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Couverture de Numéro 346, octobre 2017, p. 4-115, Revue internationale de l'économie sociale

Il était pressenti. Voilà Christophe Itier officiellement investi haut-commissaire à l’économie sociale et solidaire (ESS) et à l’innovation sociale auprès de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire. Parmi ses attributions : animer et coordonner l’action des différents ministères en matière d’ESS et d’innovation sociale ; promouvoir les modes d’entreprendre et de développement économique remplissant les conditions définies par la loi de 2014 ; et être l’interlocuteur des responsables de l’ESS sur tous ces sujets. Directeur général pendant sept ans (jusqu’à sa nomination) de la Sauvegarde du Nord, une association qui compte 1 500 salariés et accompagne 37 000 personnes en difficulté, Christophe Itier, 48 ans, a également présidé le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves). Surtout, il a coordonné les travaux d’élaboration de la partie ESS du programme présidentiel d’Emmanuel Macron, comportant trois volets : un « social business act », soit des mesures d’ordre fiscal et législatif pour donner un coup d’accélérateur aux entreprises sociales et solidaires, tous statuts confondus ; un volet consacré à l’innovation et à son financement ; enfin, un troisième volet reposant sur la mesure de l’impact social qui est, à ses yeux, un enjeu majeur de l’ESS. Sa mission est loin d’être simple et, pour y parvenir, Christophe Itier devra élaborer, d’ici la fin de l’année, une feuille de route de l’ESS ainsi qu’un nouveau schéma d’organisation national et territorial afin de renforcer la capacité d’action et de coordination de l’administration en charge de l’ESS. Ainsi, dans un entretien accordé à La Croix (6 septembre), il se fixe pour mission de « faire reconnaître le secteur dans toutes les politiques de croissance et d’emploi. […] un travail de fond à mener auprès des administrations, notamment de Bercy […] ». Pour réussir, il compte aussi sur les acteurs de l’ESS qui doivent « prendre leur part à ce travail, en ayant une parole plus forte et mieux organisée, de façon à davantage peser dans les décisions ». Sans doute la participation de ces acteurs devra-t-elle également souligner que le projet de l’ESS ne se limite pas à l’emploi, même s’il l’inclut, et que toutes ses composantes ne se reconnaissent pas nécessairement dans toute stratégie de croissance. Les 2 vaches (groupe Danone), La ruche qui dit oui, Camif.fr ; Nature & Découvertes… Près de quarante entreprises de toute taille et de tout secteur affichent le label B-Corp en France. Ce label, géré par l’organisme sans but lucratif B-Lab, est censé certifier que l’entreprise est socialement responsable et bénéfique à son environnement, et qu’elle ne poursuit pas seulement le profit. Lors de son lancement en 2006, un de ses fondateurs, l’entrepreneur Jay Coen Gilbert, expliquait : « nous devons passer à un capitalisme du xxie siècle qui crée de la valeur aussi bien pour les actionnaires que pour la société ». C’est donc un label certifiant un type de démarche de responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE). Pour le décrocher, les entreprises candidates doivent se soumettre à un questionnaire en ligne qui comporte entre 200 et 300 questions portant sur la gouvernance, les collaborateurs, la communauté ou encore le modèle économique. Le questionnaire est gratuit mais la labellisation, elle, est payante, et varie en fonction du chiffre d’affaires. Au niveau mondial, le mouvement se propage à grande vitesse et a gagné plus d’une cinquantaine de pays. Trente États américains et plusieurs pays (Suisse, Luxembourg, Italie) ont modifié les lois pour intégrer le concept de « Benefit Corporation » et ainsi protéger les entreprises au cas où leurs actionnaires les accuseraient de privilégier la RSE au détriment des profits alors que, dans …

Parties annexes