En réponse à...

En réponse à…Marie-Ève Clément et Claire Malo[Notice]

  • Daniel Paquette,
  • Marc Bigras et
  • Maria A. Crepaldi

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  • Daniel Paquette
    École de psychoéducation, Université de Montréal

  • Marc Bigras
    Département de psychologie, Université du Québec à Montréal

  • Maria A. Crepaldi
    Departameno de sicología, Uiversidad Federal de Santa Catarina, Florianôpolis, Brésil

Revue de psychoéducation Volume 40, numéro 1, 2011, 140-145 En réponse à… Marie-Ève Clément et Claire Malo L’importance pour les chercheurs de distinguer la science et les valeurs La lecture des réponses de Claire Malo et de Marie-Eve Clément à notre article, ainsi que les nombreuses discussions qu’il a suscitées, nous ont encore plus convaincus de la nécessité de faire une mise au point sur la notion controversée de la violence. Le sujet est tout particulièrement chaud parce qu’il nous interpelle personnellement dans nos valeurs et notre identité. Dans ce contexte, il n’est pas toujours facile de faire la part des choses entre ce que nous savons et ce que nous valorisons. La science peut aider à décrire les processus impliqués dans l’agression et ce que les personnes en perçoivent mais elle ne peut spéculer sur les standards sociaux à atteindre à partir de ces données. L’article que nous avons publié dans le précédent numéro de la revue (vol. 39, no 2) visait une réflexion globale sur le concept de la violence en tant que jugement de valeur sur les rapports de pouvoir (un abus de pouvoir), que nous avons distingué du concept d’agression, cette dernière étant définie opérationnellement par tout comportement observable orienté et non ludique qui peut porter atteinte à l’intégrité physique ou psychologique d’une autre personne. Notre réponse aux textes respectifs de Claire Malo et de Marie-Eve Clément ne portera que sur le cas de la punition/violence parentale puisque ces chercheures travaillent principalement sur cet aspect. Dans notre article, nous avions pris soin de faire une analyse la plus rationnelle que possible, en mettant de côté nos propres valeurs, ce qui, il faut l’avouer, fut très difficile. Cela a d’ailleurs pu donner l’impression aux lecteurs que nous voulions faire la promotion de la punition corporelle. Nous tenons ici d’emblée à dire que nous ne valorisons pas l’usage de l’agression1, et ce, sous toutes ses formes, y compris la punition corporelle aux enfants. Ceci dit, nous sommes toutefois conscients que nos valeurs ne découlent pas des connaissances scientifiques. Nous proposons cependant, d’un point de vue scientifique, que les différentes manifestations de l’agression ne sont pas nécessairement de la violence. Pour le sens commun, le terme « violence » est souvent utilisé pour exprimer l’intensité de nos émotions suscitées par divers événements (par ex. une tempête violente), mais la science ne peut constater que l’agression et les interprétations qu’en donnent les personnes, elle ne peut pas juger ce qui est violent et ce qui ne l’est pas. Claire Malo partage notre définition de la violence. Elle adhère à l’idée qu’une même agression parentale peut être jugée violente ou non selon le contexte; NDLR : les textes publiés sous la rubrique « En réponse à… » ne sont pas soumis au processus d’évaluation par les pairs. 1. Le premier auteur est membre de la Society for the Study of Peace, Conflict, and Violence : Peace Psychology (Division 48 of the American Psychological Association). l’agression n’étant pas nécessairement abusive par exemple dans le cas où l’enfant, par son comportement, s’est lui-même mis ou a mis une autre personne en situation de danger. Elle adhère aussi à l’idée que l’intentionnalité n’est pas une condition nécessaire à la définition de la violence, même si l’intention est un critère central dans la tradition juridique. Par contre, elle n’est pas d’accord avec l’idée que l’usage de la punition corporelle soit un moyen acceptable parmi ...