Comptes rendus

Inuit, Oblate Missionaries, and Grey Nuns in the Keewatin, 1865-1965, Frédéric B. Laugrand et Jarich G. Oosten. McGill-Queen’s University Press, Montréal & Kingston, London, Chicago, 2019, 498 p.

  • Danny Baril

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  • Danny Baril
    Candidat au doctorat, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

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Couverture de Imaginaires, territoires et marginalisation, Volume 49, numéro 3, 2019, p. 3-94, Recherches amérindiennes au Québec

Cet ouvrage, écrit par Frédéric B. Laugrand, qui a été professeur à l’Université Laval une vingtaine d’années avant de poursuivre sa carrière à l’Université catholique de Louvain en Belgique, et Jarich G. Oosten (1945-2016), qui a été professeur associé à l’Université de Leiden aux Pays-Bas, s’intéresse aux interactions entre les Inuit, les missionnaires oblats de Marie-Immaculée et les Soeurs de la Charité (Soeurs grises) au Keewatin, une région des Territoires du Nord-Ouest (Nunavut 1999) qui s’étend à l’ouest de la baie d’Hudson et qui comprend les îles Southampton et Coates. La période historique étudiée débute dans les années 1860 avec l’arrivée des missionnaires oblats dans le Nord canadien et se termine dans les années 1960 lorsque Pelagie Povaliraq Katsuak devient la première Inuk à être ordonnée Soeur grise. Les auteurs donnent une attention particulière à la communauté de Chesterfield Inlet (Igluligaarjuk) située sur la côte ouest de la baie d’Hudson. Le livre se concentre sur quatre aspects du rôle de l’Église catholique dans la région : la conversion, l’aide médicale, l’éducation et la formation religieuse des Inuit. Pour documenter cet ouvrage, Laugrand et Oosten ont réalisé des entrevues auprès d’aînés inuit d’Igluligaarjuk (Chesterfield Inlet) et ont fait des fouilles dans les archives écrites et photographiques des Oblats et des Soeurs grises. À partir de ces données, les auteurs ont mis de l’avant la multitude des points de vue par rapport au passé. Étant donné que les interprétations d’un évènement historique varient d’un groupe à l’autre, dans ce cas-ci les Inuit et les Qallunaat (personne non inuit), ainsi qu’à l’intérieur d’un même groupe, les deux anthropologues choisissent de présenter la complexité et la richesse de cette histoire multivocale. L’ouvrage est séparé en quatre parties contenant chacune trois chapitres. Le premier chapitre documente l’implantation graduelle de l’Église chez les Inuit de la région du Keewatin, des premiers contacts avec les missionnaires oblats jusqu’à l’ouverture de la mission de Chesterfield Inlet. Le deuxième chapitre décrit comment la religion catholique s’intègre à la culture inuit en mettant de l’avant le rôle des chamans (angakkuit). Le troisième chapitre aborde l’importance des prêcheurs inuit dans l’introduction du christianisme dans la région (Noad Nasook, Donald Suluk et Armand Tagoona). Les auteurs présentent également la rivalité entre les catholiques et les anglicans ainsi que plus tard avec les Églises évangéliques. La deuxième portion de l’ouvrage (chap. 4, 5 et 6) documente les soins et les services offerts par les Oblats et les Soeurs grises à l’Hôpital de Chesterfield Inlet qui ouvre ses portes au début des années 1930. La troisième partie (chap. 7, 8 et 9) se concentre sur l’école résidentielle de la communauté qui est édifiée en 1954. Plusieurs aspects de l’institution sont présentés, comme la construction, la vie religieuse et scolaire ainsi que le programme éducatif enseigné par les Soeurs grises. Le neuvième chapitre met l’accent sur le quotidien des enfants inuit dans l’établissement et les abus de toutes sortes qu’ils ont subis de la part de membres des organisations confessionnelles. À travers une multitude d’entrevues réalisées avec d’anciens élèves, Laugrand et Oosten exposent la pluralité de points de vue par rapport à l’école résidentielle de Chesterfield Inlet. Par exemple, ils rapportent que certains Inuit ont des opinions mitigées sur la question des pensionnats. En dépit des sévices subis, certains disent y avoir reçu une éducation qui leur a permis de comprendre les modes de pensée des Blancs, ce qui leur a donné les outils afin de négocier des ententes avec le gouvernement canadien (p. 276). Dans la dernière section du livre (chap. 10, 11 et 12), les anthropologues décrivent le cas de Pelagie …

Parties annexes