Recensions

Noël, B. et Cartier, S. C. (dir.) (2016). De la métacognition à l’apprentissage autorégulé. Bruxelles, Belgique : De Boeck

  • Charlotte Sannier-Bérusseau

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  • Charlotte Sannier-Bérusseau
    Université Laval

Couverture de Volume 43, numéro 3, 2017, p. 1-166, Revue des sciences de l’éducation

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Cet ouvrage collectif s’attache à définir l’apprentissage autorégulé et la métacognition, à les mettre en relation et à pointer leurs différences. Pour ce faire, une première partie présente les fondements théoriques des deux concepts et en permet la compréhension ; quant à la seconde partie de l’ouvrage, elle est consacrée à des études empiriques concernant des dispositifs en soutenant le développement. Différents contextes et interventions sont abordés : les études portent sur différents niveaux de scolarités, mais également autant sur les classes en présentiel que sur l’apprentissage à distance, sur l’apprentissage individuel ou collectif. Différentes stratégies d’intervention sont proposées : médiations métacognitives, évaluation, rétroaction (feedback), pauses métacognitives, portfolio.

La métacognition et l’apprentissage autorégulé sont deux notions qui permettent de mieux comprendre comment développer l’autonomie dans les apprentissages tout en veillant à l’atteinte des objectifs. En effet, au coeur de l’ouvrage, réside cette problématique : comment accompagner les élèves vers la réussite scolaire ? Comment favoriser, chez eux, l’émergence de conduites d’apprentissage métacognitives et autorégulées ? Car s’intéresser à la métacognition et à l’apprentissage autorégulé, c’est placer l’apprenant lui-même au coeur du processus d’apprentissage. Toutefois, si la distinction entre les deux notions est abordée par plusieurs auteurs, il n’en reste pas moins qu’elles sont, par essence, très liées, la métacognition étant, à notre avis, comprise dans l’apprentissage autorégulé. Or, l’ouvrage les présente parfois séparément, notamment dans les études empiriques, ce qui pourrait occulter un peu les interrelations entre les deux concepts. Également, le travail métacognitif sur lequel l’ouvrage met l’accent n’est qu’un des nombreux moyens permettant le développement de l’apprentissage autorégulé, parfois au détriment d’autres approches.

Outre la présentation conjointe d’un champ théorique solide et d’exemples pratiques, le livre présente deux intérêts majeurs pour le lecteur : la volonté des auteurs de s’adresser tant à des chercheurs qu’à des praticiens et celle de ne pas considérer la métacognition et l’apprentissage autorégulé comme ayant trait exclusivement à la cognition. En effet, plusieurs chapitres abordent les aspects conatifs, motivationnels, identitaires, contextuels, émotionnels, etc. Ainsi, les auteurs traitent unanimement de l’apprentissage comme d’une pratique située dans une perspective historicoculturelle et devant être comprise dans un faisceau de motivations qui l’influencent. Aussi, l’importance de la réflexivité portant sur différents aspects cognitifs et autres, des stratégies volitionnelles et de la microculture de classe y est soulignée.