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Recensions

Pallascio, R. et Dodridge, E. (2006). Montrez cette mathématique que je ne saurais voir. Montréal, Québec : Éditions nouvelles

  • Driss Boukhssimi

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  • Driss Boukhssimi
    Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

Corps de l’article

À quoi servent les mathématiques ? Où sont-elles dans la vie courante ? Quel enseignant n’a pas eu à répondre à ce genre de questions ? Ce collectif, au titre très évocateur et qui relève le défi de la cohérence autour de cette problématique, vient bien à propos. En effet, chacun des auteurs (ils sont onze) articule son texte en mettant en évidence la place des mathématiques dans des domaines variés d’activités très proches de notre vie quotidienne.

Bien que cela ne soit pas précisé, cet ouvrage est un livre de vulgarisation des mathématiques. Il remplit d’ailleurs parfaitement ce rôle. Sa lecture montre bien que les mathématiques sont non seulement accessibles aux jeunes qui les apprennent, mais qu’elles sont accessibles à tous, y compris au commun des mortels.

Les vingt-huit exemples tirés du quotidien nous démontrent que les mathématiques ne sont pas seulement présentes par un hasard de la nature (et est-ce un hasard ?), comme dans la ruche de l’abeille ou dans la fleur de tournesol, mais qu’elles sont nécessaires pour résoudre des problèmes souvent pratiques. En effet, comment résoudre des problèmes de sécurité informatique, des problèmes d’optimisation, des problèmes de crédibilité d’un sondage (pour ne prendre du livre que ces exemples-là) si on ne recourt pas à des théories mathématiques ? L’ouvrage nous donne plusieurs cas. Bien sûr, il ne nous en présente que des exemples, le domaine étant extrêmement large, mais il montre bien que derrière des actions aussi anodines et élémentaires que d’ouvrir son courriel, ou de jouer à la loterie, se profilent des mathématiques parfois très sophistiquées et aux théories parfois fort complexes que les auteurs ont réussi à mettre à la portée du lecteur. Autrement dit, on utilise des mathématiques souvent sans le savoir et sans en connaître les contenus. Dans ce cas, nous sommes tous des monsieur Jourdain potentiels.

L’ouvrage est bien construit. Les textes, bien qu’ils décrivent quelques concepts mathématiques dans leurs fonctionnements, ne sont pas hermétiques. Les auteurs ont donc relevé aussi le défi de la clarté. Le lecteur trouvera même des activités mathématiques à faire et des problèmes à résoudre.

On trouve donc, dans ce livre, une réponse assez bien illustrée à la question de savoir à quoi servent les mathématiques. Les sujets traités et les exemples présentés pourraient motiver fortement le lecteur et l’inciter à aller chercher plus loin. C’est un des fruits attendus de cet ouvrage et espéré par le mathématicien Jean-Marie de Koninck (comme en témoigne la préface).

Deux petites remarques, cependant. La première est qu’on ne sait pas comment jouer à l’invention décrite en deux pages au chapitre 6 et on ne voit pas la place des mathématiques dans ce jeu. Les mots des mathématiques, matrice et dimension, ont été bien utilisés, mais nous n’avons aucune autre explication.

La deuxième, c’est que, s’il est étonnant de retrouver π à travers les numéros de téléphone dans un annuaire, il n’est pas sûr que l’approximation de π (chapitre 26) soit compréhensible par le public cible de l’ouvrage qui, a priori, n’est pas censé être un connaisseur des mathématiques.

Ces remarques n’enlèvent rien à la qualité de ce collectif qui trouvera certainement écho auprès d’étudiants et d’enseignants des mathématiques en particulier, mais aussi auprès d’un public plus large, pour peu que la question des mathématiques l’intéresse.