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Recensions

Toussaint, P. (2010) (dir.). La diversité ethnoculturelle en éducation. Enjeux et défis pour l’école québécoise. Québec : Presses de l’Université du Québec

  • Christelle Lison

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  • Christelle Lison
    Université de Sherbrooke

Corps de l’article

Comme le dit Toussaint dès les premières pages du livre, « la question n’est pas de savoir s’il faut ou non favoriser l’intégration de jeunes issus de l’immigration dans les classes, mais plutôt comment y arriver » (p. 2). L’ensemble de ce livre collectif s’inscrit donc dans cette voie. La diversité ethnoculturelle en éducation. Enjeux et défis pour l’école québécoise se veut un outil pour tout le personnel de l’éducation (enseignants, gestionnaires, professionnels non enseignants) qui travaille dans un contexte éducatif de diversité ethnoculturelle. Les neuf auteurs qui y ont contribué se sont basés sur leurs recherches, leurs expériences et leur pratique de l’éducation interculturelle, depuis plus de 25 ans pour d’aucuns.

Présentation

Le livre est divisé en 11 chapitres. Chacun d’entre eux débute par une citation, se termine sur des questions d’approfondissement et est accompagné d’une bibliographie spécifique. De plus, les différents chapitres s’inscrivent dans des perspectives complémentaires, historique, politico-juridique, sociale, éthique et pédagogique, révélant ainsi l’équilibre instable, mais probablement permanent, de l’éducation interculturelle.

Le premier chapitre dresse le portrait de la diversité ethnoculturelle dans le contexte québécois. Si les instances gouvernementales favorisent la venue d’immigrants, elles se doivent également de leur donner les règles du vivre-ensemble à travers les valeurs de la nation. Le deuxième chapitre s’intéresse plus particulièrement à l’école québécoise et à l’intégration des élèves. La question de la métropole montréalaise y est également traitée, associée à la réussite scolaire des immigrants. Le troisième chapitre traite des aspects politico-juridiques et des pratiques d’accommodement en éducation au Québec. Le quatrième chapitre propose un modèle d’éducation interculturelle intégrée reliée au curriculum. Se positionnant dans une approche pédagogique, voire didactique, cette partie aborde la formation initiale des futurs enseignants du secondaire. Le cinquième chapitre met l’accent sur les gestionnaires de l’éducation en présentant un modèle d’analyse sur les plans axiologique, téléologique et praxéologique. Le sixième chapitre présente une recherche qui défend l’idée de la compétence interculturelle comme incontournable en formation initiale et continue des enseignants; considérant ainsi que la diversité est une connaissance qui doit être acquise. Le septième chapitre aborde la question de l’éducation éthique comme une tâche éducative essentielle pour l’apprentissage du « vivre-ensemble dans la différence ». Le huitième chapitre pose la question de la laïcité de l’école québécoise déconfessionnalisée. Le neuvième chapitre propose une pratique de gestion de la diversité en éducation à l’aide de l’approche par la résolution de problèmes et de la méthodologie des systèmes souples. Le dixième chapitre questionne la prise en compte de la diversité en milieu scolaire, notamment à travers les concepts de réussite éducative et de réussite scolaire, de même que de gestion interculturelle. Le onzième et dernier chapitre fait le lien entre la diversité ethnoculturelle et la formation des conseillers d’orientation dans la perspective de l’approche orientante.

Point de vue

L’ouvrage dirigé par Toussaint aborde une question délicate : celle de la tension entre l’envie et le besoin d’accueillir des immigrants et la peur de se perdre dans pareille aventure. Des accommodements raisonnables au cours d’éthique et de culture religieuse, en passant par la Commission Bouchard-Taylor, les différents chapitres osent mettre de l’avant que la diversité ethnoculturelle, si elle est l’affaire de tous, apporte autant de richesse que de difficultés. « La diversité ne doit pas être une entrave au bien vivre-ensemble », souligne Toussaint (p. 345). L’intérêt de ce livre est sans doute la multitude des perspectives qui permet à différentes catégories de lecteurs (enseignants, gestionnaires, conseilles d’orientations, conseillers pédagogiques) de comprendre leur propre réalité. Il devrait également intéresser les responsables politiques dans une optique de non seulement réellement comprendre ce qu’est la diversité culturelle et la réciprocité qu’elle implique, mais également pour proposer des outils adéquats aux acteurs de l’éducation qui doivent, chaque jour, vivre avec cet interculturalisme.

Par contre, dans son ensemble, La diversité ethnoculturelle en éducation. Enjeux et défis pour l’école québécoise se veut davantage un outil de réflexion qu’un outil de travail à proprement parler. Ainsi, nous ne pensons pas qu’un jeune enseignant puisse réellement y trouver des solutions aux problématiques interculturelles rencontrées dans sa classe. Il lui permettra peut-être de les comprendre et de les appréhender, mais sans doute peu d’y répondre dans sa quotidienneté professionnelle. Ainsi, il est aujourd’hui clair que l’école est une minisociété dans laquelle les classes sociales et les différences qu’elles impliquent sont une réalité que l’on ne peut nier et avec laquelle nous devons travailler.