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In memoriam

Hommage à Rémi Savard (1934-2019)

  • Robert Lanari,
  • François Léger-Savard,
  • Marie Léger,
  • Sylvie Vincent,
  • Rita Mestokosho,
  • Maya Cousineau Mollen,
  • Serge Bouchard et
  • Gilles Bibeau

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  • Robert Lanari
    Président, Société Recherches amérindiennes au Québec

  • François Léger-Savard

  • Marie Léger

  • Sylvie Vincent, †

  • Rita Mestokosho

  • Maya Cousineau Mollen

  • Serge Bouchard

  • Gilles Bibeau
    Professeur émérite, département d’anthropologie, Université de Montréal

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Couverture de Le consentement préalable, libre et éclairé : du principe à la mise en oeuvre en contexte canadien, Volume 49, numéro 2, 2019, p. 3-113, Recherches amérindiennes au Québec

De la fondation de la Société Recherches amérindiennes au Québec jusqu’à ces dernières années, sa contribution a été inestimable : il a donné de son temps, a publié de nombreux articles, et son dernier livre, Carcajou à l’aurore du monde : fragments écrits d’une encyclopédie orale innue, a été récemment traduit en langue italienne. La Société salue ce grand chercheur et communicateur par la publication ci-après des textes de François Léger Savard et de Marie Léger, ainsi que de Sylvie Vincent, Rita Mestokosho, Maya Cousineau-Mollen, Serge Bouchard et Gilles Bibeau, présentés à l’occasion de la cérémonie en son hommage tenue en janvier dernier. « Hier matin, mon papa s’est éteint, il est parti prendre place auprès des astres. C’était un père rieur, aimant et sensible. Il m’a appris à pagayer et à colleter le lièvre, mais avant tout il m’aura appris à écouter, à respecter et à aimer. Petit, il nous racontait les Atanukan Innu, des légendes issues d’une tradition orale millénaire qu’il avait lui-même reçues de la bouche d’aînés. Il a témoigné d’une intelligence du savoir-dire et d’une compréhension du monde étrangère à la nôtre, nécessaire. » Rémi Savard aura, toute sa vie, travaillé à comprendre puis à diffuser les oeuvres orales des peuples originaires de l’est de l’Amérique du Nord, en particulier les Innus, à faire ressortir leur insertion dans l’histoire du continent et à appuyer leurs revendications de reconnaissance. Rémi était lié aux Innus par le fil indestructible du rire et de l’humour, qui pour lui étaient une manifestation supérieure de l’intelligence humaine. C’est ainsi que le « rire précolombien » l’aura toujours nourri. L’esprit de Rémi, homme droit, digne, généreux et chaleureux, est désormais libre et immense, libéré de la maladie qui l’emprisonnait et le rendait étranger à lui-même. Il aura aimé et été aimé en retour. Il va rejoindre son ami Antoine Malec et plusieurs autres, avec qui il rira jusqu’à la fin des temps. Iame. En entendant Joséphine, je me suis rappelé vos rires, à toi et à elle. Tu te souviens de ce vieux local de la rue Saint-Dominique où vous travailliez à comprendre le récit de Kuekuatsheu et celui du « Premier printemps du Monde ». Installée dans la pièce d’à côté, je vous entendais rire, tous les deux, à propos d’un passage ou d’un autre de ces récits. Des rires joyeux, spontanés. Ils emplissaient soudain ce vieil entrepôt qui hébergeait le Laboratoire d’anthropologie amérindienne, mais aussi les membres de la Société d’archéologie préhistorique du Québec et les premiers bénévoles de la revue Recherches amérindiennes au Québec. Tous passionnés ! C’était au tout début des années 1970. J’aimerais prendre deux minutes pour me faire la porte-parole, non officielle et non autorisée, de la revue et de la Société Recherches amérindiennes au Québec. Dès leurs premiers pas, tu les as accompagnées, notamment en : Merci de ta fidélité envers et contre les obstacles traversés par leurs équipes successives. Revenons brièvement à la fin des années 1960. Nous étions au département d’anthropologie de l’Université de Montréal, toi comme professeur et moi travaillant à la mise sur pied d’un centre de documentation sur les cultures autochtones. Contrairement à la grande majorité des autres professeurs, tu estimais qu’il fallait s’informer sur les Premières Nations du Québec (on ne disait pas Premières Nations à cette époque-là) et que c’était donc à leur rencontre qu’il fallait envoyer les étudiants plutôt qu’à celle des habitants de régions plus lointaines et probablement considérées comme plus intéressantes (plus exotiques ?). C’était le début de l’anthropologie du Québec par des anthropologues du Québec, et cela se fit en bonne partie grâce …

Parties annexes