Vous êtes sur la nouvelle plateforme d’Érudit. Bonne visite! Retour à l’ancien site

Comptes rendus

Pierre Lanthier et Jocelyn Morneau, Les régions du Québec : histoire en bref : Lanaudière, Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2016, 188 p.

  • Clermont Dugas

…plus d’informations

Logo de Recherches sociographiques

Corps de l’article

Ce livre est une synthèse de l’Histoire de Lanaudière de Normand Brouillette, Pierre Lanthier et Jocelyn Morneau publiée la première fois en 2009. Il s’inscrit dans la série Les régions du Québec histoire en bref qui sont des résumés des histoires régionales du Québec réalisées initialement par l’Institut de recherche sur la culture (IQRC) puis par l’INRS. C’est le 22e livre de la série. Le territoire analysé correspond à celui de la région administrative de Lanaudière, l’une des plus dynamiques du Québec sur le plan de la démographie et des activités économiques. Ce dynamisme crée d’ailleurs un intérêt particulier pour le livre, qui concerne non seulement le lecteur intéressé à l’histoire mais aussi l’analyste de l’économie régionale. Lanaudière contribue à identifier les principaux facteurs responsables du développement de la région et notamment sa relation à Montréal.

Le livre est structuré en 6 chapitres dont les cinq premiers correspondent à des étapes historiques de l’évolution de la région. Leur titre reflète bien leurs contenus : « Des débuts à la conquête : la construction de la région; le développement de la région sous le Régime britannique (1760-1840); la consolidation de la société régionale : population, groupes sociaux et culture, 1840-1950; l’expansion de l’économie régionale : agriculture, exploitation forestière, activités industrielles et urbanité, 1840-1950; une nouvelle réalité : affirmation du fait urbain et modification de la structure industrielle depuis 1950 ». Le dernier chapitre : « Des attributs mis en valeur; tourisme, villégiature et culture » est surtout centré sur la période actuelle et axé sur des éléments qui ont joué et jouent encore un rôle important dans la vie socio-économique de Lanaudière. Une longue liste de repères chronologiques faisant état d’éléments traités et d’autres qui ne sont pas abordés dans le livre, mais qui ont marqué l’histoire régionale, complètent le document.

Le livre nous présente un vaste panorama des éléments constitutifs de la vie régionale dans son évolution depuis le début de la colonie jusqu’à l’époque actuelle. Plusieurs de ces éléments sont traités en référence à des faits marquants concernant l’ensemble du Québec, ce qui permet de mieux situer diverses composantes de la vie régionale dont notamment la démographie et l’agriculture. Une brève description du milieu physique mettant en relief sa diversité contribue dès le départ à démontrer que l’identité régionale n’est pas fondée sur l’homogénéité du cadre naturel mais plutôt sur des interrelations socio-économiques. S’appuyant sur de nombreuses statistiques, les auteurs fournissent un riche portrait de la vie sociale, religieuse, politique, culturelle et économique de la région avec ses principales transformations selon les époques. L’agriculture qui est restée une des principales bases de l’économie jusqu’aux années 1950 mérite une attention particulière avec des renseignements sur l’évolution du nombre de cultivateurs, des superficies en culture et de la nature des productions. L’extension de l’écoumène et le déplacement de la polarisation font l’objet de brèves descriptions mais il y a relativement peu d’information sur la structure de peuplement.

Le découpage historique retenu par les auteurs correspond aux grandes étapes de l’histoire du Québec. La place réservée à la période postérieure à 1950 peut sembler un peu courte compte tenu de l’ampleur des changements qui s’y sont produits. Néanmoins les auteurs ont bien mis en évidence les principales causes et conséquences de la transformation rapide de la partie sud-ouest du territoire lanaudois qui évolue d’une zone agricole à une banlieue dortoir de Montréal et finalement à une agglomération urbaine dotée de ses propres infrastructures de services et d’un important secteur industriel.

Bien que fortement centré sur l’histoire, ce livre apporte une contribution à l’étude du développement régional particulièrement en raison du rôle joué par Montréal dans la forte croissance démographique de Lanaudière qui est passée de 107 000 à 471 000 habitants de 1951 à 2011 alors que d’autres régions du Québec amorçaient une décroissance. Avant 1950 de nombreuses localités rurales de Lanaudière, comme beaucoup d’autres dans l’ensemble du Québec, perdaient leur population en raison de l’exode de travailleurs qui se dirigeaient vers Montréal, les États-Unis ou les provinces de l’Ouest à la recherche de meilleures conditions de vie. L’amélioration des communications avec Montréal par la construction d’autoroutes et la formation des banlieues inversèrent le sens de la migration vers la zone suburbaine. Des banlieues se transformèrent en d’importantes villes autonomes avec leurs propres aires de rayonnement diffusant du dynamisme à l’ensemble de la région.

Le livre est bien illustré de cartes, photos, tableaux et graphiques. La carte de la région est cependant difficile à lire et une carte représentant les principales villes de la région aurait été fort utile. La qualité de certaines photos est aussi discutable. Néanmoins, il s’agit d’un livre bien documenté, agréable à lire et qui informe beaucoup sur la formation et l’évolution d’une région.