La restriction d’accès aux articles les plus récents des revues sous abonnement a été rétablie le 12 janvier 2021. Pour consulter ces articles, vous pouvez notamment passer par le portail de ressources numériques de l’une des 1 200 institutions partenaires ou abonnées d’Érudit. Plus d'informations

Recensions

Sept leçons sur le cosmopolitisme : agir politique et imaginaire démocratique, de Joseph Yvon Thériault, Montréal, Québec/Amérique, 2019, 229 p.

  • Francis Moreault

…plus d’informations

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Seuls les 600 premiers mots du texte seront affichés.

Options d’accès :

  • via un accès institutionnel. Si vous êtes membre de l’une des 1200 bibliothèques abonnées ou partenaires d’Érudit (bibliothèques universitaires et collégiales, bibliothèques publiques, centres de recherche, etc.), vous pouvez vous connecter au portail de ressources numériques de votre bibliothèque. Si votre institution n’est pas abonnée, vous pouvez lui faire part de votre intérêt pour Érudit et cette revue en cliquant sur le bouton “Options d’accès”.

  • via un accès individuel. Certaines revues proposent un abonnement individuel numérique. Connectez-vous si vous possédez déjà un abonnement, ou cliquez sur le bouton “Options d’accès” pour obtenir plus d’informations sur l’abonnement individuel.

Dans le cadre de l’engagement d’Érudit en faveur du libre accès, seuls les derniers numéros de cette revue sont sous restriction. L’ensemble des numéros antérieurs est consultable librement sur la plateforme.

Options d’accès
Couverture de Volume 39, numéro 2, 2020, p. 3-201, Politique et Sociétés

Portons d’emblée notre attention sur l’originalité du titre de l’ouvrage : Sept leçons sur le cosmopolitisme. L’auteur, Joseph Yvon Thériault, ne prétend pas écrire un essai qui consisterait « à défendre un point de vue » (p. 23) ou à soutenir une thèse sur le cosmopolitisme, mais bien donner quelques leçons sur ce thème. Qu’est-ce à dire ? Reprenant la fameuse distinction wébérienne entre le savant et le politique – le premier produit des connaissances, tandis que le second prend des décisions inspirées par les valeurs –, il ne faut pas, selon le professeur de sociologie, faire la leçon ou faire la morale à qui que ce soit, mais bien donner sa leçon, c’est-à-dire « passer par le long chemin qui cherche la vérité, toujours inatteignable » (p. 29), sur la dimension proprement politique liée au cosmos. Bien qu’il fixe lui-même une limite à cette dichotomie chère à Weber, à savoir que le savant ne peut se soustraire « à toute intention politique » (p. 28), il n’en reste pas moins qu’il doit surtout chercher non pas à convaincre mais à démontrer. Intéressant. L’auteur puise ici à même ses souvenirs : il se remémore cette notion développée par Raymond Aron dans son livre Dix-huit leçons sur la société industrielle (Folio, 1962) au sein duquel ce dernier reprenait les exposés magistraux tenus lors de ses séances et qu’il avait lus pendant ses études supérieures en France. Sept leçons constitue ainsi, en quelque sorte, le « testament académique » de l’intellectuel d’origine acadienne, car celui-ci se retirait récemment de l’enseignement universitaire, et vient clore dès lors plus de quarante ans de recherche et de travaux scientifiques entrepris par la publication de La Société civile ou la chimère insaisissable en 1985 (Québec/Amérique). Suivant un trimestre universitaire à raison d’une leçon à toutes les deux semaines, les sept leçons de cet ouvrage visent « à comprendre comment le débat sur le cosmopolitisme est une dynamique qui cherche à façonner la forme politique de nos sociétés » (p. 24). Fidèle à ses premiers travaux universitaires qui exploraient la question de la démocratie à l’épreuve des sociétés contemporaines, le sociologue tente de saisir dans quelle mesure il est possible d’instituer une politique fondée sur le cosmopolitisme. Bref, le demos peut-il surgir du cosmos ? Dans la première leçon, Thériault retrace le cheminement historique du cosmopolitisme. Celui-ci débute par la Grèce antique où la représentation de la cité universelle s’incarne d’abord au sein de la pensée cynique, chez Diogène, puis ensuite dans la pensée stoïcienne ; il se poursuit par le christianisme augustinien dans lequel la Cité de Dieu, la cité céleste, constitue l’image de l’universalité éternelle, tandis que la cité terrestre est temporelle et éphémère. Il s’inscrit par la suite au sein de l’humanisme civique à l’aube de la Renaissance qui voit dans l’idéal ancien – la cité humaine – le paradigme de l’universel. Il s’achève dans la modernité, la cité devenue monde se déploie dès lors de trois manières : la cosmopolitisation, en premier lieu, où il s’agit d’examiner les mutations de l’État-nation ; le cosmopolitisme culturel, en second lieu, qui consiste à souligner la multiplicité identitaire des individus et, enfin, le projet cosmopolitique qui emprunte deux voies : le cosmopolitique « différencialiste », d’une part (p. 64), au sein duquel la prolifération des droits du sujet est tributaire du développement du multiculturalisme, et le cosmopolitique néo-kantien, d’autre part, qui s’incarne dans le fantasme de la construction de la république universelle. Pour l’auteur, ces deux dernières formes de cosmopolitisme sont problématiques dans la mesure où elles partagent un point commun : celui d’être …