Comptes rendus

La renaissance des cultures autochtones : enjeux et défis de la reconnaissance, Jean-François Côté et Claudine Cyr (dir.). PUL, Québec, 2018, 267 p.

  • Marie-Charlotte Franco

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  • Marie-Charlotte Franco
    Stagiaire postdoctorale au CIÉRA-MTL, Université de Montréal

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Couverture de Imaginaires, territoires et marginalisation, Volume 49, numéro 3, 2019, p. 3-94, Recherches amérindiennes au Québec

L’ouvrage collectif La renaissance des cultures autochtones : enjeux et défis de la reconnaissance, dirigé par Jean-François Côté et Claudine Cyr et paru en 2018, est le fruit d’une réflexion amorcée lors du colloque éponyme organisé dans le cadre de l’ACFAS en mai 2016. L’objectif poursuivi était de présenter les différentes stratégies utilisées par les acteurs culturels, les artistes, les militants autochtones et allochtones pour « reconsidérer les façons par lesquelles l’expression culturelle autochtone est aujourd’hui entendue, comprise et interprétée » (p. 2). En dressant une sorte de panorama des actions possibles et menées par des individus et des communautés autochtones, les spécialistes réfléchissent ainsi aux perspectives qui émergent depuis les années 1960 dans les Amériques pour une renaissance des cultures et des expressions artistiques. Les onze textes permettent de « se mettre à l’écoute des expressions autochtones et d’en proposer une lecture, soit une compréhension et une interprétation » (p. 19). Il n’est pas question ici de comparer les méthodes, les moyens d’action employés pour une renaissance et une reconnaissance culturelles qui, bien qu’elles puissent profiter à un ensemble de communautés de façon transversale, sont menées et vécues de manière singulière. Deux questions centrales sont posées par la direction de l’ouvrage : « À quelle enseigne logent les transformations des rapports aux cultures autochtones, et comment s’assurer que leurs expressions soient justement entendues, comprises, interprétées d’une manière qui sache jouer réflexivement sur une capacité de redéfinition des rapports de domination ayant jusqu’ici fourni l’essentiel de leur contenu ? » (p. 1) Par cette problématique, s’esquissent alors une réflexion et une mise en commun des expériences de colonisation dans les Amériques, menant vers un processus d’autotransformation et d’empowerment culturel, à la fois individuel et collectif. Le cadre théorique général de l’ouvrage apparaît dans les premières pages. Il est à la fois expérientiel et basé sur des épisodes personnels – la préface de Lise Michel, Innue, démontre d’entrée de jeu l’importance du témoignage à la fois comme base épistémologique et outil de guérison –, et appuyé par des autrices et des auteurs reconnus en sciences sociales pour leurs critiques des rouages politiques et culturels reliés au multiculturalisme. Les réflexions sur les politiques de la reconnaissance de Glen Sean Coulthard (2018), Déné, dans Peaux rouges, masques blancs, sont largement analysées par Côté et Cyr et posent les balises de la compréhension des exemples d’autoaffirmation autochtone qui sont présentés dans les chapitres subséquents. À cela s’ajoute également un apport critique sur l’utilisation et la pertinence des concepts de multiculturalisme, d’interculturalisme et de transculturalisme respectivement appuyés par les réflexions d’Elizabeth Povinelli, de Gérard Bouchard et de Fernando Ortiz. Le cadre théorique retenu donne alors le ton pour une remise en perspective des conceptions politiques et culturelles occidentales à l’aulne des préoccupations autochtones pour d’autres modalités de reconnaissance possibles. Onze auteurs et autrices explorent un vaste corpus d’exemples de renaissance culturelle autochtone qui relèvent aussi bien des arts que des sciences humaines et sociales. Le cinéma, la littérature, le théâtre, les arts visuels autochtones sont ainsi analysés et permettent de mieux se figurer les moyens envisagés par les communautés pour se réapproprier leurs savoirs, maîtriser les modes de diffusion et revaloriser les identités. Chaque spécialiste présente un cas d’étude particulier qui repose sur une analyse et une méthodologie propres à son champ d’expertise. Cette hybridité, inhérente au format livre et à l’objectif de Côté et Cyr, démontre ainsi la multiplicité des points de vue, des moyens d’action et des conclusions qui peuvent en résulter. Pour autant, nous avons relevé plusieurs méthodes employées par les auteurs et les autrices : l’analyse anthropologique, artistique ou …

Parties annexes