Comptes rendus

Geneviève Nootens et Hélène Vézina, Explorer le social. Mélanges en l’honneur de Gérard Bouchard, Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2019, 330 p.

  • Frédéric Parent

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Couverture de Identité professionnelle et changements structurels, Volume 60, numéro 2, mai–juillet 2019, p. 241-478, Recherches sociographiques

Le livre Explorer le social est issu d’un colloque tenu en 2017 à l’Université du Québec à Chicoutimi et regroupant plusieurs chercheurs proches de la « famille BALSAC » qui discutent de l’oeuvre de Gérard Bouchard. Dirigé par la démographe Hélène Vézina et la politologue Geneviève Nootens, le collectif ne constitue toutefois pas un bloc homogène. Le livre réunit, bien au contraire, une pléthore de spécialistes en démographie et en génétique des populations, en géographie, en histoire et en sociologie, en science politique et en droit, en littérature et en philosophie. Cette diversité disciplinaire, qui manifeste éloquemment l’hétérogénéité des champs d’analyse de Bouchard, souvent appelé le sociologue-historien (ou l’inverse), structure le découpage du livre en six parties excluant la conclusion synthétique. L’historien François Guérard, l’anthropologue Pierre-André Tremblay et les directrices nous rappellent rapidement en introduction le parcours scientifique et intellectuel de Bouchard depuis son doctorat en histoire de l’Université Paris Nanterre jusqu’à sa retraite de l’Université du Québec à Chicoutimi où il a été professeur plus de 45 ans. Les auteurs mentionnent également la diversité de ses recherches tout en soulignant plus particulièrement « le respect profond et réel pour ce que d’autres ont appelé “les gens ordinaires” » (p. 2). Comme chez Fernand Dumont, la dualité entre culture populaire et culture savante serait « l’un des grands fils conducteurs de l’oeuvre » (p. 2), au même titre que la part mythique de la culture. La première partie d’Explorer le social, qui est aussi la plus volumineuse, n’aborde pas directement la question des imaginaires collectifs, mais plutôt l’étude interdisciplinaire des populations. Les auteur.e.s reviennent entre autres sur la constitution et le développement de l’impressionnant fichier de population BALSAC que crée Bouchard au début des années 1970, après avoir produit, dans le cadre de sa formation doctorale en France, une monographie de village dans une perspective d’« histoire totale » héritée de l’école des Annales. Dans son texte, la démographe Danielle Gauvreau distingue deux périodes dans les études bouchardiennes en histoire des populations dont la césure se situerait en 1996 avec la parution du Quelques arpents d’Amérique. Dans le sien, Marc Saint-Hilaire souligne lui aussi cette coupure de 1996, ajoutant que Bouchard délaisse progressivement l’histoire sociale pour l’étude des imaginaires collectifs, des cultures nationales et de l’interculturalisme (p. 40). Outre le rappel des onze composantes du projet d’histoire sociale de Bouchard dont il souhaite la réactualisation, Saint-Hilaire développe sur les deux legs fondamentaux que seraient le fichier de population BALSAC et la « synthèse novatrice de l’évolution des sociétés rurales québécoises » (p. 35). Hélène Vézina et Claude Bhérer discutent toutes les deux de l’importance du fichier de population BALSAC et reviennent sur « l’effet fondateur », c’est-à-dire sur les conséquences génétiques du peuplement par un nombre réduit de « fondateurs ». À l’inverse de ce que nous pourrions penser, elles soulignent entre autres que la diversité génétique d’ici est comparable à celle d’une grande population comme la France et que la fréquence plus élevée des maladies héréditaires dans l’est du Québec renverrait davantage à l’histoire du peuplement qu’à une particularité génétique. Dans la seconde partie, Simon Langlois poursuit l’analyse statistique des classes sociales de Bouchard en montrant notamment que, même si la classe ouvrière perd en importance numériquement, comme dans les autres régions québécoises, sa part relative, par rapport aux cadres et aux professionnels, est plus grande au Saguenay. Le texte de Daniel Poitras et François-Olivier Dorais porte sur les travaux du « deuxième Gérard Bouchard » – plus directement au coeur des analyses de la suite du livre – traitant de la refondation de la nation …

Parties annexes