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86 BuUetin des relations industrieUes de Laval guérison parfaite que si, à ces classes opposées, on substitue des organes bien constitués, des « ordres » ou des « professions » qui groupent les hommes non pas d'après la position qu'ils occupent sur le marché du travail, mais d'après les différentes branches de l'activité sociale auxqueUes ils se rat tachent. »9 Les conventions coUectives conclues par les syndicats atteignent-eUes ce but ? Pas en tièrement. EUes sont un traité de paix entre deux puissances. EUes ne sont pas encore la fédération de ces deux puissances s'unissant « harmonieuse ment dans un parfait équihbre ». En effet, il y a toujours la tentation, pour chacune des puissances ouvrières et patronales ainsi organisées à l'écheUe de la nation de régler les problèmes économiques à cette même échelle: ce fut l'erreur de la « carta di laboro » italienne, l'erreur de la loi du 4 octobre 1941 en France, l'erreur de certaines nationaUsa- tions plus récentes.10 II y a, en autre, le danger de la création d'une psychologie coUective de re vendication et de contre-revendication. Les « or ganes bien constitués » groupant « les hommes non pas d'après la position qu'ils occupent sur le mar ché du travail, mais d'après les différentes branches de l'activité sociale auxquelles ils se rattachent » ne pourront donc pas être édifiés du premier coup à l'échelon de la profession ou de la nation. Com ment réussirait^on à susciter, dans le corps tout en tier, une structure qui ne serait pas au préalable réalisée dans chaque ceUule ? Et n'est-il pas bien évident, au contraire, que si l'harmonie entre le Travail et le Capital était favorisée au sein de tou tes les entreprises, par la structure même de l'en treprise, ces « organes bien constitués » en résulte raient tout naturellement dans chaque secteur pro fessionnel, et dans la nation tout entière ? Et n'est-ce pas cette réforme de structure de l'entre prise qu'envisageait Pie XI lorsqu'il conseillait de « tempérer quelque peu, dans la mesure du possi ble, le contrat de travail par des éléments emprun tés au contrat de société. »? Au moment où la contagion du dirigisme fait trembler les défenseurs de la « Ubre entreprise », n'est-ce pas là, en outre, tin moyen efficace de sauver l'initiative personneUe, si légitime, des empiétements étatiques en y asso- (9) No 519. (10) Voir à ce propos la lettre de S.S. Pie XII du 10 juillet 1946 à M. Charles Flory, président des Se maines sociales de France. ciant étroitement tous ceux qui coopèrent à la vie de l'entreprise. La plupart des pays d'Europe ont vu le dirigisme étatique d'inspiration sociaUste succéder à la concurrence individueUe d'inspiration Ubérale. Cette seconde expérience, fiUe de la pre mière, n'a pas mieux réussi qu'eUe et c'est de ce second échec que sont nées toutes les expériences en cours, en vue de réformer la structure de l'en treprise. Un tel exemple est évidemment un thè me de méditation. Tel est donc l'idéal que nous propose la doc trine sociale chrétienne. Il n'est pas besoin d'in sister sur le fait, qui sera ultérieurement développé, qu'en « tempérant le contrat de travail par des élé ments empruntés au contrat de société », on dépas se, et on Umite au sein de l'entreprise, l'antagonis me économique du profit et des salaires. Désor mais, la « part ...