Recensions  : Études, revues, livres

Arcand, R. (1991). Figures et jeux de mots en littérature et publicité. Beloeil (Québec): La Lignée.[Notice]

  • Lucien Crustin

Comme son titre l'indique, le manuel Figures et jeux de mots en littéra- ture et publicité se présente en deux parties, chacune divisée en cinq chapitres. La première traite des figures stylistiques et de leurs effets; la deuxième, des fi- gures ludiques et de leurs effets. Elles sont précédées d'une introduction générale, où l'auteur résume les différentes fonctions du discours ainsi que des différentes figures. Chacun des chapitres débute par un sommaire et par un plan et nous donne ensuite une nomenclature des différentes figures, leurs défini- tions illustrées par de nombreux exemples. Mentionnons encore une synthèse à la fin de chaque partie, une conclusion générale, où l'on aide l'utilisateur à iden- tifier les différentes figures, une bibliographie sélective et un index des notions mentionnées dans l'ouvrage.

À un moment où le problème de la qualité de la langue maternelle comme outil de pensée se pose avec de plus en plus d'acuité et d'urgence dans nos sociétés éducatives, ce manuel, très complet, arrive à point. Il deviendra, à notre humble avis, indispensable pour toute activité touchant à la lecture ou à l'écriture, bien entendu aux niveaux collégial et universitaire, mais nous en ver- rions de nombreuses et fructueuses utilisations par des éducateurs et des anima- teurs oeuvrant au niveau secondaire, voire au primaire où les fonctions ludiques et poétiques du discours sont malheureusement trop négligées. En fait, quiconque s'intéresse à la communication pourra tirer un énorme profit de cet ouvrage à la lecture duquel nous avons personnellement pris beaucoup de plaisir. Il atteint tous les objectifs que s'est fixés l'auteur: notions rendues acces- sibles et agréables, choix judicieux des exemples très nombreux empruntés aux langages publicitaire, journalistique, littéraire, contemporain et surtout québé- cois. D'ailleurs, deux analyses très incisives d'un conte de Jacques Ferron et d'un monologue de Marc Favreau (Sol) illustrent à merveille les propos de Richard Arcand. Ce livre se consulte très facilement et établit de nombreux liens entre les différentes notions tout en les regroupant dans des synthèses per- tinentes. Donc, un outil pédagogique de très belle facture, un excellent instru- ment de vulgarisation qui met à la portée de chacun des notions parfois ingrates, mais sans en déformer ou en réduire la réalité, sans en refuser les diffi- cultés.

Nous conclurons en avouant que nous espérons pouvoir utiliser bientôt dans un cours, dans un séminaire ou dans un atelier, cet ouvrage de référence. Amateur et auteur à nos moments perdus de calembours, nous ne résistons pas au plaisir de saluer en Richard Arcand le "Grevisse", le "Robert" de la stylistique.

Lucien Crustin Université du Québec à Hull

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