Résumés
Résumé
L’objet de cet article est de documenter l’expérience subjective de la transition à la maternité chez les mères sociales en devenir. Cinq femmes lesbiennes, dont la conjointe est enceinte grâce à un processus de procréation médicalement assistée (PMA), ont été interviewées à l’aide d’un entretien semi-structuré. Une analyse thématique a permis de mettre en lumière l’expérience d’élaboration et de concrétisation de leur projet d’enfant dans le contexte du choix de la PMA et du don de gamètes, ainsi que leur perception de la parentalité. Des implications cliniques pour les intervenants et pistes de recherches futures sont par la suite dégagées.
Mots-clés :
- Transition à la maternité,
- homoparentalité,
- lesboparentalité,
- maternité sociale,
- procréation médicalement assistée,
- hétéronormativité
Abstract
The object of this article is to document the experience of the transition to motherhood among future lesbian social mothers. Five lesbian women, whose partners are pregnant following an assisted reproductive technology (ART) process, were interviewed using a semi-structured interview. A thematic analysis was carried out to shed light on the experience of elaborating and realizing their child project, in the context of the choice of ART and gametes donation, as well as their perception of parenthood. Clinical implications for the workers and avenues for future research are subsequently identified.
Keywords:
- Transition to maternity,
- gay parenting,
- lesbian parenting,
- social maternity,
- assisted reproductive technology,
- heteronormativity
Corps de l’article
Depuis 2002, le Québec reconnaît officiellement la filiation homoparentale (Assemblée nationale, 2002). Sur le plan légal, la notion de filiation réfère à une construction juridique reconnaissant le lien qui unit un enfant à ses deux parents, conférant ainsi à ces derniers droits et devoirs à l’égard de l’enfant (Éducaloi, 2019; Gouvernement du Québec, 2023). Un lien de filiation peut s’établir (1) de façon biologique, (2) par le biais d’un processus d’adoption ou encore, (3) grâce au recours à la procréation médicalement assistée (PMA). Selon la Fédération du Québec pour le planning des naissances (2014), la procréation « médicalement assistée » réfère à toutes les façons de concevoir un enfant en l’absence de relation sexuelle et avec une aide médicale en clinique de fertilité, par exemple par insémination ou fécondation in vitro (FIV). La procréation « assistée » réfère plutôt à l’insémination dite artisanale à l’aide du don de gamètes d’un donneur (généralement) connu, et d’une seringue. Le recours à cette procédure est fréquemment privilégié par les couples lesbiens puisqu’elle permet l’établissement d’une filiation directe entre les deux mères et l’enfant dès sa naissance. Une famille ainsi fondée est donc dite homoparentale (ou lesboparentale) et planifiée. Selon les données du Recensement du Canada de 2016, le nombre de familles homoparentales a augmenté de 123,1 % au Québec entre 2006 et 2016 (Statistique Canada, 2017). De ces familles, 83,9 % sont dirigées par un couple de femmes et la majorité d’entre elles (58 %) sont le fruit d’une démarche planifiée (Ministère de la Famille, 2020). Peu d’études font toutefois état de l’expérience de la transition à la maternité chez les femmes lesbiennes ayant eu recours à la PMA impliquant un don de gamètes. Qui plus est, aucune étude recensée au Québec ne porte sur les particularités du vécu subjectif des mères lesbiennes sociales en devenir, soit les femmes dont la conjointe est enceinte grâce au recours à la PMA. Dans une optique de pallier ces limites dans la recherche, le présent article présente les résultats obtenus dans le cadre d’une étude qualitative exploratoire portant sur l’expérience subjective de la transition de femmes lesbiennes dont la conjointe est enceinte à la suite de procédures de PMA et du recours à un don de gamètes.
Homoparentalité
La recherche sur l'homoparentalité a évolué en parallèle avec les changements sociaux et les débats suscités par l'émergence de ces familles. Les premières études y étant consacrées concernaient principalement les enfants issus de familles homoparentales recomposées, la première forme de familles homoparentales ayant émergé à la fin des années 1960 (Davise et al., 2015; Rendon Ocampo, 2016) et ont été suivies par des travaux centrés sur les familles homoparentales planifiées dans les années 1990 (Vecho & Schneider, 2005). À la suite des avancées sociopolitiques et légales accordant aux couples homosexuels le droit d'accéder à la parentalité, les chercheurs ont exploré différentes facettes de l'expérience de ces familles, notamment les perceptions familiales, les relations parents-enfant et l'exercice de la parentalité (Julien et al., 2001; Vecho & Schneider, 2005). Cependant, malgré ces avancées, les études sur l'expérience subjective de la parentalité homosexuelle demeurent limitées. De plus, la stigmatisation homophobe, souvent négligée dans la recherche existante, peut avoir un impact significatif sur l'expérience subjective des mères lesbiennes, privant ces couples d'un soutien social crucial (Lavoie et al., 2006; Vyncke et al., 2008). Ainsi, comprendre la dimension psychologique de l’homoparentalité nécessite une intégration attentive du contexte socioculturel dans lequel elle se déroule (Favez, 2013), notamment chez les femmes lesbiennes vivant la transition à la parentalité.
Transition à la parentalité chez les femmes lesbiennes
Si à ce jour seuls quelques chercheurs ont exploré l’expérience de la parentalité homosexuelle, rares sont les études qui ont porté sur les spécificités de la transition à la parentalité chez les femmes lesbiennes. Cette transition peut être conçue comme une phase développementale charnière engendrant une réorganisation de la personnalité, où des enjeux liés à la perte de l'enfance et de l’objet maternel sont mobilisés (Benedek, 1959; Chassot, 2018). Cette expérience est influencée par divers processus intrapsychiques (p. ex., construction de représentations mentales de l’enfant à venir pendant la grossesse) et interpersonnels (p. ex., développement d’une relation de coparentage avec l’autre partenaire) se déployant lors de la concrétisation du projet de bébé (Ducousso-Lacaze & Grihom, 2009; Favez, 2013). Cette transition marque également le passage de la dyade conjugale à la triade familiale (Lotz & Dollander, 2004), modifiant la vie quotidienne et l'intimité du couple (Lemieux, 2008). En plus de ces remaniements, l’environnement dans lequel s’inscrit le projet parental du couple est déterminant pour l’expérience subjective des nouveaux parents. Par exemple, le soutien reçu de la part de la famille et de l’entourage peut jouer un rôle crucial sur la santé mentale (Capponi & Horbacz, 2007) ainsi que sur leur sentiment de satisfaction à être parent (D’Amore & Baiocco, 2014).
Bien que l'accès à la parentalité homosexuelle partage des similitudes avec l'accès à la parentalité hétérosexuelle, telles que la période de transition et de permutation des rôles (Ducousso-Lacaze & Alain, 2006; Ducousso-Lacaze & Grihom, 2009), le contexte de l'homoparentalité présente des défis uniques, notamment la réactualisation des enjeux liés au coming out. En effet, le contexte de la parentalité homosexuelle implique de faire face à nouveau au regard que porte autrui sur son homosexualité (Veuillet-Combier, 2019), mais cette fois, sous le prisme de l’homoparentalité (Goldberg & Allen, 2020). Malgré les progrès en termes d'acceptation sociale de l'homosexualité, le passage à l'homoparentalité peut présenter certains écueils, l’acceptation de cette réalité pouvant être plus difficile pour certains (Fraïsséc, 2012; Huyette, 2013). Cependant, l'arrivée d'un bébé peut parfois amener un changement de perspective, notamment chez les grands-parents, et leur permettre de mieux accueillir la relation homoconjugale de leur enfant (Berkowitz, 2020; Goldberg, 2006; Gross, 2010). Enfin, en contexte lesboparental où la conception à deux est biologiquement impossible, les parents doivent recourir à un don de gamètes pour y remédier, soulevant la nécessité de réfléchir à la question des origines et de les transmettre à l'enfant. Des études, comme celle menée par Gross et Richardot (2020) auprès de 118 mères lesbiennes françaises, montrent que les narratifs créés par ces dernières offrent à l'enfant des repères sur l'histoire de ses origines et la variété de configurations familiales existantes. Différentes stratégies de divulgation sont adoptées, soit par les mères lesbiennes, les donneurs et les conjoint·e·s des donneurs dans leurs familles respectives pour parvenir à un consensus sur les informations à transmettre aux enfants à propos de leurs origines (Côté & Lavoie, 2020). À la lumière des défis que comporte la lesboparentalité, il semble pertinent de se pencher plus particulièrement sur l’expérience de la transition à la maternité des femmes n'ayant pas vécu la grossesse, celles que l’on nomme parfois les mères sociales (MS), étant donné leur réalité singulière.
Transition à la maternité sociale
Pour plusieurs personnes, le « devenir mère » est indissociable de la dimension corporelle et biologique, soit la grossesse et l’accouchement (Chassot, 2018). Bien qu’à notre connaissance, aucune étude empirique n’ait porté spécifiquement sur la transition à la maternité de ces femmes, certains repères théoriques et cliniques aident à mieux comprendre les processus liés à la construction de leur identité parentale distincte. Certains repères concernant la transition à la paternité fournissent aussi quelques pistes de réflexion, tels que l’investissement envers le bébé par le père en devenir pendant la grossesse de la conjointe et les mouvements identificatoires suscités par cet investissement à l’égard de son propre père et à la mère de l’enfant (Lamour, 2013) ainsi que l’élaboration, dès l’annonce de la grossesse, d’un espace imaginaire de relation avec l’enfant à naître (Schauder & Noël, 2017). Cependant, ces notions semblent insuffisantes pour appréhender l'expérience affective des MS, notamment en raison de leur capacité potentielle à enfanter.
Quelques études qualitatives portant spécifiquement sur la parentalité des MS révèlent des défis uniques dans leur expérience. D’abord, certaines femmes ont mentionné vivre un sentiment d'incomplétude maternelle, notamment durant la grossesse où le bébé représentait pour elles une réalité à venir abstraite, davantage liée au corps et à l’expérience de leur conjointe. Ce sentiment tendait toutefois à se résorber au moment où elles pouvaient créer un lien avec l’enfant en lui offrant des soins quotidiens (Wojnar & Katzenmeyer, 2014). Selon ces femmes, la difficulté à définir leur identité de mère, le manque de modèles et le manque de reconnaissance légale de leur statut parental contribuent à cette complexité, ce qui est également souligné par Descoutures (2006). Cette reconnaissance serait au coeur de la construction de l’identité des MS et du sentiment de légitimité qui leur permettrait d’occuper une place au sein de la famille en devenir pendant la grossesse (Mercader, 2019). Les femmes ont également souligné se sentir souvent invisibles au cours de leur parcours d'accès à la maternité, étant peu reconnues par les personnes soignantes ou les institutions elles-mêmes (Wojnar & Katzenmeyer, 2014). À ces enjeux s’ajoute enfin le défi de l’identification d’une terminologie consensuelle (Du Chesne & Bradley, 2007; Muzio, 1993). Plusieurs couples lesbiens adoptent le terme mère pour référer à chacune des mères afin de bien traduire le fait que leur famille inclut deux mères à part entière et égale (Côté, 2009; Du Chesne & Bradley, 2007; Julien et al., 2001; Wilson, 2000), tandis que d'autres remettent en question les notions traditionnelles de « mère » et de « père » ne tenant pas compte des spécificités de la maternité des MS (Du Chesne & Bradley, 2007). Les MS sont souvent définies par des termes suggérant un manque ou une place de second ordre, comme mère non-biologique (Muzio, 1993), « l’autre » mère (Hayman et al., 2013), deuxième mère ou mère non-statutaire (Descoutures, 2006). Aux enjeux liés à la transition à la parentalité des couples lesbiens et plus précisément des MS s’ajoute celui du recours à la PMA et au don de gamètes.
L’expérience subjective du recours à la PMA et au don de gamètes chez les couples lesbiens
La majorité des travaux réalisés à ce jour qui explorent l’expérience vécue en PMA porte sur les couples hétérosexuels infertiles (Achim et al., 2020), négligeant souvent l’expérience particulière des couples lesbiens en PMA (Lacoursière, 2018), bien que ces derniers représentent une proportion significative des consultations en PMA au Québec. En effet, environ 20 % de la clientèle de ces cliniques avaient recours à 40 % des dons de gamètes (Therrien, 2009). Les études existantes soulignent l'enthousiasme des couples lesbiens en PMA pour concrétiser leur projet parental, mais aussi les défis auxquels ils font face, notamment les expériences d'hétéronormativité (c.-à-d., la présomption que l’hétérosexualité est la norme valide), d'hétérosexisme (c.-à-d., l’exclusion, discrimination, stigmatisation ou invisibilisation des personnes qui dérogent des normes hétéronormatives) et d'homophobie (c.-à-d., attitude pouvant mener au rejet des personnes lesbiennes, gaies ou bisexuelles; Alix, 2024) au cours de leur parcours de soins (Achim et al., 2020; Chapman et al., 2012; Deshaies, 2018; Hayman et al., 2013; Lee et al., 2011). Notamment, l’étude qualitative de Deshaies (2018) menée auprès de cinq femmes lesbiennes enceintes par PMA au Québec met en lumière leurs perceptions quant au vécu de leur conjointe, soit qu’elles auraient une sensibilité accrue aux commentaires hétéronormatifs, auxquels elles étaient exposées à répétition (notamment à ceux évoquant le « père » de l’enfant à venir ou l’importance de la filiation biologique) ainsi que le sentiment d’être exclue du processus de PMA par le personnel médical. Quelques études soulignent d’autres défis, tels que les difficultés à concevoir, un manque de soutien durant le processus et le fait d’être confrontées à des décisions complexes liées au choix du donneur (Yager et al., 2010), ainsi qu’aux décisions entourant le processus de conception (p. ex., qui portera l’enfant; Goldberg, 2006). À cet effet, divers constats ont été dégagés, notamment l’importance que revêt pour certaines MS d’avoir recours à un donneur inconnu dans une situation où elles éprouvaient des inquiétudes quant au fait de se sentir « troisième parent », ou étrangères dans leurs propres familles, advenant l’implication d’un donneur connu (Goldberg, 2006). En somme, de nombreux défis semblent ponctuer le parcours unique des MS qui concrétisent un projet parental avec leur conjointe grâce au recours à la PMA et à un don de gamètes. Les particularités de l’homoparentalité, de la maternité sociale et de l’expérience du recours à la PMA s’ajoutent pour elles aux défis de l’accès à la maternité auxquels se confronte chaque femme qui devient mère. À notre connaissance, aucune étude québécoise n’a porté sur le vécu subjectif de ces femmes à ce jour, soulignant le besoin d'une exploration approfondie de leur expérience unique.
Objectif de l’étude
La présente étude vise à documenter l’expérience de la transition à la maternité chez les MS en devenir, dont la conjointe est enceinte après avoir eu recours à la PMA impliquant un don de gamètes. De façon plus précise, la question de recherche est la suivante : comment est vécue, chez les mères sociales en devenir, l’expérience de la transition à la maternité, dans le contexte où elles ont choisi, conjointement avec leur partenaire, d’avoir recours à la PMA et à un don de gamètes pour concrétiser leur projet parental?
Méthode
La présente étude est de nature qualitative, exploratoire, et descriptive. En ce sens, une démarche d’analyse thématique a été privilégiée, afin de relever les différents thèmes présents dans le récit des participantes, tout en tentant le moins possible d’en dénaturer l’essence. En usant de la réduction phénoménologique durant l’analyse (c.-à-d., mettre entre parenthèses préjugés et prénotions), il a été possible de se centrer sur la perception et l’expérience qu’ont les participantes du phénomène à l’étude (Paillé & Mucchielli, 2016).
Participantes et déroulement
Cinq femmes lesbiennes, âgées entre 30 et 40 ans (M = 32,8; É.-T. = 3,76), résidant en milieu urbain (n = 4) ou en région (n = 1), en voie de devenir mère pour la première fois et dont la conjointe a atteint le second ou le troisième trimestre de grossesse, ont participé à l’étude. Lors de l’entretien, le nombre de semaines de grossesse atteint variait entre 16 et 35 (M = 22; É.-T. = 6,78). Outre le fait d’être une femme en couple avec une femme actuellement enceinte, trois critères d’inclusion ont été retenus : (1) être en voie de devenir mère pour la première fois, (2) avoir élaboré ce projet parental avec leur conjointe actuelle, et (3) avoir eu recours à la PMA impliquant un don de gamètes. Les deuxième et troisième trimestres de grossesse ont été privilégiés comme période d’investigation, car les représentations mentales du parent à l’égard du bébé à venir et de lui-même comme parent sont davantage construites qu’au premier trimestre (Ammaniti et al., 1992; Schauder & Noël, 2017). Les femmes ayant déjà (1) eu un enfant dans le cadre d’une relation antérieure, (2) vécu une grossesse (menée à terme ou non) ou (3) fait figure de belle-mère d’un enfant dans le contexte d’une relation antérieure ont été exclues. Le recrutement des participantes s’est fait par le biais d’une annonce diffusée sur les réseaux sociaux (groupes et pages Facebook) et dans divers endroits publics (babillards d‘universités du Québec, organismes LGBTQ+ et centres commerciaux), les invitant à contacter la chercheuse via courriel. Les femmes intéressées à participer (n = 7) ont été informées de la nature et des conditions de l’étude afin qu’elles puissent envisager d’y participer de façon éclairée. L’une d’elles n’a pas été retenue, car elle avait déjà vécu une grossesse; une autre s’est désistée avant de débuter sa participation. Les participantes retenues (n = 5) ont été rencontrées à l’endroit de leur choix, en personne (n = 4) ou par l’entremise du logiciel Skype (Skype Technologies, 2019). Cette dernière option était offerte aux personnes résidant à plus de 200 km de Montréal afin d’élargir le bassin de participantes (Soyer & Tanda, 2016) et ainsi enrichir l’échantillon d’expériences diversifiées (Savoie-Zajc, 2007). En effet, un effort a été fait lors du recrutement afin de joindre des volontaires issues de contextes socioéconomiques différents, considérant l’écart parfois constaté entre les milieux urbains et ruraux en ce qui concerne l’ouverture à la diversité sexuelle (Fierté agricole, 2018; Lavoie, 2018; Lépine et al., 2017). La chercheuse s’est assurée que le lieu choisi favorisait la discussion et la confidentialité. Toutes les participantes ont complété un formulaire de consentement éclairé duquel elles ont pu discuter avec la chercheuse avant l’entretien. Elles ont ensuite rempli un questionnaire sociodémographique (cf. Tableau 1). Le projet a été approuvé par le Comité d'éthique de la recherche de l’Université de Sherbrooke.
Tableau 1
Caractéristiques sociodémographiques des participantes et données relatives aux procédures de PMA
Note : PMA = procréation médicalement assistée; IAD = insémination artificielle avec donneur; FIV = fécondation in vitro.
Outil de collecte de données
Des entretiens individuels semi-structurés ont été menés par la chercheuse. Le canevas d’entretien utilisé est une version adaptée aux MS d’un canevas originalement conçu pour les femmes lesbiennes enceintes (Achim et al., 2015). Constitué en majorité de questions ouvertes, ce canevas permet d’aborder différents thèmes liés à la transition à la maternité chez les MS : élaboration du projet d'enfant, situation conjugale, soutien social perçu à l’égard du projet de bébé, expérience de la PMA, transmission d'une histoire de ses origines à l’enfant à venir ainsi que les particularités de la maternité homosexuelle et sociale. Les entretiens, d’une durée de 40 à 110 minutes (M = 70,51; É.-T. = 24,53), ont été enregistrés sur support audio et retranscrits en verbatims complets par une assistante de recherche afin d’en permettre l’analyse.
Analyse des données
Une démarche d’analyse thématique en sept étapes, combinant les méthodes continue et séquenciée (Paillé & Mucchielli, 2016), a été privilégiée (cf. Tableau 2). Afin de renforcer la validité de la démarche d’analyse inductive de la chercheuse, une procédure de co-thématisation par vérification de la clarté des catégories (Blais & Martineau, 2006) a été mise en place. Un tableau a ensuite été créé par la chercheuse avant la finalisation des arbres thématiques. Une méthode ascendante, c’est-à-dire des thèmes vers les rubriques puis vers les axes, a été utilisée afin de renforcer la validité de la démarche de création de ce tableau (Paillé & Mucchielli, 2016).
Tableau 2
Démarche d’analyse thématique des données recueillies en sept étapes
Résultats
Trois grands axes thématiques se dégagent des analyses réalisées, soit l’élaboration du projet parental, sa concrétisation, et la perception qu’ont les participantes de la parentalité. Chaque axe est divisé en rubriques regroupant les différents thèmes évoqués par les participantes.
Figure 1
Arbre thématique global décrivant l’expérience subjective de la transition à la maternité chez les femmes dont la conjointe est enceinte grâce au recours à la PMA impliquant un don de gamètes
L’élaboration du projet parental
Les mères sociales abordent l’importance que revêt pour elles et leur conjointe l’élaboration de leur projet parental. Ce projet implique divers choix : privilégier la PMA pour concrétiser le projet de famille, identifier la conjointe qui portera l’enfant, choisir le donneur de gamètes. Ces choix se fondent sur une diversité de critères puisque différentes possibilités sont envisageables. Ils impliquent d’importantes réflexions chez chacune des partenaires, souvent amorcées en amont du projet parental, et donnent lieu à de nombreuses discussions entre elles. S’ils résultent de décisions prises conjointement par le couple, ces choix s’inscrivent dans un contexte social qui peut les influencer (p. ex., présence dans l’entourage de modèles auxquels les femmes s’identifient, réactions des proches au projet parental et aux décisions prises en vue de le concrétiser).
Le choix de la PMA
De façon générale, les participantes rapportent que le choix de la PMA s’est imposé à elles naturellement. Pour plusieurs, il a été le fruit d’une réflexion évolutive et d’une acceptation progressive vis-à-vis l’impossibilité de procéder autrement. Certaines rapportent qu’il s’agit d’une décision prise à défaut de mieux, parfois à la suite de plusieurs essais artisanaux infructueux : « On voulait s’éviter le processus médical, les néons, tout ça, mais… il faut faire ce qu’il faut » (P3). L’aspect médicalisé du processus de procréation représentait pour elles une perspective rébarbative contribuant à leur désir de procéder d’abord de façon artisanale alors que pour d’autres, la médicalisation du processus représentait plutôt un avantage favorisant le choix de la PMA. À cet effet, une participante mentionne : « On voulait que ça fonctionne […] en faisant les démarches à l’hôpital, ça confirmait que notre corps soit correct. » Les motifs sous-jacents au choix du recours à la PMA, qu’il soit fait dans un premier ou dans un second temps, étaient principalement de nature pratique (p. ex., maximiser les chances de fécondation, accéder à des ressources permettant d’évaluer la fertilité), mais aussi juridique, permettant au couple de fonder une famille à deux, sans l’implication d’un troisième parent.
Le choix de la mère biologique et de la mère sociale
Divers facteurs sont considérés afin d’identifier la mère biologique (MB). Les facteurs médicaux et en lien avec la fertilité (prise en compte de l’âge, des conditions physiques et de la fertilité de chacune), financiers (considération des salaires et de la sécurité d’emploi des partenaires), psychologiques (santé mentale et tempérament des conjointes), et sociaux (désir ou non de déconstruire un modèle familial basé sur des stéréotypes genrés) représentent les principaux éléments mis de l’avant par les participantes. Certaines ont également abordé un besoin d’implication particulier chez leur conjointe au sein du projet, ce besoin se traduisant par le souhait de porter l’enfant. D’autres ont évoqué le caractère potentiellement anxiogène pour elles-mêmes des transformations corporelles engendrées par une grossesse, qui s’ajouteraient aux changements inhérents au fait de devenir parent pour la première fois, préférant ainsi envisager de porter un éventuel deuxième enfant. À cet effet, une participante (P1) évoque : « Déjà, tu vas avoir le changement d’avoir un bébé, c’est un gros changement […] si tu ajoutes à ça en plus le fait d’être enceinte, le fait d’accoucher, le fait d’allaiter […] c’est beaucoup. » Quelques participantes ont mentionné avoir pris la décision de porter un second enfant dans le contexte où le couple aurait convenu de tenir compte de l’âge respectif des conjointes, la plus âgée débutant le processus. Une participante a rapporté qu’une telle décision l’aurait placée face à un dilemme alors que le couple traversait certaines difficultés de procréation. Elle aurait été coincée entre le souhait de soutenir sa conjointe dans son désir de vivre une grossesse et celui de lui démontrer sa disponibilité à « prendre le relais » au besoin. Ainsi, si le choix de la mère qui portera l’enfant au sein du couple était la plupart du temps établi dès les débuts de l’élaboration du projet, il pouvait aussi être reconsidéré et revu en cours de processus lorsque le contexte le nécessitait.
Le choix du donneur
Les participantes rapportent avoir considéré plusieurs critères afin de choisir un donneur : le souhait de privilégier un donneur connu ou inconnu, à identité ouverte (permettant à l’enfant ayant la majorité de le contacter s’il le désire) ou anonyme (impossibilité pour l’enfant de retracer l’identité du donneur), les implications de ce choix pour l’enfant à venir, les antécédents médicaux personnels et familiaux du donneur, ainsi que ses ressemblances avec le couple aux plans des intérêts, de la personnalité, du mode de vie ou de l’apparence physique. Par exemple, à propos de l’importance du mode de vie similaire, une participante (P5) nomme : « Son profil, surtout ses activités, on voulait qu’il fit un peu avec nous, vu que nous on aime ça faire du plein air, faire des voyages », alors qu’une autre (P2) parle davantage des caractéristiques physiques du donneur : « On a essayé de retrouver mes caractéristiques à moi, les yeux [couleur], les cheveux [couleur]. C’étaient nos seuls critères […]. On voulait un bébé qui nous ressemble. » Les participantes ayant opté pour un donneur à identité ouverte ont parfois souhaité connaître l’apparence du donneur en accédant à des photos de lui, alors que d’autres ont plutôt souhaité comprendre ses motivations à devenir donneur. La notion des droits et intérêts de l’enfant à venir a également été abordée par les participantes comme étant l’un des éléments ayant contribué à leur prise de décision, et ce, malgré les émotions douloureuses suscitées par l’éventualité que l’enfant puisse tisser des liens avec le donneur. À cet effet, une participante (P1) mentionne : « C’est son droit, de retrouver ses racines… c’est sûr que je ne vais pas trouver ça l’fun si ça arrive un jour, mais […] enlever ce droit-là à mon enfant, ce n’est pas à moi de faire ça. » Une participante rapporte que sa conjointe et elle ont choisi un donneur anonyme, et avoir fondé leur décision sur leur souhait de recourir à un donneur présentant des caractéristiques physiques similaires à celles de la MS (p. ex., couleur de la peau, des yeux et des cheveux). Elles auraient transmis ces informations à l’équipe médicale afin qu’elle procède pour elles au choix du donneur. Les représentations que se sont construites les participantes du donneur et de son rôle au sein du processus de procréation sont diverses : bien que la plupart le conçoivent exclusivement comme géniteur et mentionnent que ce tiers ne représente pas un père pour l’enfant à venir, certaines soulignent néanmoins l’importance et la gentillesse de son geste de don : « Il y a quelqu’un qui nous a aidées, vraiment un monsieur super gentil […] ce sera toujours le monsieur spécial qui a fait un don » (P3).
Un projet conjugal
De façon unanime, les participantes affirment que le projet d’enfant est un projet commun, élaboré à deux et de façon harmonieuse : « C’est vraiment un projet en couple qu’on a construit […] on a toujours été d’accord » (P2). Au moment de décider d’aller de l’avant avec sa concrétisation, toutes ont mentionné que leur couple était prêt à le faire. Certaines ont souligné que la mise en place de ce projet représentait par ailleurs un investissement clé dans leur relation conjugale, marquant un point tournant dans leur niveau d’engagement envers l’autre.
Sphère sociale
Les participantes rapportent que le partage de leur projet parental avec leur entourage (famille, amis) a suscité diverses réactions et questions. Certaines sont perçues comme étant positives, telles que le soutien, l’écoute, la joie et l’excitation vis-à-vis l’arrivée prochaine d’un enfant. D’autres sont décrites comme étant maladroites, intrusives et source d’irritation, notamment l’insistance sur les changements qu’occasionnent la parentalité ou encore des questionnements à l’égard du processus de PMA et du recours à un donneur, son identité, et sa place au sein de la filiation de l’enfant. Certaines participantes mentionnent également s’être confrontées à des commentaires blessants, dont des critiques quant au choix d’un donneur anonyme, comme le souligne une participante (P2) : « Il y en a qui disent… ‘‘il saura pas c’est qui son père’’… J’suis comme : …non, […] c’est deux mamans…», ou des propos remettant en question la capacité des couples lesbiens à élever adéquatement un garçon selon certaines normes de genre : « Dans le discours c’était, la nature étant qu’un homme et une femme ont des enfants […]. C’est plus traditionnel comme image » (P4). Les participantes ont enfin évoqué l’importance de la présence de personnes significatives – lesbiennes ou hétérosexuelles – au sein de leur entourage, ayant vécu une grossesse, un processus de PMA ou encore une adoption, soulignant le fait que ces personnes ont représenté pour elles des modèles identificatoires ayant offert un étayage pour se sentir prêtes à vivre le processus de PMA et devenir elles-mêmes mères. À cet effet, une participante (P4) évoque : « Ça donne un soutien, le fait qu’elles ont expérimenté, et la maternité et la grossesse, ça fait des personnes de référence. »
Tableau 3
Premier axe thématique : élaboration du projet parental
Note. Afin d’alléger les tableaux, certains mots ont été retirés des extraits verbatims (p. ex., « genre », « t’sais »). PMA = procréation médicalement assistée.
La concrétisation du projet parental
Ce second axe thématique comporte différentes rubriques : l’entreprise du processus de PMA, le vécu du parcours en clinique de PMA, la procréation et la grossesse de la conjointe, puis l’arrivée prochaine du bébé.
Entreprise du processus de procréation
Certaines participantes rapportent avoir d’abord opté pour une méthode artisanale, à domicile, ayant une nette préférence pour une telle méthode. Ainsi, le recours à la PMA avec don de gamètes représentait parfois un premier choix, parfois une seconde option. Toutes les participantes ont souligné les implications contraignantes du processus de procréation : multiples rendez-vous, attente et délais entre chaque étape du parcours (p. ex. cycles d’ovulation, attribution des rendez-vous), et confrontation à plusieurs essais de fécondation infructueux avant la conception. À cet effet, une participante (P5) évoque : « C’était un peu genre un marathon, puis là, tu n'arrivais pas à la fin de la ligne d'arrivée, elle se repoussait tout le temps. »
Vécu du parcours en clinique de PMA
Les expériences relatives au vécu des participantes de leur processus en clinique de PMA sont variées, mais généralement empreintes de stress, comme le montre cet extrait : « C’est beaucoup de stress […] si ça marche pas, c’est une grosse déception » (P5). Leurs impressions quant à la qualité de la prise en charge offerte par le personnel médical sont également hétérogènes. Certaines font mention d’un suivi personnalisé et attentionné, comme en témoignent ces propos : « J’avais une belle communication avec l’infirmière […] Ils nous expliquaient bien les étapes à suivre » (P2), « On est tombées généralement sur des personnes qui étaient attentives » (P3), « On se sentait accueillies à bras ouverts » (P5) alors que d’autres rapportent s’être confrontées à des erreurs administratives ou au manque de ponctualité des intervenants. Certaines ont évoqué un service expéditif, marqué par un accompagnement et des explications limitées. L’expérience de l’aspect médicalisé du processus de PMA diffère aussi d’une participante à l’autre. Il a été décrit comme étant mécanique, voire froid et distant, par certaines participantes, comme une étape pénible à traverser qu’elles auraient préféré éviter, mais qui s’avérait nécessaire à la réalisation de leur projet, l’extrait suivant appuyant ce point : « L'insémination, c'est froid et distant. Ce n'est pas une expérience très joyeuse et mémorable…Ouin, non » (P1). Pour d’autres, les procédures médicales représentaient un avantage permettant d’avancer avec moins d’incertitude. Si pour la plupart, ce parcours s’est avéré plutôt difficile, voire laborieux et anxiogène, certaines ont évoqué leur capacité à appréhender cette réalité avec humour, comme cette participante (P3) : « On le prend vraiment avec humour. On est allées au début un petit peu intriguées, pas certaines, mais finalement on en rit beaucoup de ce processus-là. » Leur expérience s’est avérée plus positive qu’anticipée. Toutes les participantes rapportent ne pas avoir eu à se confronter à des attitudes ou gestes homophobes de la part du personnel soignant ni avoir été victimes de discrimination. La plupart d’entre elles ont néanmoins souligné l’hétéronormativité qui caractérise le parcours en clinique de PMA, notamment les multiples examens devant être suivis (destinés initialement aux couples hétérosexuels infertiles), les formulaires omettant l’inclusion de l’option « conjointe » et les réactions de certains membres du personnel (tenant pour acquis, par exemple, qu’une femme téléphonant pour un rendez-vous constitue une patiente, plutôt qu’une partenaire). À cet effet, une participante (P3) évoque : « Tu passes quand même par le processus un peu hétéronormatif. Ils te considèrent comme un couple non-fertile à la base […]. Ils m’ont demandé si je fumais […] pour la qualité du sperme… » Finalement, l’irritation suscitée par l’obligation de se soumettre à une consultation psychologique a été mentionnée par quelques participantes. Les délais occasionnés par l’attente d’un rendez-vous (parfois plusieurs mois) pour débuter les traitements et la nature de cette rencontre constituaient pour quelques participantes une perte de temps et de ressources. Certaines étaient également sous l’impression que la psychologue détenait un pouvoir décisionnel quant à la possibilité d’aller de l’avant ou non avec la concrétisation du projet parental et éprouvaient conséquemment un stress en regard de ce rendez-vous. Quelques participantes ont suggéré de rendre cette rencontre facultative et de l’offrir au besoin.
Procréation et grossesse de la conjointe
Plusieurs participantes ont distingué la maternité de la grossesse, cette dernière étant pour elles « optionnelle ». À titre illustratif, une participante (P5) mentionne : « C'est juste, un aspect biologique, à la limite mécanique, le fait d'avoir porté l'enfant. » D’autre part, si certaines avaient l’impression que la grossesse permet le développement plus rapide et plus intime d’un lien mère-enfant, comme le souligne une participante (P3) : « Ben, le fait qu’elle soit enceinte, elle est vraiment plus proche du bébé », elles précisaient pouvoir elles aussi créer un lien avec le bébé au cours de cette période, notamment grâce au toucher du ventre et en parlant au bébé. Ensuite, puisque la grossesse en tant que processus physiologique est un vécu propre à celle qui porte l’enfant, une participante a mentionné qu’il était nécessaire de respecter les choix de sa conjointe à l’égard de sa gestation. Plusieurs ont évoqué leur souci d’offrir à leur conjointe un soutien émotionnel tout au long du processus de grossesse afin de faire face aux différents défis et contraintes liées à cette période (p. ex., malaises physiques, contraintes alimentaires, présence aux rendez-vous), tel que l’évoque cette participante (P5) : « Moi j'étais totalement all in pour la supporter là-dedans. » Ce rôle, important pour certaines, pouvait représenter une source de frustration et d’épuisement pour d’autres ne l’ayant pas choisi, comme l’indique une participante (P4) : « Il fallait que je prenne soin, ça a été aussi pas simple […] j’ai dû m’affirmer puis dire : je suis à bout là, vraiment à bout. […] c’est vraiment intense à gérer. »
Perspective de l’arrivée du bébé
Lors de la réalisation des entretiens, l’arrivée de bébé était attendue et planifiée. Les participantes ont souligné le fait que leur couple se sentait prêt à accueillir ce premier enfant après l’avoir tant attendu, comme l’affirme l’une d’elles (P5) : « On s'est informées, ce n'est pas comme si c'était arrivé du jour au lendemain […] on a attendu pendant un an… On est plus que prêtes à accueillir cet enfant-là. » La perspective de l’accouchement de la conjointe s’accompagnait de préoccupations et de souhaits. Les principales préoccupations concernent la nécessité de faire face à l’inconnu, la perspective de changements au sein de la dynamique conjugale, l’éventualité de difficultés d’organisation conséquentes à la présence du bébé et la crainte de ne pas être en mesure de rassurer le bébé parce qu’elles ne l’ont pas porté. À cet effet, une participante nomme (P5) : « J'ai un peu une appréhension... de voir comment ça va aller, est-ce que je vais pouvoir aussi bien le rassurer […] étant donné que je n'aurai pas porté cet enfant-là. » Une participante (P3) souligne aussi son souci pour le bien-être de cet enfant à venir et son sentiment d’appartenance au sein de la famille en se demandant : « Est-ce qu'il va se sentir bien dans la famille, sentir qu'il nous ressemble? » Les souhaits évoqués sont relatifs à l’éducation pour l’enfant (p. ex., lui inculquer des valeurs féministes, lui apprendre à exprimer ses émotions adéquatement), au maintien de la relation conjugale au sein du couple parental, la fondation d’une famille aimante et à la mise en place d’un allaitement fonctionnel. Par exemple, une participante mentionne (P1) : « Je veux qu’[il] soit à l'aise avec ses émotions, les vivre, les exprimer, et prendre sa place qu'il mérite […] si j'ai un garçon, je veux [qu’il soit] féministe, ma fille va être féministe aussi, mais on s'entend que ce n'est pas la même réalité. » Finalement, l’histoire des origines de l’enfant que les participantes projettent lui transmettre se sont pour la plupart co-construites lors de discussions avec leur conjointe comme le souligne une participante (P3) : « On n'avait pas d'opinions préconçues […] ça s'est vraiment co-construit. » Indépendamment des éléments à y inclure qui varient d’un récit à l’autre selon leurs particularités (p. ex., donneur anonyme ou possibilité de rencontre éventuelle, informations sur la PMA et le procédé médical, choix des mots à privilégier pour référer au donneur, éléments concernant l’existence d’une diversité de familles), l’ensemble des participantes mentionnent avoir été guidées dans leur co-construction par des valeurs d’ouverture, de simplicité, d’honnêteté et de transparence.
Tableau 4
Deuxième axe thématique : concrétisation du projet parental
Note. aCertaines personnes choisissent de faire affaire avec un donneur anonyme (p. ex., trouvé sur Internet), tout en procédant de manière artisanale (à la maison). PMA = procréation médicalement assistée.
Perception de la parentalité
Le dernier axe aborde la perception qu’ont les participantes du devenir parent de façon générale, mais également en tant que mères lesbiennes et sociales : ce que ce passage représente pour elles, les termes utilisés pour faire référence à leur personne, leur rôle et leur identité, puis les particularités, défis et besoins associés à cette réalité distincte.
Devenir parent
Lorsque questionnées sur ce que signifie le fait de devenir parent, les MS soulignent que le lien biologique et la parentalité sont des concepts dissociables pour elles en évoquant par exemple : « Je sais que je n’ai pas besoin de lien biologique pour aimer, puis pour me faire aimer » (P3). Ainsi, le lien biologique, perçu comme étant plutôt accessoire, ne représente pas une condition essentielle à la parentalité. En ce sens, si le fait de devenir parent ne se définit pas par le lien biologique, il se définit davantage par le fait de représenter un modèle pour l’enfant et d’en prendre soin comme le souligne explicitement une participante (P1) : « Un parent, c’est quelqu’un qui prend soin. » Sur le plan individuel, le fait de devenir parent pour la première fois représente une nouvelle étape significative dans leurs vies, un accomplissement. À cet effet, une participante (P4) nomme : « C’est l’expérience qui m’attend, une des plus grandes de ma vie. » Cette nouvelle étape est source d’émotions contradictoires, combinant le bonheur et l’excitation qui les habitent ainsi que le caractère anxiogène de cette transition.
Devenir mère sociale en tant que femme lesbienne
Concernant le fait de devenir MS en tant que femme lesbienne, la majorité des participantes souligne préférer que l’on réfère à elles en tant que mères, affirmant ne pas souhaiter qu’une distinction du type de filiation (MB contre MS) soit établie. À cet effet, des participantes mentionnent : « Je vais me sentir une mère, point » (P4), « C’est vraiment mon bébé à moi, même si je ne l’ai pas eu dans mon ventre […] je suis une maman aussi » (P2). En effet, la terminologie d’usage ne fait pas l’unanimité chez les participantes. Les réactions quant à l’utilisation du terme mère sociale sont diverses, allant de l’appréciation de la reconnaissance de leur situation spécifique (malgré son imperfection qui est parfois soulignée), en disant par exemple : « Je trouvais ça l’fun qu’il y ait un mot pour ma situation […] je trouve pas ça parfait, mais […] je trouve ça moins pire que 2e mère » (P3), jusqu’au choc comme le nomme une participante : « J’étais choquée la première fois que je l’ai vu […] une mère sociale… Pour moi, c’est très éloigné de ce que je ressens dans mon coeur » (P4). Pour certaines, le recours à cette terminologie ne traduit pas adéquatement la nature de leur attachement envers leur enfant et invalide leur expérience. Bien qu’une majorité de participantes rapporte ne voir aucun intérêt à utiliser ce mot dans leur quotidien, considérant qu’il réfère davantage à une construction sociétale plutôt qu’à un choix autodéterminé, certaines soulignent néanmoins l’absence actuelle de terme approprié pour traduire leur expérience spécifique, différente de celle de leur conjointe. Malgré les réserves exprimées face à cette terminologie, elles la préfèrent à d’autres, marquées par une formulation négative (p. ex., mère non-porteuse ou non-biologique) ou évoquant un rôle de second plan (p. ex., deuxième mère). Plus qu’un rôle à tenir, l’identité de mère se construit en s’identifiant à une variété de personnes. Certaines s’identifient à leur propre mère lorsqu’elles se projettent dans leur maternité, tel que le montre l’extrait suivant : « Je veux avoir la discipline de ma mère puis le fait que je me suis toujours sentie aimée comme enfant […] ma mère, version améliorée » (P1). D’autres entrevoient plutôt certains aspects de leur père, ou d’autres membres de la famille à qui elles aimeraient ressembler (p. ex., grand-mère). De plus, les représentations qu’entretiennent les participantes de la maternité sociale sont diverses : douceur, bienveillance, écoute des besoins de l’enfant, éducation et établissement de la discipline. Des participantes évoquent vouloir être « quelqu’un de disponible puis à l’écoute des besoins » (P4) ou encore « funny, mais un peu rigide pour certaines choses comme la politesse, le respect » (P3). Lorsqu’interrogées quant aux éléments distinctifs de leur réalité, les participantes abordent le fait que l’accès à la parentalité dans le contexte d’une filiation sociale s’établit sans implication directe dans les traitements de PMA et que l’enfant, se développant dans le corps de la conjointe, représente pour elles une réalité abstraite en disant par exemple : « Ce n’est pas moi qui bénéficie de tous les traitements » (P4). Certaines soulignent la reconnaissance symbolique de leur lien de filiation que confère le fait d’attribuer leur nom de famille à l’enfant. Certaines mentionnent également la richesse qu’elles perçoivent dans le fait de pouvoir vivre deux parcours d’accès à la maternité, lorsque souhaité. Le désir de porter l’enfant peut être partagé ou non par les conjointes et cette situation peut évoluer au fil du temps. Avec la possibilité d’enfanter et le désir de le faire se présente pour les participantes une possibilité de projection de soi dans l’expérience de grossesse vécue par l’autre, voire une identification à son vécu, qui leur permettrait de mieux le comprendre. L’identification de termes distinctifs pour référer à chacune de ses mères (p. ex., « maman » et « mamou ») constitue une particularité supplémentaire. Si certains couples les choisissent à l’avance, d’autres attendent que l’enfant le fasse par lui-même, lorsqu’il sera en mesure de le faire comme le souligne cet extrait : « C'est l'enfant qui va décider, là parce que… ça va venir sûrement avec les sonorités de nos prénoms » (P5). Les participantes mentionnent également la possibilité du co-allaitement comme caractéristique de la lesboparentalité. Par exemple, une participante (P2) explique : « Ça fait plusieurs mois que j’investis du temps, puis je me lève la nuit pour tirer mon lait. » Selon l’une d’entre elles, le personnel médical est toutefois méconnaissant ou réticent vis-à-vis cette possibilité. Un processus permettant une lactation induite pour les MS est mis en place par l’une des participantes. Enfin, une participante mentionne un deuil de la conception biologique à deux qui serait inhérente à l’homosexualité féminine.
Finalement, les défis relevés par les participantes sont à la fois de nature intra- et interpersonnelle. Les éléments les plus souvent soulevés sont relatifs à la sphère sociale. Certains défis sont actuellement vécus, pendant la période de transition à la maternité : composer avec le regard des autres et leurs questions, tel que le montre l’extrait suivant : « C’est sûr qu’il peut y avoir le regard des autres, des questions » (P2), et la nécessité de les éduquer; vivre un sentiment d’exclusion vis-à-vis les ressources destinées aux familles; composer avec un manque de ressources adaptées; et un sentiment d’invisibilité comme le souligne cette participante (P1) : « Tous les maudits chapitres, c’est : ‘‘devenir père, votre père, le père, le rôle du père, père, devenir papa…’’ C’est ridicule. En 2019, le premier livre qu’on me donne, Je. N’existe. Pas. » D’autres défis sont plutôt anticipés, tels que la crainte de vivre de fréquentes micro-agressions et d’être davantage jugée que la conjointe, tel que mentionné par cette participante (P2) : « J’ai un peu plus peur de me faire juger moi, qu’elle », la crainte que la filiation de la MS soit contestée et de devoir porter la charge de « prouver » la légitimité de sa maternité, comme le rapporte cette participante (P2) : « J’ai un peu plus peur de me faire dire, ‘‘c’est pas ton bébé à toi’’ », ainsi que la crainte que l’enfant vive de la discrimination. Les besoins évoqués sont pour la plupart reliés aux défis qui se présentent pour elles. Notamment, ne pas être jugée par autrui, bonifier les ressources en les adaptant à leur réalité (en s’assurant que les MS soient reconnues, visibles, et que les connaissances scientifiques et cliniques propres aux particularités des mères lesbiennes soient davantage diffusées), en plus de créer des réseaux de pairs, tel que le suggère une participante (P5) : « Ça peut être intéressant de voir un peu ce que les autres mères sociales vivent […] un groupe de discussion, des rencontres […]. » Sur le plan personnel, les participantes évoquent les besoins d’accès à un meilleur congé parental afin de pouvoir passer plus de temps avec leur enfant, et la nécessité d’assumer pleinement leur homosexualité en tant que mères. À cet effet, une participante (P3) souligne : « Il faut que tu sois out, complètement à l’aise avec le fait que tu sois out, peu importe la situation. »
Tableau 5
Troisième axe thématique : perception de la parentalité
Discussion
L’objectif principal de cette étude était de documenter l’expérience de la transition à la maternité chez les MS en devenir dont la conjointe est présentement enceinte après avoir eu recours à la PMA. Les résultats obtenus permettent de décrire leur expérience selon trois grands axes : l’élaboration du projet parental, sa concrétisation, et la perception qu’elles ont de leur future parentalité. De façon générale, l’hétérogénéité des parcours et des expériences ressort avec force. L’élaboration du projet parental implique différents choix (PMA, mère qui portera l’enfant, donneur de gamètes). Si certaines ont envisagé la PMA comme première option, d’autres auront dû « se faire à l’idée » et débuter les démarches après avoir tenté, sans succès, certaines méthodes artisanales. De plus, si certaines MS ont entrepris la mise en place du projet parental alors qu’elles étaient bien ancrées dans leur rôle de MS, d’autres avaient plutôt d’abord envisagé porter l’enfant, mais ont vu leur parcours changer selon certains imprévus de nature médicale. En ce qui concerne le donneur, si la majorité des participantes ont opté pour un donneur à identité ouverte, certaines ont préféré choisir un donneur dit anonyme. Enfin, ces choix s’inscrivent dans un contexte conjugal et social comportant des particularités les influençant. La concrétisation du projet s’amorce à l’entreprise du processus de procréation; le parcours en clinique de PMA, la grossesse et la perspective de l’arrivée du bébé donnent lieu à différents vécus chez les MS. Le rôle complexe de la MS est abordé par certaines participantes; la MS offre un soutien émotionnel à la MB alors qu’elle est aussi impliquée dans le processus. Elle peut se sentir épuisée et avoir, au même titre que la MB, diverses préoccupations quant à la perspective de l’arrivée du bébé (p. ex., impacts sur la dynamique conjugale), en plus de certaines préoccupations spécifiques à son statut auprès de l’enfant à venir (p. ex., capacité de le rassurer sans l’avoir porté). L’hétéronormativité marquant le processus de PMA a aussi été notée (p. ex., formulaires « père/mère », passation de tests de fertilité similaires à ceux des couples hétérosexuels infertiles), bien que l’expérience globale ait été généralement plus positive qu’anticipée. Enfin, plusieurs participantes auraient préféré un accompagnement à la fois plus rapide (éviter les longs délais d’attente pour les rendez-vous) et moins expéditif (offrir plus de temps et d’informations lors des rendez-vous). L’abord des particularités de la maternité lesbienne et sociale permet ensuite de dégager divers constats. Pour les participantes, le devenir parent concerne davantage le fait d’être un modèle pour l’enfant et d’en prendre soin, que celui d’avoir un lien biologique avec lui. Les MS soulignent ainsi qu’elles se sentiront mères à part entière, mères « tout court » de l’enfant à venir, bien que leur accès à la maternité n’implique pas de grossesse. De la même manière, l’étude de Gross et Richardot (2020) a mis en lumière le souci des couples lesbiens de leur échantillon( N = 118) de se présenter comme deux mères ou deux parents, insistant sur la nécessité de reconnaître à la MB et à la MS un statut de maternité égal. À l’instar de la majorité des participantes de notre étude, les couples ayant opté pour la PMA avec donneur ont rapporté avoir fait ce choix pour fonder une famille à deux et exclure la possibilité d’un tiers impliqué au sein de leur famille. Le donneur de gamètes est donc conçu comme un « donneur » (84 %) ou un « géniteur » (14 %), et non comme un père. Dans le même sens, les couples lesboparentaux interviewés dans le cadre de l’étude réalisée par Déchaux et Darius (2016) ont souligné le fait que leur projet de bébé était d’abord un projet conjugal, réfléchi et élaboré à deux. Pour ces couples de femmes, l’engagement de chacune des partenaires au sein de ce projet se traduisait notamment par une reconnaissance d’un statut égal de chacune des deux mères auprès de l’enfant, qu’elle ait porté l’enfant ou non. Finalement, les défis et besoins relevés par les participantes de notre étude font écho à ceux qui ont été identifiés dans des travaux antérieurement réalisés. En plus d’une bonification des congés parentaux, les MS nomment avoir pour besoins l’accès à des réseaux de pairs, à davantage de connaissances professionnelles sur les possibilités liées à la lesboparentalité (p. ex., co-allaitement), et l’entière « assumation » de leur orientation sexuelle. Ces résultats s’inscrivent dans la lignée de ceux obtenus par Ross et ses collègues (2006) dans le cadre de leur étude réalisée auprès de femmes lesbiennes ontariennes (N = 23). Parmi les recommandations émises par ces femmes et visant l’amélioration des services de PMA, notons la possibilité d’inclure toutes les parties impliquées dans ce processus lors des rencontres réalisées avec les patient·e·s recevant les soins (tout co-parent, partenaire et/ou donneur connu), offrir aux femmes la possibilité d’effectuer des choix éclairés en lien avec les interventions disponibles selon leur fertilité connue ou présumée, fournir des indices clairs d’ouverture et de bienveillance à l’égard des femmes lesbiennes, les aider à se mettre en lien avec d’autres ressources pertinentes et enfin, offrir des soins en partenariat avec d’autres services existant au sein de la communauté LGBTQ+ (Ross et al., 2006). En Nouvelle-Zélande, O’Neill et ses collègues (2013) soulignent également que le personnel des cliniques de fertilité doit reconnaître le rôle unique des deux mères dans les familles lesbiennes, et s’assurer de créer un environnement sécuritaire pour le dévoilement de l’orientation sexuelle de leurs clientes. Pour ce faire, une approche inclusive doit être privilégiée, et ce, tant au plan des communications verbales qu’écrites (documentation, affiches, formulaires). Cherguit et ses collègues (2012), au Royaume-Uni, soulignent aussi que l’inclusion des familles lesbiennes doit se faire de manière explicite, notamment en y faisant référence dans la documentation et les formulaires transmis. Ils ajoutent que les interactions ambiguës peuvent contribuer à générer un sentiment de discrimination chez les patient·e·s et invitent le personnel des cliniques à inclure les MS de façon plus franche et claire au sein du processus de PMA.
Implications cliniques
La présente étude a permis de fournir certains repères cliniques aux intervenants oeuvrant en clinique de PMA. Il importe d’abord de tenir compte de la diversité des processus ayant mené au choix de la PMA, de la mère qui portera l’enfant, et du donneur. Il apparaît également important d’impliquer la MS dans les échanges, les prises de décision et les procédures au même titre que la MB. Les sentiments d’exclusion et d’invisibilité, le manque de ressources adaptées à la réalité des MS et les diverses craintes soulevées (micro-agressions en lien avec l’identité de la MS, contestation de la filiation) nécessitent d’être prises en compte dans la mise en place des services offerts. En ce qui a trait au soutien psychologique, puisque certaines femmes pourraient en éprouver le besoin au cours de leur parcours de transition à la parentalité, l’espace devrait pouvoir leur être offert, sans être imposé. La visée de la rencontre préparatoire aux procédures, néanmoins requise pour tous les couples ayant recours à un don de gamètes, devrait être bien expliquée; l’objectif étant de susciter une réflexion et non d’octroyer au professionnel un poids décisionnel ou d’influence vis-à-vis le projet parental. Ces divers repères cliniques s’ajoutent au vaste corpus de connaissances théoriques et cliniques disponibles concernant les différents enjeux (intrapsychiques, conjugaux, sociaux) mobilisés par la transition à la maternité. Ainsi, il importe de garder en tête que les particularités de l’expérience des mères lesbiennes sociales s’ajoutent aux enjeux propres à la trajectoire d’accès à la maternité de façon plus large et s’inscrivent dans un parcours individuel singulier et personnel, propre à chaque mère en devenir.
Forces et limites de l’étude
Diverses forces caractérisent notre étude. Il s’agit de la première étude réalisée au Québec à s’être consacrée spécifiquement au vécu des MS en devenir ayant eu recours à la PMA et à un don de gamètes. Elle contribue ainsi à l’acquisition de nouvelles connaissances à cet égard et permet également de formuler certaines recommandations adaptées à leur parcours spécifique d’accès à la maternité. L’utilisation d’une méthode qualitative a permis d’ouvrir la discussion sur différents aspects de l’expérience des participantes et d’accéder à la richesse ainsi qu’aux multiples facettes de leur vécu. La démarche de thématisation avec processus d’accord interjuges, dès les débuts de la création du relevé de thèmes, ainsi que le procédé de hiérarchisation ascendante, contribuent à la validité de l’analyse thématique inductive réalisée. Certaines limites demeurent néanmoins à souligner. Bien que l’analyse thématique ait permis de tracer un panorama général des grandes tendances du phénomène à l’étude et qu’il soit impensable de mener cet exercice avec un grand échantillon (Paillé & Mucchielli, 2016), celui-ci demeure restreint, limitant la transférabilité des données. Ceci implique la possibilité d’une saturation insuffisante, l’échantillon présentant des caractéristiques majoritairement homogènes (participantes d’origine caucasienne, financièrement aisées, en provenance de milieux majoritairement urbains). Rappelons qu’au Québec, les deux mères ont une reconnaissance légale de leur lien de filiation à l’enfant. Or, des conditions différentes à cet effet dans d'autres contextes pourraient limiter la transférabilité des résultats obtenus. La notion d’intersectionnalité (Crenshaw, 2005) rappelle que l’interaction de divers aspects identitaires influence les privilèges et oppressions qui touchent les personnes. Il est donc possible de penser qu’une femme lesbienne de couleur (issue de la diversité culturelle) ou en situation de précarité économique vivrait le parcours de transition à la maternité d’une façon différant de celles de femmes lesbiennes blanches et financièrement aisées. Il en est de même pour les parents homosexuels évoluant en milieu rural et devant, par leur existence, contester un ensemble de normes traditionnelles davantage associées à la ruralité (Tétreault, 2018).
Pistes de recherche futures
Diverses pistes de recherches futures peuvent être envisagées à la lumière de notre étude. La mise en place de recherches impliquant davantage de participantes, présentant une diversité de profils socioéconomiques, origines culturelles, orientations sexuelles et identités de genre, serait indiquée afin d’accroître sa transférabilité. Il en est de même pour l’inclusion de MS en devenir évoluant au sein d’un couple ayant choisi un donneur connu afin qu’il puisse s’impliquer dans la vie de l’enfant à venir, envisageant ainsi la coparentalité à trois. Il nous semble possible d’envisager que le vécu de transition à la maternité et ses défis diffèrent en fonction de ces variables.
Parties annexes
Notes
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[1]
Adresse de correspondance : Département de psychologie, Université de Sherbrooke – Campus de Longueuil, 150 Place Charles-Le Moyne, Longueuil, Québec, Canada, J4K 0A8. Téléphone : 450 463-1835, poste 61612. Courriel : Jessica.Miousse@USherbrooke.ca
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[2]
Adresse de correspondance : Département de psychologie, Université de Sherbrooke –Campus de Longueuil, 150 Place Charles-Le Moyne, Longueuil, Québec, Canada, J4K 0A8. Téléphone : 450-463-1835, poste 61610. Courriel : Julie.Achim@USherbrooke.ca
-
[3]
Adresse de correspondance : Département de psychologie, Université de Sherbrooke – Campus de Longueuil, 150 Place Charles-Le Moyne, Longueuil, Québec, Canada, J4K 0A8. Téléphone : 450-463-1835, poste 61612. Courriel : Anne-Laurence.Gagne@USherbrooke.ca
-
[4]
Adresse de correspondance : Département de psychologie, Université de Sherbrooke, 2500 boulevard de l'Université, Sherbrooke, Québec, Canada, J1K 2R1. Téléphone : 819-821-8000, poste 65276. Courriel : Audrey.Brassard2@USherbrooke.ca
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Liste des figures
Figure 1
Arbre thématique global décrivant l’expérience subjective de la transition à la maternité chez les femmes dont la conjointe est enceinte grâce au recours à la PMA impliquant un don de gamètes
Liste des tableaux
Tableau 1
Caractéristiques sociodémographiques des participantes et données relatives aux procédures de PMA
Tableau 2
Démarche d’analyse thématique des données recueillies en sept étapes
Tableau 3
Premier axe thématique : élaboration du projet parental
Tableau 4
Deuxième axe thématique : concrétisation du projet parental
Tableau 5
Troisième axe thématique : perception de la parentalité










