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Recensions

Gérard, L. (2014). Le doctorat : un rite de passage. Analyse du parcours doctoral et post-doctoral. Condé-sur-Noireau, France : Corlet Numérique

  • Émilie Tremblay-Wragg

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  • Émilie Tremblay-Wragg
    Université du Québec à Montréal

Couverture de La responsabilité en éducation : transformations, ruptures et contradictions,                Volume 41, numéro 1, 2015, p. 5-164, Revue des sciences de l'éducation

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Dans ce livre, Gérard décrit et explicite les différentes étapes du processus de formation à la recherche et par la recherche que franchit un doctorant en sciences humaines et sociales en France. Composé de trois chapitres, l’ouvrage présente un état des lieux de la diplomation au doctorat et dresse le portrait de ce qui caractérise le parcours doctoral et post-doctoral. En ce sens il s’adresse principalement aux jeunes chercheurs ou aux chercheurs et aux institutions ayant le désir de favoriser la réussite d’une aventure doctorale. Y sont abordés les thèmes de la transformation de soi, de la finalité du doctorat, des compétences transversales développées par le doctorant, ainsi que des moments marquants du parcours doctoral (par exemple : l’intégration dans la communauté scientifique, la soutenance de thèse et l’après-thèse). Ces différentes étapes sont illustrées par des analogies qui amènent le lecteur à comprendre le cheminement doctoral chargé d’efforts et de difficultés. Par le biais de recherches scientifiques et d’extraits de journaux de bord de deux doctorants, l’auteure dresse le portrait du parcours doctoral comme il est vécu dans le système français. S’appuyant sur une démarche ethnographique de recherche, elle juxtapose avec aisance des passages de journaux de bord et des résultats de recherches dans le domaine. Cette articulation entre la théorie et le vécu des doctorants permet de comprendre le rite de passage doctoral, comme le nomme l’auteure. À cet égard, on note une préoccupation importante, chez Gérard, de refléter avec justesse et sans censure le vécu des doctorants. Aussi, des conseils sont prodigués au fil du texte et alimentent la réflexion du futur docteur sur ce qui l’attend (par exemple, la soutenance de thèse). Malgré la plume éloquente de l’auteure, les multiples références aux écrits scientifiques et aux résultats de recherche contribuent parfois à freiner un rythme fluide de lecture. Également, les analogies et les détours anthropologiques produisent parfois une certaine répétition des idées. D’autre part, le caractère pessimiste de l’ouvrage rend la lecture parfois décourageante. On constate que le vécu d’un doctorant français est passablement différent de celui d’un doctorant québécois, et c’est peut-être pour cette raison qu’il m’a semblé difficile de bien comprendre pourquoi l’auteure en oublie presque que le doctorat peut constituer une activité intellectuelle stimulante. En fait, les mots qu’elle utilise pour définir le parcours doctoral ou l’après-doctorat sont synonymes de difficultés et d’obstacles : un processus périlleux, une galère et une perte de repères. Toutefois, les pistes de réflexion témoignent de la volonté de présenter ce rite de passage comme une aventure qui mène à divers horizons. Elles témoignent aussi de la volonté d’éliminer les stéréotypes du doctorant (par exemple : l’intello ou l’éternel étudiant) qui pèsent encore sur le statut de doctorant. En fait, le parcours doctoral et post-doctoral décrit dans l’ouvrage de Gérard met en relief le développement des compétences transversales des doctorants et leur potentiel de carrières tant dans le secteur universitaire que dans le secteur privé. Ces éléments apportent une tout autre perspective aux finalités du diplôme doctoral.