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Recensions

Sauvage, J. (2005). L’oral à l’école maternelle. Paris, France : L’Harmattan

  • Ginette Plessis-Bélair

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  • Ginette Plessis-Bélair
    Université du Québec à Trois-Rivières

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L’ouvrage se divise en trois parties. La première, plus théorique, porte sur les fondements du développement du langage et de la didactique de l’oral. Les deux autres décrivent des expériences pédagogiques menées en France auprès d’enseignants, dans le cadre d’un sondage, et auprès des enfants, de trois à cinq ans, dans le cadre d’activités variées, susceptibles de favoriser la prise de parole des petits et ce, non seulement en langue première, mais également en langue étrangère.

Dans les fondements théoriques, Sauvage reprend les travaux de Piaget et les discute à la lumière des objections de Wallon. Il indique les contributions de différentes disciplines nécessaires à l’élaboration de la didactique de l’oral et rappelle que la langue parlée participe des dimensions identitaires d’un individu, réalité qui doit être prise en compte dans ce qu’il nomme la socialisation langagière des enfants.

La deuxième partie est consacrée à l’oral à la maternelle. L’auteur souligne que, dans les nouveaux programmes 2002 en France, le langage est au coeur des apprentissages. Les objectifs des programmes sont rappelés et des exemples d’activités pour les enfants de trois, quatre et cinq ans sont décrits. En appui à un sondage réalisé auprès d’enseignants, Sauvage aborde différents thèmes reliés au développement de l’oral chez les petits. Ainsi, on trouve des considérations sur les avantages et les désavantages de la fréquentation préalable des crèches (des garderies) pour un développement maximal du langage, sur les liens nécessaires du tryptique enfant-famille-école et sur l’hétérogénéité de la parole de l’enfant, c’est-à-dire de l’utilisation personnelle que l’enfant fait du langage et la perception qu’ont les enseignants de la prononciation des élèves. Puis, quelques suggestions sont présentées pour favoriser une parole diversifiée chez les petits, et une liste de questions est présentée comme base pour de futures recherches.

La troisième partie porte sur l’à-propos de l’apprentissage d’une langue étrangère dès la maternelle. Bien qu’il y soit d’abord question de sensibilisation à une autre langue à l’aide de chansons et de comptines, on en arrive à la lecture d’albums et à des comparaisons entre les lettres utilisées pour un mot donné de la langue première et de l’autre langue.

Cet ouvrage ne manque pas d’intérêt, mais on se demande quel lectorat il vise. L’aspect synthétique de la première partie amène le spécialiste à questionner certains choix de l’auteur qui restent peu ou pas expliqués comme, par exemple, le rejet marqué des travaux de Chomsky. Quant au néophyte, il n’est pas sûr que certaines sections de cette partie où l’on retrouve des champs disciplinaires énumérés et des noms d’auteurs en enfilade, l’aident à saisir la cohérence d’ensemble. Cependant, l’excellente synthèse actualisée de l’apport de Piaget mérite d’être lue.

Enfin, si la deuxième partie reflète la réalité des classes, tant en France qu’au Québec, la troisième, au sujet de l’apprentissage d’une langue étrangère à la maternelle, nous laisse perplexe. Alors qu’on signale qu’il ne s’agit que d’une initiation et non d’apprentissage systématique, on présente une activité de lecture comparée, tout en soulignant qu’il n’est pas recommandé de le faire ! De plus, des citations et des noms d’auteurs n’ont aucune référence en bas de page ni dans la bibliographie.