Compte rendu

Manuel pour changer le monde, École d’innovation sociale Élisabeth-Bruyère, Montréal, Lux Éditeur, 168 p.

  • Emanuel Guay et
  • Alex Megelas

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Couverture de Racisme et discrimination systémiques dans le Québec contemporain, Volume 31, numéro 2, hiver 2021, p. 1-424, Nouvelles pratiques sociales

Plusieurs concepts en sciences sociales comportent à la fois une dimension descriptive et prescriptive, c’est-à-dire qu’ils peuvent être utilisés tant pour étudier des réalités existantes que pour définir des situations souhaitables. Manuel pour changer le monde, un ouvrage corédigé par sept professeur.e.s de l’École d’innovation sociale Élisabeth-Bruyère à l’Université Saint-Paul, se penche sur un tel concept qui renvoie simultanément à des pratiques concrètes et à un horizon permettant d’orienter ces mêmes pratiques. L’innovation sociale est ainsi présentée par les autrices et les auteurs comme un champ qui propose « la création d’entreprises sociales et collectives comme outil potentiel de changement, [mais qui] déborde largement ce cadre pour inclure l’ensemble des initiatives et expérimentations collectives visant à combler des besoins insatisfaits tout en faisant la promotion de la démocratie et de la justice sociale » (p. 13). Trois définitions de l’innovation sociale sont introduites afin de bien illustrer les tensions qui traversent ce champ. La définition néolibérale « repose sur la solidarité philanthropique, la bienveillance, les solutions individuelles et les mécanismes de marché » (p. 32), tandis que la définition social-démocrate s’inscrit « dans une démarche plus large de reconnaissance institutionnelle et de protection sociale, où les pouvoirs publics jouent un rôle de premier plan » (p. 34, souligné dans l’original). Le principe sous-jacent de la définition émancipatrice de l’innovation sociale n’est pas le marché ou la reconnaissance publique, mais plutôt « l’auto-organisation des acteurs sociaux et des groupes défavorisés qui cherchent à surmonter les injustices sociales et les dynamiques d’exclusion. Dans cette perspective, l’objectif n’est pas seulement de résoudre des problèmes sociaux par des solutions nouvelles, mais de transformer les conditions d’existence des collectivités et de mettre en échec les structures de domination » (p. 36, souligné dans l’original). Les auteurs et les autrices lient leur approche de l’innovation sociale à une théorie normative axée autour de la « parité de participation », qui désigne « la capacité de chaque personne à prendre part de façon égale à l’interaction sociale, ce qui exige à la fois des mesures de redistribution et de reconnaissance mutuelle » (p. 46), ainsi qu’à une analyse critique en trois étapes, soit l’identification d’un problème social, la précision de ses causes et l’élaboration de solutions pour le surmonter (p. 47). En s’appuyant sur cette théorie et sur ces principes d’analyse, ils et elles suggèrent quatre axes d’intervention prioritaires ainsi que des outils de concertation et de mobilisation permettant de les mettre en pratique. Le premier axe se concentre sur l’étude des différentes formes d’activité économique qui se déroulent au sein de nos sociétés, afin de contester l’hégémonie de l’économie de marché capitaliste dans notre imaginaire collectif (p. 87). La reconnaissance du caractère pluriel de nos économies est une première étape importante, mais il faut toutefois « faire un pas de plus et réfléchir aux bases institutionnelles d’une économie collective démocratisée, socle d’un nouveau mode de production postcapitaliste » (p. 97, souligné dans l’original). Le deuxième axe d’intervention implique de repenser l’entrepreneuriat, en remplaçant la visée de rentabilité maximale des entreprises privées par « la viabilité financière qui est poursuivie dans le but d’assurer la pérennité du projet. En bref, le fait d’entreprendre “autrement” consiste à établir des organisations économiques qui mettent l’humain, la collectivité et la planète au centre de leurs préoccupations » (p. 110, souligné dans l’original). Le troisième axe consiste en la promotion de la démocratie dans l’organisation du travail, à partir d’une perspective autogestionnaire et critique qui « s’inspire d’une pluralité d’approches pour remettre en question le modèle hiérarchique traditionnel […] L’objectif est de favoriser l’autonomie collective, le travail collaboratif …

Parties annexes