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Avant-propos

  • Yvon Lemay

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  • Yvon Lemay
    Université de Moncton

Corps de l’article

Qu’en est-il de la gestion de l’information (GI) aujourd’hui, de cette discipline qui, selon le Secrétariat du Conseil du trésor du Canada, a « pour objet d’orienter et d’appuyer une gestion efficace et efficiente de l’information au sein d’une organisation, de l’étape de la planification et de l’élaboration des systèmes à celle de l’élimination ou de la conservation à long terme de l’information » ?

Cette question que nous avons lancée, en juin 2004, afin de souligner les quatre premières années d’existence du baccalauréat en gestion de l’information (BGI) [1], le seul programme du genre dans les universités francophones au Canada, avait comme principal objectif d’offrir une image de l’état actuel du champ d’étude, et ce, en fonction des quatre principaux pôles que sont la gestion stratégique de l’information, l’informatique appliquée, les télécommunications et la gestion documentaire.

Tout projet de cette nature comporte cependant une part d’imprévisible et l’image que nous vous présentons aujourd’hui n’est pas aussi complète que nous l’aurions souhaité. Néanmoins, nous sommes parvenus à illustrer certaines des facettes ou tendances actuelles de la recherche en gestion de l’information.

Partant du principe que chacun des textes retenus dans un numéro thématique acquiert, de par le fait même, de par son association à une thématique, une valeur emblématique, voyons ce qu’il en est.

Dans l’esprit de plusieurs, la gestion de l’information est synonyme de technologies de l’information. Bien sûr, cela est loin d’en être le cas mais il y a quelque chose de juste toutefois dans ce rapprochement. De plus en plus, effectivement, l’information est numérique, c’est-à-dire qu’elle est créée, organisée, diffusée et conservée grâce à des outils informatiques et de télécommunications. Conséquemment, dans un environnement où l’information n’existe que visualisée par des appareils numériques, la relation homme-machine revêt une importance fondamentale. Ainsi, le problème abordé par Anne Xuereb et Jean Caelen dans leur texte « Actes de langage et relations rhétoriques en dialogue homme-machine » est le suivant. Comment créer des systèmes d’information automatisés dans lesquels les employés d’une organisation, qui sont fréquemment en situation de mobilité, peuvent faire appel à l’usage de la langue naturelle pour obtenir les mêmes services que s’ils étaient sur place ? La modélisation nécessaire à l’élaboration de pareil système adapté aux portails vocaux d’entreprise exige, comme le démontrent les auteurs, une réflexion de nature théorique sur le langage et, plus précisément, sur la nature des échanges qui s’opèrent dans le dialogue oral homme-machine.

Nul doute, comme le souligne Sid-Ahmed Selouani dans son texte « Un système à base de connaissances pour une communication parlée Personne-Système multilingue », il s’agit là de préoccupations représentant « un défi technologique majeur qui focalisera l’intérêt des chercheurs pour les prochaines années ». Ayant constaté le peu de produits comportant une approche multilingue, Sid-Ahmed Selouani, quant à lui, propose « l’utilisation d’un système à base de connaissances dédié à l’identification des traits et macro-classes phonétiques ». En d’autres termes, il cherche à montrer que « la machine est capable de percevoir les traits phonétiques complexes de plusieurs langues, à condition de la doter d’oreilles assez fines (le modèle d’audition) et de lui transmettre le savoir-faire nécessaire sous forme de règles de production ».

Si la dimension numérique de l’information, et le rapport homme-machine qu’elle implique, est un pôle important de recherche, et pour cause, la nature même de l’information, à savoir qu’elle est la mise en forme d’une connaissance, suscite également un vif intérêt de la part des chercheurs. À l’heure de l’économie du savoir, les connaissances sont devenues pour les organisations une ressource essentielle au même titre que les ressources matérielles, financières et humaines. Monica E. B. Moldovan dans son texte « Gestion des connaissances : préambule à un portrait » s’intéresse à cette nouvelle discipline qui s’est développée depuis la fin des années 1980 et dont l’objectif est la mise en place de solutions permettant aux organisations de profiter au maximum des informations significatives qu’elles ont acquises, y compris le savoir-faire de leurs membres. Grâce à l’analyse d’un corpus d’articles scientifiques, l’auteure « se propose d’identifier les domaines traitant ou mettant en application la gestion des connaissances, afin de dresser un inventaire de ses champs d’étude et/ou d’application et contribuer ainsi à une meilleure compréhension de ses bénéfices ».

Comme dans n’importe quelle autre discipline, la recherche en gestion de l’information doit nécessairement inclure ses propres fondements parmi les objets de sa réflexion, à commencer par sa définition. Qu’est-ce que la gestion de l’information ? Bonne question. Surtout lorsque l’on se rend compte, en comparant diverses définitions, que les réponses sont loin d’être toujours du même ordre. Voilà donc ce que nous avons exploré, à titre d’auteur, dans le texte « Réflexion sur la réalité conceptuelle de la gestion de l’information ». Moins dans le but d’établir « une définition » qui ferait référence mais plutôt de mettre en évidence les principales caractéristiques qu’une telle définition devrait comprendre afin, notamment, d’en tirer profit lors de l’élaboration de programmes de formation.

Bien sûr, ce ne sont là que quelques-unes des tendances actuelles de la recherche en gestion de l’information. Il y aurait encore beaucoup à dire. Peut-être faudrait-il déjà envisager la mise en chantier d’un prochain numéro. Mais, d’ici là, les pistes de réflexion offertes permettront de jeter un premier coup d’oeil sur cette discipline qui, à l’heure où les organisations réalisent toute l’importance de l’information pour leur avenir, est en pleine effervescence.

Avant de vous laisser découvrir par vous-même le contenu de ce numéro, nous aimerions remercier l’équipe de la Revue de l’Université de Moncton, et tout spécialement Serge Jolicoeur et Phylomène Zangio, les évaluateurs, les auteurs qui ont répondu à notre appel, nos collègues du BGI pour leur appui ainsi que la direction du campus de Shippagan pour son soutien financier.

Parties annexes