En réponse à...

En réponse à…Paquette, D., Bigras, M., & Crepaldi, M.A. (2010). La violence : un jugement de valeur sur les rapports de pouvoir. Revue de psychoéducation, 39 (2), 247-276[Notice]

  • Claire Malo

…plus d’informations

  • Claire Malo
    CJM-IU

Revue de psychoéducation Volume 40, numéro 1, 2011, 135-139 En réponse à… Paquette, D., Bigras, M., & Crepaldi, M.A. (2010). La violence : un jugement de valeur sur les rapports de pouvoir. Revue de psychoéducation, 39 (2), 247-276. Une violence à définir? Non, des valeurs à affirmer C’est à la demande de l’auteur principal que j’ai accepté de réfléchir, de rédiger et de soumettre mon point de vue, à la suite de la parution récente de l’article intitulé « La violence : un jugement de valeur sur les rapports de pouvoir » (Paquette, Bigras & Crepaldi, 2010). Nous avons en effet tous les deux une assez longue histoire de discussions conceptuelles, en affinités ou en dissensions, autour de cette question de la violence et de l’utilité d’une approche évolutionniste pour mieux comprendre les différents problèmes ou dilemmes sociaux. Je m’attendais donc, comme ce fut le cas, à trouver dans cet article plusieurs idées auxquelles j’adhère et d’autres qui me paraissent excessives. Je suis évidemment d’accord avec la définition de la violence adoptée dès le départ par les auteurs, puisqu’ils la reprennent d’une définition à laquelle j’ai contribué (Paquette & Malo, 1998). Selon cette définition, la violence est une agression jugée excessive par la société, tenant compte de ses conséquences probables et selon les connaissances scientifiques et les croyances en vigueur dans une société donnée, à une époque spécifique. Il est certain qu’on ne peut définir la violence simplement par ses conséquences observées, ce qui est particulièrement clair quand il s’agit de maltraitance psychologique dont les effets ne sont pas toujours apparents à court terme (Malo, 2007). C’est d’ailleurs pourquoi, un panel international d’experts réuni en 1983 propose une définition de la maltraitance psychologique basée plutôt sur ses conséquences probables (plutôt qu’observées), la dite probabilité découlant à la fois des connaissances scientifiques et pratiques. Cette définition reprise d’abord par Hart et Brassard (1987) fait maintenant de plus en plus d’adeptes dans le domaine. J’adhère aussi à la distinction apportée par les auteurs entre les concepts d’agression et de violence, la première étant plus strictement comportementale, la seconde impliquant, outre un comportement, un jugement de valeur quant à la nature plus ou moins acceptable de ce comportement. Ainsi, si le fait de frapper un enfant simplement parce qu’il pleure peut être jugé dans notre société québécoise actuelle comme un acte exagéré, le même geste sera peut-être plus compréhensible, bien que pas à privilégier, si l’enfant vient de mettre le feu dans la cuisine en jouant avec des allumettes. Il ne s’agit pas ici de cautionner la fessée mais de distinguer les actes d’agression abusive (ou exagérée) de ceux qui peuvent être moralement questionnables sans être carrément abusifs. En ce sens, la définition de la violence est effectivement relative. Il en est de même, d’ailleurs, pour d’autres formes de mauvais traitements. Ainsi, le fait de transporter un jeune enfant en voiture sans recours à un siège approprié serait un acte de négligence dans le NDLR : les textes publiés sous la rubrique « En réponse à… » ne sont pas soumis au processus d’évaluation par les pairs. Québec d’aujourd’hui, alors que c’était fréquent et socialement accepté avant que de nombreuses études ne démontrent les risques associés à une telle pratique. J’adhère également à la position des auteurs qui considèrent l’intentionnalité comme condition non nécessaire à la définition de la violence. La notion d’intention est assurément incontournable dans la tradition juridique canadienne. Comme le ...

Parties annexes