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Comptes rendus

Évelyne Tardy, avec la collaboration de Rébecca Beauvais et André Bernard, Égalité hommes-femmes ? Le militantisme au Québec : le PQ et le PLQ, Montréal, Hurtubise HMH, 2003, 222 p.[Notice]

  • Nadine Bédard-St-Pierre

Après s’être intéressée à la militance au féminin à la Fédération des femmes du Québec, aux différences de genre dans le cas des élues municipales et des élus municipaux et dans celui des militantes et des militants de syndicats et de partis politiques, Évelyne Tardy continue à interroger la fragilité des liens unissant femmes et pouvoir politique et présente, dans ce nouvel ouvrage, les résultats d’une enquête menée en 2000 et portant essentiellement sur les différences de genre entre les militantes et les militants du Parti québécois (PQ) et du Parti libéral du Québec (PLQ). Cette étude s’inscrit dans le prolongement d’une recherche antérieure dont les résultats avaient été présentés dans l’ouvrage Sexes et militantisme (1989). Il s’agit encore une fois d’une vaste enquête puisqu’au total, ce sont 1703 militantes et militants des deux principaux partis de la scène politique québécoise qui ont répondu au questionnaire, soit un peu plus de la moitié de l’effectif militant total des deux partis réunis. Par ailleurs, 34 entrevues semi-directives (17 par parti) ont été réalisées dans l’objectif d’approfondir ou de faire surgir certains questionnements. Partant du constat que les femmes sont toujours sous-représentées en politique, l’auteure propose trois hypothèses pour expliquer cet état de fait : 1) les militantes font face à des contraintes spécifiques liées au genre, lesquelles freinent leur désir de poser leur candidature lors des élections ; 2) les militantes sont moins sollicitées que leurs collègues masculins à poser leur candidature lors des élections ; et 3) les militantes et militants parfois favorisent, et parfois rejettent des mesures d’action positive en faveur des femmes dans leur propre parti pour des raisons qui diffèrent selon les sexes (p. 34). De manière générale, Évelyne Tardy constate que la présence des femmes en politique s’est améliorée depuis quinze ans, mais qu’il existe toujours un « fossé qui sépare [ ... ] les perceptions des militantes et des militants quant à leurs places respectives dans la sphère publique » (p. 24). Si l’auteure a réussi à montrer en quoi la différenciation sociale sexuée demeure un facteur prépondérant dans l’étude de l’engagement politique, il reste que certaines pistes qui apparaissaient fructueuses n’ont pas reçu une attention correspondant au potentiel d’interprétation qu’elles recelaient. Nous y reviendrons. L’ouvrage se répartit en cinq chapitres. Les deux premiers sont respectivement consacrés à l’historique du PQ et du PLQ sur la question de la condition féminine. On y fait un rapide survol de l’état de la représentation féminine depuis la création des deux partis, des diverses instances créées et des différentes mesures mises en oeuvre pour favoriser la présence et l’action politique des femmes. Le troisième chapitre est dédié à la présentation des caractéristiques socioéconomiques et aux antécédents des militantes et des militants. Une part des traits relevés montre une certaine constance par rapport aux tableaux brossés par des recherches antérieures : les jeunes, à l’instar des femmes, sont nettement sous-représentés, le niveau de scolarisation de l’effectif militant est globalement supérieur à l’ensemble de la population québécoise, plus de militantes que de militants occupent des emplois à bas salaires et inversement dans les catégories à rémunérations élevées. D’autres résultats représentent plus d’intérêt, ne serait-ce que parce qu’ils contredisent des mythes tenaces. Ainsi en va-t-il du mythe selon lequel le PQ est un parti dans lequel les « profs » et les jeunes sont surreprésentés. En fait, affirme l’auteure, les enseignants ne constituent plus une catégorie « fortement surreprésentée » au Parti québécois, tandis qu’à l’instar du Parti libéral, l’effectif militant est nettement vieillissant. Ce second résultat, puisqu’il pose la question du proche renouvellement des effectifs, nous amène à signaler que …