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Recensions

Depover, C. et Orivel, F. (2012). Les pays en développement à l’ère de l’e-learning. Paris, France : Institut international de planification de l’éducation (UNESCO)

  • Claire IsaBelle

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  • Claire IsaBelle
    Université d’Ottawa

Couverture de Volume 40, numéro 1, 2014, p. 7-177, Revue des sciences de l’éducation

Corps de l’article

Par son analyse pédagogique, politique et logistique de projets de formation à distance tant dans les pays du Nord que dans les pays en développement, l’ouvrage de Depover et Orivel s’adresse à toutes les personnes engagées dans la planification d’un projet de formation à distance.

Six sections composent ce manuel. La première, Cadre de référence, définit les termes. Une formation à distance impose une séparation physique, permanente ou non, entre l’enseignant et l’apprenant. La formation à distance peut combiner des activités en présentiel et à distance : l’apprentissage hybride. L’e-learning renvoie à l’apprentissage en ligne par Internet. Or, quelles compétences sont nécessaires chez l’apprenant d’une formation à distance ? La rigueur, l’autodiscipline, l’autonomie sont-elles favorisées chez les apprenants de tous les pays ? Au-delà des défis financiers que pose la formation à distance, les auteurs s’interrogent sur les distances socioculturelle, temporelle et pédagogique qu’elle provoque. La deuxième section présente des modèles institutionnels et pédagogiques, tels que les institutions d’enseignement supérieur offrant en parallèle leurs programmes réguliers, des programmes en ligne, surnommées institutions bimodales, etc. Trois modèles pédagogiques sont exposés. Or, le modèle artisanal qui repose sur l’interaction et l’apprentissage collaboratif s’impose dans plusieurs pays. La troisième section expose quelques champs d’application de la formation à distance en Afrique ou en Asie. Le quatrième chapitre présente la structuration d’un dispositif de formation à distance. Si les fonctions de conception et d’encadrement s’avèrent primordiales, le contrôle de la qualité constitue aussi un élément essentiel. À ce sujet, les auteurs apportent peu d’exemples, ni de critères d’évaluation. Toutefois, ce chapitre met en exergue toute l’importance de l’encadrement soutenu et varié pour les apprenants, car selon les dispositifs, le taux de diplomation d’une formation à distance demeure peu élevé. À la cinquième section, Analyse les coûts de la formation à distance, deux constats se révèlent : les institutions bimodales deviennent un exemple de succès, et ses coûts se rapprochent de ceux d’une formation en présentiel. Finalement dans la dernière section, des évolutions attendues, les auteurs proposent des initiatives pour réduire les coûts de la formation à distance dans les pays en développement : l’embauche de tuteurs à temps partiel, l’implantation de salles d’ordinateurs connectés dans des centres communautaires, des écoles, etc.

Cet ouvrage, succinct et très instructif, dresse un survol pertinent de la formation à distance. A fortiori, il a le mérite de clarifier les termes qui y sont associés. Même s’il expose peu de résultats d’études récentes et si la section portant sur les coûts apparaît longue, il n’en demeure pas moins que les éléments essentiels, l’encadrement des apprenants, apprentissage bonifié et le taux d’abandon sont discutés. Avec tous les efforts pour favoriser la mise en place de formation à distance dans les pays en développement, que ce soit par l’accès à de l’équipement ou à des ressources d’apprentissage, comment assurer que les ressources soient adaptées et répondent aux besoins socio-économiques et culturels de ces pays ? car « [la technologie] n’est pas plus neutre que les individus qui la créent. » (Jayaweera, 1983, 621). Question peu ou prou abordée !

Parties annexes