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Recensions

Wineburg, S. (2018). Why learn history (when it’s already on your phone). University of Chicago Press

  • Philippe Momège

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  • Philippe Momège
    Université de Montréal

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Couverture de Volume 46, numéro 1, 2020, p. 1-216, Revue des sciences de l’éducation

Sam Wineburg est un auteur phare en didactique de l’histoire, notamment pour avoir proposé quatre opérations essentielles définissant la pensée historienne, nommées euristiques : l’analyse de sources, leur corroboration, leur mise en contexte et leur lecture en profondeur. Dans cet ouvrage, Wineburg avance que l’âge numérique bouleverse notre rapport aux sources d’information et qu’il est plus important que jamais de développer la pensée historienne en enseignement de l’histoire. Les deux premiers chapitres sont des « pamphlets » plutôt classiques contre l’enseignement actuel de l’histoire, en particulier contre le système d’évaluation qui favoriserait l’apprentissage de faits sans amener les élèves à réfléchir. Le troisième chapitre propose une critique beaucoup plus originale, nous invitant à faire la distinction entre le ton critique et la pensée critique. Dans ce chapitre, Wineburg cherche à montrer que le manuel d’histoire des États-Unis écrit par Howard Zinn — qui est considéré par plusieurs comme révolutionnaire, parce qu’y est privilégiée la perspective des minorités — demeure un manuel classique, puisqu’il ne propose qu’un récit différent sans laisser aux élèves la possibilité de construire une interprétation basée sur des sources. Dans le chapitre quatre, l’auteur reproche à la taxonomie de Bloom de placer les connaissances au bas de la pyramide, affirmant qu’elles sont de premier ordre pour tout⋅e historien⋅ne. Le chapitre cinq, l’un des plus intéressants malgré sa brièveté, est une belle démonstration de l’importance de mettre en marche simultanément les euristiques, tout en alertant la⋅le lecteur⋅ricedu danger de les isoler. Les chapitres six et sept, enfin, traitent du travail des historien·ne·s à l’âge numérique : on avance que ces dernier⋅ère⋅s maitrisent mal ce type de sources et qu’il est nécessaire de réévaluer l’enseignement de l’histoire pour mieux combattre les « fausses nouvelles ». Dans le dernier chapitre, l’auteur présente une étude indiquant que, lorsqu’on leur demande d’identifier des figures historiques importantes, les élèves états-unien⋅ne⋅s nomment les mêmes personnages que les adultes. Ce livre rappelle beaucoup les oeuvres de Neil Postman où sont entremêlées études empiriques, anecdotes et références à la culture populaire, rendant sa lecture plaisante. On devine que l’auteur est conscient de la portée de son opinion dans le monde éducatif. Toutefois, il se rend coupable de ce qu’il reproche à Zinn en imposant un point de vue en apparence critique, mais rigide, qui laisse parfois peu de place à d’autres interprétations. Par exemple, l’auteur s’appuie sur des anecdotes et des études portant sur quelques participant⋅e⋅s afin d’émettre des conclusions décisives comme celles portant sur l’inaptitude des historien⋅ne⋅s à déceler les « fausses nouvelles » en ligne. Alors que les premiers chapitres considèrent l’histoire comme une interprétation plus qu’une vérité pure, dans les derniers chapitres, on s’attend des historien⋅ne⋅s qu’elles⋅ils soient capables de déceler du premier coup d’oeil toutes contrefaçons numériques, qu’elles⋅ils sachent rapidement différencier le vrai du faux. Wineburg oublie que, bien avant l’avènement de Google, plusieurs historien⋅ne⋅s se sont fait duper, que les faux, la propagande et la mauvaise foi existaient avant l’âge numérique. Si les supports changent et si les défis paraissent plus grands, que les sources d’information soient tirées d’un site Internet ou d’un manuscrit attribué à Galilée, le travail critique des historien⋅ne⋅s demeure le même.