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Recensions

Hofstetter, R., Ratcliff, M. et Schneuwly, B. (2012). Cent ans de vie 1912-2012. La Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation héritière de l’Institut Rousseau et de l’ère piagétienne. Genève : Georg Éditeur

  • Marie-Françoise Legendre

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  • Marie-Françoise Legendre
    Université Laval

Couverture de Volume 40, numéro 1, 2014, p. 7-177, Revue des sciences de l’éducation

Corps de l’article

Saisissant l’occasion du centenaire de la fondation de l’Institut Jean-Jacques Rousseau, devenu en 1975 la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de l’Université de Genève, les auteurs retracent quelques moments clés de l’histoire de cette institution et des figures qui l’ont marquée. L’ouvrage se divise en deux grandes parties : la première, historique, illustre les grandes transformations sur plus d’un siècle de l’Institut Jean-Jacques Rousseau, berceau de la pédagogie active et de la nouvelle science de l’enfant, sans occulter les passions et controverses qui ont agité ses protagonistes ; la seconde, thématique, recoupe en partie le contenu des chapitres précédents. Ces douze chapitres, richement illustrés, comportent plusieurs encarts. À la fin de chacun d’eux, on retrouve un portrait de ceux et celles qui ont marqué l’Institut, puis la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation. Jean Piaget y figure parmi de nombreux autres acteurs et actrices. La publication d’ Hofstetter, Ratcliff et Schneuwly est un bel ouvrage, doté d’une riche iconographie, qui se prête surtout à l’exploration et à la consultation. Certains détails, relevant davantage de l’histoire locale, n’ont pas le même intérêt pour tous les lecteurs. Néanmoins, l’ouvrage est suffisamment riche pour que chacun y trouve son compte !

La première partie se décline en sept grandes périodes qui vont de la reconnaissance académique de la psychologie et de la pédagogie à la fin du 19e siècle à la place qu’elles occupent aujourd’hui, en passant par la rencontre de ces deux disciplines, aux relations parfois houleuses. Elle met en exergue les rapports mouvementés que celles-ci ont entretenus dans le développement de l’institution. La seconde en présente une image un peu différente. On y aborde le rayonnement international de l’institution à travers le Bureau international de l’éducation, créé en 1925, qui fédère l’ensemble des organisations et associations oeuvrant à la construction d’un monde meilleur par l’éducation. Piaget en assume la direction de 1929 à 1967, tout en créant en 1955 le Centre international d’épistémologie génétique (CIEG). On y découvre le rôle prépondérant, mais un peu occulté, qu’y ont joué les femmes au cours des premières décennies. On y retrace l’évolution des théories sur l’enfance et sur l’éducation au cours du 20e siècle, notamment grâce au rôle joué par la Maison des petits. À la fois lieu de recherche et de formation, celle-ci acquiert rapidement une réputation internationale, attirant des pédagogues du monde entier. Puis d’autres approches théoriques et méthodologiques vont s’ajouter à la conception dominante du développement de l’enfant, issue des travaux de Piaget. Plusieurs formations disciplinaires et professionnelles vont se développer sous le label sciences de l’éducation. Parmi celles-ci, la formation universitaire des enseignants du primaire et du secondaire va occuper une place importante. Enfin, le dernier chapitre présente les grands axes de recherche qui ont émergé au sein de l’institution et fait de la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation ce qu’elle est aujourd’hui. Au total, cet historique relativise beaucoup le rôle dominant occupé par la psychologie génétique de Jean Piaget en donnant du relief à d’autres acteurs et à d’autres perspectives.