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Recensions

Boutevin, C. et Richard-Principalli, P. (2008). Dictionnaire de la littérature de jeunesse. À l’usage des professeurs des écoles. Paris, France : Éditions Vuibert

  • Sylvie Rosienski-Pellerin

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  • Sylvie Rosienski-Pellerin
    Université York

Couverture de Se former professionnellement : une dynamique individuelle et collective, Volume 37, numéro 2, 2011, p. 231-448, Revue des sciences de l’éducation

Corps de l’article

Ce dictionnaire littéraire (le premier du genre) se veut surtout une précieuse ressource pédagogique pour les enseignants de la maternelle et du primaire. Pistes d’exploitation à l’appui, Boutevin et Richard-Principalli y présentent des auteurs recommandés par le ministère de l’Éducation français et abordent les notions qu’elles estiment indispensables à l’analyse des textes en les illustrant d’exemples tirés de la littérature de jeunesse.

Ce sont les auteurs patrimoniaux et classiques qui sont ici privilégiés. On y trouve donc Andersen, Perrault, Lewis Carroll, Roald Dahl, Daudet… (les frères Grimm sont mystérieusement absents) et les incontournables contemporains français que sont Ungerer, Gripari, Pennac, Peyo… Mais on y découvre aussi avec plaisir des noms moins connus ou associés à la littérature pour adultes et dont la présence s’explique par le fait que les oeuvres suggérées figurent sous le nom de leur auteur : Les Contes de la forêt vierge (Quiroga), Les Vergers d’enfance (Butor)… Une approche enrichissante que faciliterait cependant un index des titres cités, surtout pour qui aurait oublié, par exemple, le nom du créateur du Magicien d’Oz.

Chaque entrée, très détaillée, comprend des éléments biographiques sur l’auteur ainsi qu’une présentation et un résumé de l’oeuvre proposée (Oeuvre), avec son niveau de difficulté et sa place en littérature de jeunesse. La section En classe offre quant à elle de précieuses réponses à des questions d’ordre pédagogique (Pourquoi cette oeuvre ?, Quels réseaux possibles ?) ou bibliographique (Éditions contem-poraines pour la jeunesse). Vu l’utilité de telles informations, on souhaiterait toutefois qu’un index des auteurs cités permette de retrouver aisément tous ces noms mentionnés en réseaux et qui n’ont pas leur propre entrée.

Quant aux notions littéraires, elles se divisent en trois grandes catégories :

  1. les formes et genres littéraires : ceux que la tradition associe à la littérature de jeunesse (conte, fable, légende, album…), ceux qui suscitent de plus en plus d’engouement auprès des jeunes ou font maintenant partie intégrante de la culture scolaire (heroic fantasy, science-fiction, bande dessinée…), ou d’autres, que l’on attend moins, mais dont la pertinence est bien exposée (haïku, farce, burlesque…).

  2. les concepts théoriques nécessaires à l’étude des textes narratifs (narra- teur, schéma narratif, point de vue…), dramatiques (didascalie, tirade, scène…) et poétiques (figures de style et termes de métrique) ; on se réjouira d’ail- leurs de la grande place accordée ici au théâtre et à la poésie, trop souvent négligés.

  3. les notions traitant du rapport du lecteur au texte ou au livre-objet : pacte de lecture, paratexte, relation texte / image… ou intertextualité, notion-clé pour la mise en réseau.

Chaque entrée offre une définition très claire de la notion, la replace dans son contexte historique ou théorique, souligne sa pertinence sur le plan pédagogique et y associe textes, concepts ou auteurs pour élargir la réflexion.

Nul doute donc que ce dictionnaire pratique saura générer de l’intérêt de ce côté de l’Atlantique, tant auprès des enseignants et de leurs formateurs que des étudiants en littérature de jeunesse –, et ce, même s’il ne semble comporter, et pour cause, aucun titre canadien-français.