Jurisprudence du travail[Notice]

70 BuUetin des relations industrieUes avril 1950 D'autre part, ces exigences doivent être satisfaites dans le cadre des entreprises par l'établissement de rapports plus humains entre l'employeur et ses coUaborateurs de teUe manière que ceux-ci se sentent réeUement traités et considérés comme des êtres humains, comme des coUaborateurs de l'entreprise. » s Si nous abordons les problèmes du personnel avec un autre esprit, si nous ne comprenons pas cette responsabilité qui nous incombe, si nous ne concédons pas au personnel cette place dans l'entreprise, notre travaU se résoudra à un travail de technicien inférieur ou de fonctionnaires. Aucune éducation véritable ne sera possible. Et l'évolution ou la révolution des masses prendra les patrons et leurs représentants en défaut. ActueUement, nous entendons souvent dire que dans les relations de travaU, nous commençons à vivre l'ère de l'intégration des travaiUeurs dans la société par leur participation de plus en plus grande à la vie même de l'entreprise. L'éducation des employeurs et des employés de leurs droits et devoirs respectifs dans la poursuite du bien commun de l'entreprise amena une évolution sociale et économique dans les relations du travaU avec les organismes corporatifs, tels les comités paritaires, les formules d'actionnariat ouvrier, de participation aux profits, la conception de l'entreprise comme communauté de travail, le désir maintes fois exprimé des travaiUeurs de participer pleinement à la vie de l'entreprise. Partout l'on parle de réformes de structure obUgatoires. Actuellement dans le monde du travaU, spécialement en Amérique, l'on peut dire que l'on assiste à un vaste effort de la part de toutes les personnes bien pensantes pour tenter de donner un esprit et un âme aux structures existantes afin qu'elles deviennent au service de l'homme. Une (3) Ibidem, p. 18. JURISPRUDENCE DU TRAVAIL Valeur de la constitution d'une union — Mandamus Un membre d'une union locale, en l'occurence l'Union locale 1552 des lambrisseurs de navires, a été trouvé coupable de recel et a été condamné à une amende de $25.00. A la suite de cette sentence, l'Union, par un gros vote majoritaire, rejette la proposition de l'un de ses membres à l'effet d'expulser le receleur. Le président appose son veto à la décision majoritaire des membres. La Cour d'appel à l'unanimité, renverse le jugement de la Cour supérieure. Interprétant la constitution de l'Union locale, la Cour d'appel décide, en effet, qu'un tel veto, dans les circonstances, excède les pouvoirs donnés au président par ladite constitution et que, par suite, le veto est illégal Le fait que l'appelant ait plaidé coupable denouvelle formule d'éducation patronale-ouvrière occupe une place de choix dans ce vaste effort de rénovation sociale. Un esprit négatif ne peut pas enrayer le flot montant des armées révolutionnaires. C'est justement cet esprit rebelle à comprendre les aspirations profondes des classes laborieuses, à les analyser, afin de leur accorder ce qu'il y a de juste dans leurs désirs et les aider dans leur effort de promotion sociale, qui a donné lieu aux idéologies matérialistes qui secouent le monde à l'heure actueUe. Dans notre pays, nous sommes aux portes de cette transformation du monde industriel. QueUe attitude les patrons et leurs représentants vont-Us prendre dans cette évolution irrésistible des masses ouvrières ? Quel sera leur rôle dans la nécessité d'intégrer les travaiUeurs dans l'administration des entreprises, de les amener à y participer, à la place qui leur revient ? Par leur abstention laisseront-Us l'industrie sombrer dans la ...