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Recensions

Carra, C. (2009). Violences à l’école élémentaire : l’expérience des élèves et des enseignants. Paris, France : Presses universitaires de France

  • Danielle Leclerc

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  • Danielle Leclerc
    Université du Québec à Trois-Rivières

Couverture de Se former professionnellement : une dynamique individuelle et collective, Volume 37, numéro 2, 2011, p. 231-448, Revue des sciences de l’éducation

Corps de l’article

Cet ouvrage sociologique traite de la violence à l’école à travers les perspectives des enseignants et des élèves, ainsi que des effets liés au contexte et des réponses à la violence. L’auteur y présente et commente les résultats de deux études réalisées dans des écoles primaires de France.

Carra commence son étude par les perceptions des enseignants et des élèves de la violence dans leur école. Il parle notamment des formes de violence que les enseignants rapportent avoir subies et s’intéresse aux difficultés rencontrées par ces derniers avec les parents. L’auteur poursuit avec les conceptions des enseignants, surtout celles des plus jeunes, quant à l’exercice de leur profession en lien avec la violence. Le discours se compare bien à celui issu d’études québécoises, mais la mise en évidence d’un rapport au métier distinct de celui des enseignants se disant victimes, par rapport à ceux qui ne rapportent pas de violence, est intéressante. Suivent des questions relatives à la fréquence, aux formes et aux effets sociaux de la violence entre élèves. L’auteur y fait ressortir l’existence de terreaux favorables à la construction d’expériences de violence. Il faut souligner que celle-ci est ici saisie à partir des points de vue des acteurs eux-mêmes. Aucune définition ou catégorie préétablie de la violence ne leur est présentée. Cette manière de la saisir paraît pertinente, mais en contrepartie, elle peut limiter la généralisation ou la comparaison de certains résultats. Viennent ensuite les effets de contexte. L’auteur émet l’hypothèse que les environnements scolaires agissent sur la construction des expériences de violence, mais que le climat scolaire médiatise ces expériences, en les atténuant ou en les exacerbant. Bien que cette hypothèse soit défendable, un manque d’explication nous amène à douter de la compréhension du rôle médiateur ou modérateur d’une variable dans la relation entre deux autres. De plus, l’absence de précisions sur les seuils de signification rattachés aux différences dites significatives soulignées dans le texte peut laisser un chercheur quantitatif sur son appétit. L’auteur termine cette section en montrant que le processus de déconstruction de la violence passe par une organisation interne et par la capacité des acteurs scolaires à construire une norme d’établissement. Cette démonstration est faite à partir de l’expérience d’une école qui applique la pédagogie Freinet. Le dernier aspect abordé touche aux réponses fournies à l’égard de la violence, réponses généralement punitives. Il parle de la fréquence et de la nature des punitions et de leur exposition, différenciées selon le sexe ou les caractéristiques familiales. Un examen des raisons des punitions est présenté. Enfin, l’auteur fait ressortir l’importance de faire connaître les normes de conduite, la cohésion éducative et les effets école.

L’intérêt de ce livre réside principalement dans la prise en considération des différents aspects de la violence. Cette diversité est associée à la complexité de cette problématique et à l’importance de considérer plusieurs variables. Les résultats mettent en lumière que la violence à l’école n’est pas l’affaire de quelques personnes et que la déconstruction de celle-ci passe par une organisation et une mobilisation de tous les moments.