie des recherches en cours. Nos remerciements s’adressent également à tous les auteurs dont les contributions font la substance de ce numéro. Je saisis également l’occasion de cette préface pour exprimer ma profonde gratitude à Josiane Seydoux pour son aide précieuse et son avis critique lors de la relecture de cette présentation.

Parties annexes