ÉditorialRecherches et besoins : besoin de recherche[Notice]

  • André Girard

" Les études graduées sont bien davantage réglementées que vraiment organisées ". Le mot est de M. Louis-Edmond Hamelin, Prix scientifique du Québec pour 1976. Et ce chercheur, en poussant sa réflexion, plaide pour "une plus grande symbiose entre les mondes scientifique et culturel ". (Discours d'acceptation. Voir Le Devoir, 18 décembre 1976). Le jugement est péremptoire, la suggestion claire.

Il y aurait donc, pour la collectivité francophone des chercheurs, à se pencher sérieusement sur l'orientation des travaux qu'elle entreprend au profit de tous, puis sur les modes de fonctionnement qu'elle se donne pour les poursuivre. En d'autres termes, à faire le lien entre une valable expansion des connaissances et l'utilisation effi- cace des ressources disponibles.

Tout système, qu'il soit mécanique ou organisational, doit comporter des relais de contrôle. Ces relais pompent leur part de ressources et d'énergies, tant humaines que matérielles. Mais trop de prudence peut stériliser ; le poids de l'intendance risque de" réduire tout le contingent à l'immobilité ; les ratios cadres-producteurs sont susceptibles d'atteindre des proportions démesurées.

Quels pourcentages, dans notre milieu, sont atteints par les activités purement administratives et gestionnaires, par rapport à la recherche comme telle ? Dans quelle mesure entendons-nous opérer les filtrages préalablement, réglementairement, AVANT la mise en chantier, plutôt que de faire un départage sur RÉSULTATS ? C'est ici tout un ensemble de valeurs qui est en cause.

Quant au contenu lui-même des activités de recherche, il est acquis qu'un nombre relativement faible de spécialistes ne peut en couvrir tous les secteurs. Quelque cinq cents professeurs-chercheurs dans les sciences de l'éducation ne sauraient s'attaquer à l'ensemble des problèmes qui se posent tant au niveau du savoir qu'à celui de l'agir. Alors, évidemment, le fil d'Ariane à saisir, pour démêler Técheveau des décisions néces- saires en vue de fixer les priorités, est celui des besoins du milieu. Encore faut-il que ces besoins aient été objectivement identifiés, puis sériés...

Ainsi, l'alliance entre le scientifique et le culturel se conclut, puisqu'il " n'est pas bon que le pouvoir d'observer se développe plus vite que l'art d'interpréter" (Alain, Propos sur l'éducation).

André Girard