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En réponse à…Paquette, D., Bigras, M., & Crepaldi, M.A. (2010). La violence : un jugement de valeur sur les rapports de pouvoir. Revue de psychoéducation, 39 (2), 247-276[Notice]

  • Marie-Ève Clément

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  • Marie-Ève Clément
    Chaire de recherche du Canada sur la violence faite aux enfants, Groupe de recherche et d’action sur la victimisation des enfants, Département de psychoéducation et de psychologie, Université du Québec en Outaouais, Campus de Saint-Jérôme

Revue de psychoéducation Volume 40, numéro 1, 2011, 121-134 En réponse à… Paquette, D., Bigras, M., & Crepaldi, M.A. (2010). La violence : un jugement de valeur sur les rapports de pouvoir. Revue de psychoéducation, 39 (2), 247-276. La violence physique envers les enfants : le cas particulier de la punition corporelle La violence est une réalité complexe que l’on peut aborder à partir de différents paradigmes. Les perspectives éthologique et évolutionniste présentées par Paquette, Bigras et Crepaldi (2010) sont particulièrement intéressantes puisqu’elles permettent de comprendre en quoi l’agressivité, comme stratégie compétitive, peut avoir une fonction adaptative et comment cela contribue au développement des espèces et de l’humain. Paquette et ses collègues (2010) ont également abordé la question culturelle et morale dans la conception de la violence comme problématique psychosociale. Pour eux, la violence est un jugement de valeur porté sur une agression (comportement observable) qui implique des rapports de pouvoir : « …la violence est une agression jugée excessive par la société en fonction de ses conséquences probables, compte tenu des connaissances et croyances inhérentes à une certaine époque et dans une culture spécifique » (p.248). En outre, les auteurs mettent en garde les lecteurs contre l’aspect arbitraire de la morale et la tendance que peuvent avoir les chercheurs à la justifier par la science. Comme le soulignent Paquette et al. (2010), il n’existe pas encore à ce jour de consensus quant aux définitions de la violence familiale et de la maltraitance envers les enfants, qu’elles se manifestent verbalement ou physiquement. Ce point de vue est largement partagé par la communauté scientifique et clinique (Feerick, Knutson, Trickett, & Flanzer, 2006; Gershoff, 2002). Or, il arrive souvent que les chercheurs oeuvrant dans ce domaine ne définissent pas d’emblée les concepts à l’étude, contribuant ainsi eux-mêmes à une certaine confusion. La question de la punition corporelle est particulièrement épineuse et les chercheurs n’échappent pas à la polémique qu’elle soulève (Baumrind, Larzelere, & Cowan, 2002; Benjet & Kazdin, 2003; Gersoff, 2002; Larzalere, 2000; Straus, 2008). Même s’il existe divers niveaux de gravité, la punition corporelle et l’abus physique constituent, selon notre perspective, des formes plus ou moins sévères de violence. La menace au développement et à l’intégrité de l’enfant demeure centrale lorsqu’on qualifie une conduite de « violente » (Emer & Laumann-Billings, 1998), mais il faut également considérer d’autres éléments d’ordres juridique, culturel et psychosocial. En réponse à l’article de Paquette et al. (2010), le présent texte vise à faire le point sur la définition de la violence envers les enfants, et plus particulièrement sur les enjeux liés à la conception de la punition corporelle comme une forme de violence physique mineure. La perspective que nous adoptons est davantage écologique en ce sens où les enjeux que nous considérons importants dans la définition de la violence sont à la fois d’ordre macro (légal, culturel, social) et NDLR : les textes publiés sous la rubrique « En réponse à… » ne sont pas soumis au processus d’évaluation par les pairs. micro (bien-être et intégrité de l’enfant). De plus, notre conception de la punition corporelle se distingue des autres cas de figure présentés par Paquette et al. (2010) (ex. : jeux de guerre, jeux de bataille) en raison notamment du type de relation qui unit les individus (relation de pouvoir), du but proximal de l’agression (infliger une douleur physique) et du respect de l’intégrité et des droits de la personne vers qui elle est orientée (contre sa volonté) et elle nécessite, en conséquence, une analyse séparée. Bien que nous ...

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