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Le scepticisme à l’âge classique

Montaigne, Estienne et l’invention de l’apparence[1]

  • Gianni Paganini

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Corps de l’article

La disparition de la notion technique de species dans les Essais de Montaigne[2] est à elle seule significative de toute une transformation intervenue dans la représentation du procès de la connaissance. En effet, ce qui manque dans la psychologie philosophique de Montaigne, c’est tout le processus d’information si bien défini par Aristote, et avec lui disparaît la garantie épistémologique que ce dispositif donnait à la fiabilité de la connaissance, en assurant la présence d’un élément en commun, la forme, entre l’objet et sa représentation, d’abord sensible, puis intellectuelle[3]. La théorie aristotélicienne de la sensation n’est pas même discutée tout au long de l’Apologie, et la seule référence assez implicite à la « forme des objets » qui serait appréhendée dans la perception va dans un sens opposé à celui d’Aristote, car Montaigne parle d’une « forme » qui serait beaucoup plus « relative » au sujet que dépendante de l’objet. De plus, il critique la distinction capitale entre, d’une part, la posture « normale » du sens et de l’entendement bien disposés et, d’autre part, les anomalies des conditions pathologiques ou irrégulières[4]. Tout cela s’explique par le fait que, à la place de la théorie aristotélicienne, Montaigne met en oeuvre un dispositif inspiré des textes de Sextus Empiricus en reprenant la dynamique qui avait conduit les psychologies hellénistiques, et surtout stoïciennes, à la fois à dissoudre la synthèse aristotélicienne et à dégager les conséquences de cette dissolution dont les critiques sextiennes révéleront tout le potentiel sceptique implicite.

Le problème est gnoséologique et il prend sa source dans le débat qui avait opposé stoïciens, néo-académiciens et pyrrhoniens au sujet de la valeur de vérité de la représentation, à savoir la « fantaisie », conçue plutôt comme résultat que comme faculté. Comme l’a remarqué Carlos Lévy[5], Cicéron, en suivant sur cela Arcésilas et Carnéade, avait déjà essayé de prouver qu’il n’existe pas de représentation dont on puisse affirmer avec certitude qu’elle est vraie, en mettant en doute l’existence de ces marques ou caractères au moyen desquels, selon les stoïciens, on aurait pu dire de la représentation « compréhensive » qu’elle provient d’un objet réel, qu’elle en est l’empreinte, et qu’elle est telle qu’elle ne pourrait pas provenir d’un objet qui n’existe pas (ou d’un autre objet que le sien). C’est bien la Nouvelle Académie qui contraignit les stoïciens à ajouter cette troisième clause dans la définition de la représentation « compréhensive », et que Cicéron eut vraisemblablement quelque mal à traduire en latin. Et ce fut cette petite clause (« visum igitur impressum effictumque ex eo unde esset quale esse non posset ex eo unde non esset[6] ») qui représenta selon Cicéron la quintessence des divergences entre les deux écoles, déterminant par là l’appartenance à l’une ou l’autre. Du même coup, en acceptant la distinction entre les représentations vraies et celles qui ne le sont pas, les penseurs de la Nouvelle Académie semblaient se ranger du côté des dogmatiques contre les Pyrrhoniens, eux qui n’ont jamais accepté de se prononcer ainsi et qui ont préféré suspendre leur jugement sur la vérité des « fantaisies ». Quoi qu’il en soit de ce contraste, comme le souligne bien Lévy dans son commentaire, la deuxième des propositions citées par Lucullus chez Cicéron (« toute représentation vraie est telle qu’elle pourrait tout aussi bien être fausse ») finit par réduire à néant le dogmatisme implicite de la première, d’après laquelle « parmi les représentations, les unes sont vraies, les autres sont fausses[7] ». Ainsi, en analysant tout ce débat à la lumière des interprétations sextiennes et en insistant sur le problème de l’aparallaxie, à savoir l’impossibilité de distinguer avec certitude le vrai du faux, Montaigne ne fait que rejoindre le fond sceptique véritable qui se cache sous les apparences du dogmatisme négatif typique de la Nouvelle Académie. En brouillant la démarcation des stoïciens, et avant eux des aristotéliciens, entre états normaux et anormaux, ainsi qu’entre rêve et veille, le sceptique rend impossible l’appréhension de la vérité objective. Il en résulte un subjectivisme marqué d’une empreinte phénoméniste très forte selon laquelle la seule réalité qui est accessible est constituée des représentations du sujet[8].

Les passages conclusifs de l’Apologie permettent de saisir la problématique néo-pyrrhonienne dans toute sa complexité. Tout d’abord, Montaigne met au coeur de ses considérations la différence entre l’apparence et la réalité, ou bien entre l’apparence et l’essence, en opposant, comme Sextus, la « nature », inaccessible en soi, à la qualité telle que perçue par les sens[9]. La médiation des sens est décrite tantôt en termes de qualification ou d’altération de l’objet, tantôt en termes de « falsification » ; d’où le problème authentiquement sceptique que constitue l’impossibilité de privilégier l’une ou l’autre représentation, voire de distinguer entre des qualités réputées « normales » et d’autres qui ne le sont pas. La veille et le sommeil, la santé et la maladie, se trouvent désormais sur un pied d’égalité quant à la valeur des représentations qu’ils donnent des objets, et cela moins parce qu’ils se valent par leur fréquence ou par leur utilité pragmatique, que parce qu’ils se trouvent tous réduits au rang de causes productrices de représentations qui ne sont que représentations de phénomènes ou d’apparences : « Or nostre estat accommodant les choses à soy et les transformant selon soy, nous ne sçavons plus quelles sont les choses en verité ; car rien ne vient à nous que falsifié et alteré par nos sens[10] ». Si les représentations sont toutes des phénomènes et que l’objet en soi demeure inaccessible, il n’y a plus moyen d’établir une hiérarchie entre les apparences quant à leur valeur de vérité[11].

Ainsi, dans la conclusion de l’Apologie[12], Montaigne reconstitue la doctrine sceptique du phénomène, tout en la libérant de certaines références techniques à la psychologie stoïcienne dont elle était chargée dans la présentation de Sextus. Tout d’abord, il écarte les mots ou les expressions trop marqués par leur appartenance d’école, de même qu’il élimine toute allusion aux premiers paragraphes du chapitre des Pyrrhonianane Hypotyposes (« Le critère selon lequel...[13] »), où Sextus fait des emprunts précis au concept stoïcien de phantasia, en tant qu’ » impression dans l’heghemonikon[14] » (il y a bien évidemment en toile de fond toute la doctrine stoïcienne de la représentation [phantasia] compréhensive, impression dont la spécificité est d’être certaine — en constituant un véritable reflet dans l’âme de la nature de la chose — et donc de fournir un critère de vérité capable de faire la différence entre les représentations vraies et les fausses)[15]. Il faut cependant remarquer que les interventions de Montaigne ne se limitent pas seulement à alléger le texte de Sextus ou à saisir l’ » essentiel du scepticisme », comme le soutient Dumont en supprimant « tout ce qui n’était pas à proprement parler sceptique » dans les Hypotyposes[16], car l’assimilation de la doctrine pyrrhonienne faite par l’auteur des Essais est beaucoup plus fine et originale, prenant appui sur une exégèse très cohérente et assignant la primauté à la notion de phénomène. C’est ainsi que le mot français « fantaisie » (traduction du grec phantasìa) prend un sens différent du reste des Essais et devient ici le synonyme d’ » apparence » en général.

Ce fait, qui semble purement lexical, mérite toutefois un commentaire propre, car la synonymie ne va pas de soi et ne manque pas de soulever des problèmes spécifiquement philosophiques. Tout d’abord, il faut remarquer que l’absence du mot « phénomène » dans le texte de Montaigne ne représente pas à elle seule un indice contre la thèse phénoméniste que nous venons de lui attribuer. Dit de manière plus banale, s’il n’utilise pas le mot, c’est parce qu’il s’agissait, à son époque, d’une expression grecque qui n’était pas encore acceptée en français, et qui était à peine tolérée en latin. La traduction latine des Hypotyposes par Henri Estienne (traduction qui fut pour Montaigne, selon Floridi[17], la source de référence de sa connaissance de Sextus, car il n’aurait jamais connu l’original grec) est très révélatrice à cet égard. Lorsque, au début de l’oeuvre, Sextus introduit le concept de ϕαινόμενα, Estienne laisse le mot en grec la première fois, pour ensuite le traduire par translittération en « phaenomena[18] » dans les passages ultérieurs. Plus bas, au moment de traduire le chapitre fondamental (I, 9) qui porte sur les limites de l’épochè sceptique (« An Sceptici phaenomena tollant »), Estienne éprouve le besoin d’interpoler le texte pour mieux expliquer le sens de ce mot « phaenomena » qui lui semble évidemment trop étranger au bon lexique latin : « Qui autem aiunt Scepticos tollere phaenomena, id est, apparentia...[19] ». Et, par la suite, il choisit toutes les variantes du lexique de l’apparaître (« apparet », « res quae apparet », « apparens », « apparentia », etc.) pour rendre ce qui relève, dans le texte de Sextus, du phénomène. Le chapitre suivant est d’autant plus important qu’il établit le « critère » du scepticisme (critère pris ici dans un sens non dogmatique) : le philosophe pyrrhonien le renvoie très justement au « phénomène », mais il le renvoie également à la phantasia, c’est-à-dire à la représentation sensible en ce qu’elle apporte, traduit Estienne, « assentiment et affection non volontaire » (« persuasionem et coactam passionem »). Remarquons encore une fois qu’à tout moment, dans ce chapitre, Estienne évite le mot « phaenomenon » pour utiliser en revanche le lexique de l’apparence et de l’appaître : « Criterium igitur Scepticae institutionis dicimus esse id quod apparet : quod perinde est ac si phantasiam dicamus[20] ». On s’explique donc par cette traduction des textes de Sextus les choix terminologiques qui caractérisent le raccourci de Montaigne correspondant, bien sûr sur le mode d’une synthèse intelligente, à Pyrrhonianae Hypotyposes I, 72-78 : tout d’abord, le choix qui l’a conduit à éviter le mot « phénomème » puis celui qui l’a amené à faire se rejoindre les notions d’apparence et de « phantasia » ou « fantaisie ».

Ce deuxième aspect requiert un commentaire spécifique, car il peut induire une certaine confusion. En effet, si la notion d’origine stoïcienne de « représentation compréhensive » (ϕαντασία καταληπτυκή) est rejetée par les pyrrhoniens qui ne veulent pas reconnaître une source de certitude (repoussée comme un reste de dogmatisme), il y a en revanche une signification plus « faible » et non dogmatique de phantasia qu’ils acceptent, en la comprenant sous la forme d’un critère ou mieux d’un guide pragmatique pour leur « vie sans dogme » : c’est une sorte de phantasia passive (ϕαντασία παθητική), laquelle s’impose de façon involontaire, ne comportant pas de jugement sur la nature réelle de l’objet (comme c’est le cas par contre pour la théorie stoïcienne de la représentation) et consistant donc dans la simple reconnaissance de ce qui apparaît. C’est pour cela que Sextus déclare la phantasia équivalente au « phénomène[21] ». En faveur de cette interprétation, qui comporte une véritable assimilation sémantique entre les deux notions, s’inscrivent aussi bien la traduction d’Estienne que son intéressant commentaire philologique adjoint au texte des Hypotyposes. Ces annotations ont un double intérêt pour comprendre les enjeux du lexique adopté par Montaigne dans l’Apologie. Tout d’abord, Estienne se justifie d’avoir utilisé en latin le mot phantasia (qui est en effet un calque linguistique du grec, et non une véritable traduction) et cela malgré l’exemple à valeur d’autorité de Cicéron (suivi par Aulus Gellius) qui avait rendu cette expression par le mot, bien plus classique, de visum (« visa in animo impressa[22] »). En outre, Estienne choisit de traduire le mot technique des pyrrhoniens ϕαίνεται par « apparet » plutôt que par « cernitur, videtur ». À la limite, cela aurait dû avoir pour conséquence nécessaire de traduire ϕαινόμενα par « apparentia », si ce n’est que ce mot, comme le remarque le commentaire, n’existe pas en latin[23]. En effet, l’occurrence apparentia que nous avons citée précédemment restera dans la traduction de Sextus un hapax, et Estienne s’empressera de la souligner en italique, pour marquer l’exceptionnalité de cette invention lexicale. « Mais — ajoute-t-il — quelle elle la nécessité d’adopter un mot différent de visum », et donc de recourir au mot phantasia, si le mot apparentia n’est pas vraiment recevable en latin ? Le commentateur répond que l’enjeu de la version n’est rien moins que l’exigence de sauvegarder le noyau sceptique authentique du pyrrhonisme, car les termes dérivés du verbe video recèlent un contenu dogmatique implicite qui comporterait un jugement sur la réalité en soi : « Lorsque je dis que je vois ou que j’aperçois [videre aut cernere] un cheval blanc, c’est comme si je disais que le cheval que je vois est blanc. Mais cela aucun sceptique, en tant que sceptique, ne le dirait jamais », car ce serait aller contre la profession pyrrhonienne οὐδενὶ συγκατατίθεσθαι (« nihil assertione approbare »), qui recommande de suspendre le jugement sur chaque chose (περὶ παντὸϛ ἐπέχειν). Un sceptique ne se prononcerait jamais sur la réalité de telle couleur ou de tel son, mais il dirait plutôt qu’ » il se sent affecté par une certaine couleur ou un certain son », donc qu’il est affecté par telle ou telle phantasia[24] ou apparence.

À la lumière de cette exégèse à la fois érudite et philosophique, et qui constitue une véritable petite monographie concernant la famille d’expressions sceptiques qui dérivent du verbe ϕαἲνεσθαι, nous comprenons mieux les spécificités, lexicales et sémantiques, qui connotent la synthèse montanienne. On comprend alors pourquoi l’auteur des Essais adopte le terme « fantaisie » comme calque français du latin phantasia (dans le sens « faible » et non dogmatique que nous avons vu dans le texte de Sextus). Cette parole est synonyme pour Montaigne de « passion et souffrance du sens[25] », ce qui rappelle en même temps la phrase stoïcienne πάθη τω̑ν αἰσθησέων[26], ou encore l’expression, reprise par Sextus, de ϕαντασία παθητική. Tandis que, dans le reste des Essais, ce mot « fantaisie » n’a qu’une signification commune, non technique, liée à la constellation sémantique de l’imagination, des illusions, des « piperies[27] », elle prend en revanche dans cette partie finale de l’Apologie une acception plus spécifique, se présentant en effet comme l’équivalent du mot grec « phénomène », utilisé par Sextus Empiricus pour indiquer tout « ce qui apparaît[28] ». La mention du problème du diallèle (« rouet ») et celui de la régression à l’infini dans la recherche du critère (« nous voilà à reculons jusques à l’infiny ») sont signes à eux seuls de l’étroite dépendance de cette partie de l’Apologie à l’égard de la source sextienne[29]. Mais il y a aussi un autre aspect important, qui n’a pas été remarqué par Dumont, et par lequel Montaigne s’inscrit dans le droit fil du commentaire d’Estienne aux Hypotyposes. En effet, à chaque fois ou presque que le texte latin stéphanien emploie le terme phantasia, Montaigne ne se limite pas à le traduire en français par « fantaisie » (dans le sens technique et sextien du mot), mais il ajoute en plus, en interpolation, le mot « apparence » qui, d’après le commentaire philologique d’Estienne, eût été l’équivalent exact de « phénomène », si du moins le latin l’avait permis. Apparemment, l’interdit classique et cicéronien qui, chez Estienne, avait condamné l’expression apparentia, ne vaut plus chez Montaigne pour son dérivé moderne : ce qui lui permet de souligner encore davantage l’équivalence sémantique entre la « fantaisie » (au sens sceptique, non dogmatique du mot) et le phénomène[30].

Ce court passage de l’Apologie, où les influences à la fois sextienne et stéphanienne sont évidentes, mérite d’être cité entièrement, car il rassemble toute une série d’éléments fondamentaux pour comprendre les enjeux du nouveau scepticisme montanien : l’abandon de la psychologie scolastique et médiévale de la species, et l’utilisation à sa place du mot « fantaisie », qui, dans un contexte sceptique, traduit le phainomenon ; l’articulation de la scène originelle du scepticisme, avec sa séparation entre le sujet et l’objet, entre l’apparence et la nature ; l’avènement d’une théorie qui fait remonter la sensation à l’objet extérieur comme à sa cause, mais qui la rend, du point de vue ontologique, inhérente au sujet :

Nostre fantaisie ne s’applique pas aux choses estrangeres, ains elle est conceue par l’entremise des sens ; et les sens ne comprennent pas le subject estranger, ains seulement leurs propres passions ; et par ainsi la fantaisie et l’apparence n’est pas du subject, ains seulement de la passion et souffrance du sens, laquelle passion et subject sont choses diverses ; parquoy qui juge par les apparences, juge par autre chose que par le subject[31].

Cette citation permet de bien voir, en conclusion, combien la séparation critique entre la chose et l’apparence, et le fait que cette dernière soit inhérente à la réalité du sujet et non pas à celle de l’objet[32], ont des répercussions immédiates sur la question de la connaissance, comme Montaigne lui-même le remarque aussitôt. Car cette séparation le contraint à abandonner le principe ancien de copie ou de ressemblance, mais aussi le force à prendre en compte les apories sceptiques qui découlent de cette distance désormais impossible à franchir entre la représentation et la chose : « Et de dire que les passions des sens rapportent à l’ame la qualité des subjects estrangers par ressemblance, comment se peut l’ame et l’entendement asseurer de cette ressemblance, n’ayant de soi nul commerce avec les subjects estrangers ?[33]. »

L’image de l’homme qui, faute de connaître Socrate, ne pourra jamais décider si le portrait lui ressemble, donne bien la mesure du doute qui naît du clivage entre le sujet et l’objet, étant bien entendu que la représentation sensible doit être inscrite au nombre des modalités ontiques du sujet. Les passages qui suivent ne font qu’approfondir la difficulté, car Montaigne (suivant Sextus) constate que même celui qui voudrait « juger par les apparences » ne pourrait pas les accepter toutes, « car elles s’entr’empêchent par leurs contrariétés et discréances ». Il serait alors obligé de faire le tri et de croire qu’ » aucunes apparences choisies règlent les autres » ; toutefois, il tomberait ainsi dans l’aporie de la régression à l’infini, car il lui faudrait « vérifier cette choisie par une autre choisie, la seconde par la tierce ; et par ainsi ce ne sera jamais fait[34] ». À côté de la référence évidente, bien qu’implicite, au problème du critère et de sa validation, rappelons une fois encore le fait que Montaigne remplace systématiquement ici le mot phantasia de la traduction stéphanienne (et donc le terme fantasi/a de l’original grec) par le mot « apparence[35] », avec tout ce que cela comporte de signification phénoménique[36].

Parties annexes