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Arts et Littérature

Pour une créativité présente : si ’Elles’, donc ’Ils’, et alors ? Carole Dely Résumé: Le genre sexué (oui, sexué) d’un individu, femme ou homme, a-t-il une importance dans l’acte créateur, artistique ? Cette question, une fois posée sur le papier ou à l’écran, est à écouter de deux façons : il y a d’une part à considérer la dimension du corps pensant vivant au monde (ce sera la ligne mélodique) et il y a d’autre part la dimension sociale (ce sera la ligne de basse). J’essaie de visualiser et entendre mon propos au-travers d’une partition à deux voix, mais en réalité, bien malines et bien malins celles et ceux qui sauront départager ce qui revient précisément à l’une et l’autre des deux dimensions, comme à deux lignes de chants. Il y aura à repenser autrement la partition.

Résumé: « Le dessin est le sexe masculin de l’art ; la couleur en est le sexe féminin » : cette citation illustre spectaculairement le sujet qui va m’intéresser dans cette courte réflexion. Charles Blanc, qui en est l’auteur dans la Grammaire des arts du dessin (1867), continue : « La couleur (…) joue dans l’art le rôle féminin, le rôle du sentiment ; soumise au dessin comme le sentiment doit être soumis à la raison, elle y ajoute du charme, de l’expression et de la grâce. Voilà comment la peinture, qui est le dernier venu des trois arts, en est aussi le plus charmant. »

Résumé: Si l’on veut réfléchir sur les différences de sexes de personnages au cinéma moderne, il s’offre la possibilité, la plus évidente peut-être, d’examiner les transformations des héros-types dans les genres les plus répandus au cinéma, c’est-à-dire dans le mélodrame et le film d’action. Or un pareil parcours mènerait sans doute à une généralisation plus ou moins grossière qui en effet risquerait d’être non pas un bilan de changement dans la conception de ce qu’on pourrait appeler « une héroïne » ou « un héros » cinématographique modèles, mais une autre contribution à l’image stéréotypée de la femme ou de l’homme contemporains. C’est pour cette raison que j’ai choisi - pour montrer l’inévitable différenciation des deux sexes - un concept cinématographique tout à fait différent, celui de Eric Rohmer, dans lequel la représentation de l’homme et de la femme ne passe pas par la définition « politiquement correcte » de deux sexes (ce qui était récemment très à la mode, surtout dans le cinéma américain). Chez Rohmer, il s’agit plutôt d’une représentation refoulée ou quasi-invisible des stéréotypes du féminin et du masculin, tant au niveau du discours qu’au celui de l’action - deux éléments les plus importants dans le cinéma de ce réalisateur.

Résumé: L’esthétique phénoménologique et herméneutique fournit quelques pistes de réflexion en cherchant à avancer une « vraie » définition de l’art tel qu’il est créé par les femmes. Je refuse le terme d’ « art féminin », mais je pense qu’il faut bien accepter l’existence de l’art des femmes qui constitue évidemment un champ spécifique de l’art. Je n’ose pas en exposer les critères puisque l’art n’a pas de règles et je ne veux risquer d’en imposer. Il semblait que le modernisme institutionnel ouvrirait aux femmes les portes du monde de la création artistique dans l’Empire des nouvelles libertés. Devenir femme artiste du modernisme signifiait avoir un espoir, cela signifiait être plus qu’une femme. Mais c’était une illusion puisque les femmes se sont retrouvées dans une position autre, quand bien même paradoxale. Quelque fut leur sensibilité esthétique, leurs prétentions au poste de vraies artistes furent immédiatement disqualifiées.

Résumé: « Penser au féminin... serait-ce écrire au plus près de soi-même, d’un soi-même toujours inconnu, et par-là même accepter de perdre figure ? Le féminin ne désignerait pas alors l’un des termes d’une opposition (masculin/féminin, hommes/femmes) mais ce qui en eux ou à partir d’eux - incontournable - les transgresse. Moment parmi d’autres moments, et qui n’efface pas ces autres moments, mais qui sans les abolir les descelle » (Françoise Collin). Relire Montaigne à partir du questionnement de la différence sexuelle peut apparaître intéressant à plus d’un titre. Il est intéressant de voir comment malgré et en concurrence avec un discours souvent traditionnel, misogyne parfois, sur les femmes, Montaigne ne s’en tient pas à une définition ontologique de la différence des sexes, mais assimile au féminin la part inassignable d’altérité que chaque sujet humain porte en lui. Comme s’il pressentait dans l’ascèse de l’écriture, le long travail d’appropriation-désappropriation qui consiste à devenir soi parce qu’on aura reconnu, mis au monde l’autre qu’on est toujours.

Résumé: C’est le temps des vacances qui, pour la majorité d’entre nous, s’ouvre avec cette Université d’été Jan Hus, le temps inséparablement lié à l’événement du voyage. Pour entretenir l’esprit de ces premiers jours du mois du juillet qui nous invitent au départ et nous promettent les pays lointains, j’aimerais, dans mon exposé, m’interroger sur la relation de notre sujet, la différence des sexes, avec l’expérience que nous partageons tous ici à Lyon : le voyage. Mais comment lier deux termes apparemment si hétérogènes, voyage et différence sexuelle ? Une solution s’offre à nous avec l’oeuvre de Paul Virilio - philosophe, urbaniste, architecte, historien de l’art militaire et critique des nouvelles technologies de la communication.

Résumé: Depuis la parution des Liaisons dangereuses en 1782, jusqu’à nos jours, les lecteurs du chef-d’œuvre de Choderlos de Laclos se trouvent fascinés par le personnage énigmatique de la marquise de Merteuil. En dépit de sa condamnation immédiate et quasi unanime, il est clair aujourd’hui qu’il serait quelque peu réducteur de ne voir en elle qu’un « Tartuffe femelle ». Essayons donc de comprendre, au moins en partie, ce qui se cache sous le masque de la marquise, l’une des femmes les plus redoutables de la littérature française.

Résumé: « Entre les hommes et les femmes, il y a l’éternelle, l’irréductible distance », explicite la voix narrative au début du roman Lauve le pur (Folio, 2000). La condition masculine, telle que la voit le romancier, serait-elle donc complètement différente de la condition féminine ? « La grande division des sexes », comme affirme le protagoniste Thomas Lauve, « est-elle pire qu’une ligne de front » ? L’objectif de notre communication est d’étudier le masculin dans ce roman de Richard Millet.

Résumé : En guise d’introduction, je souhaiterais exposer les mobiles qui m’ont poussé à rédiger cet essai. En fait, le premier est constitué par trois citations, trouvées dans l’excellent ouvrage de Pierre Schoentjes sur l’ironie. L’auteur y reproduit les opinions des personnages intellectuels du 19e siècle sur les femmes et l’ironie en constatant : « Il n’y a pas longtemps, certains esprits, par ailleurs tout à fait respectables, refusaient de reconnaître au peuple et aux femmes le sens de l’ironie : « Le peuple ne comprend pas l’ironie ; la femme non plus », disait Georges Palante, un avis sur lequel René Schaerer renchérissait en écrivant que l’ironie est « exécrée de ces êtres impulsifs que sont les femmes et la foule, et fort goûtée, en revanche, des esprits artistes et méditatifs ». Plus catégorique, Joseph Conrad faisait dire à l’un de ses personnages dans Sous les yeux d’Occident (1911) : « Les femmes, les enfants et les révolutionnaires exècrent l’ironie, négation de tous les instincts généreux, de toute foi, de tout dévouement, de toute action ! ».

Résumé: J’ai décidé de traiter de la communication littéraire. Il y a des écrivains femmes et hommes : peut-on parler d’une différence au sein de la communication ? Cela constitue le but de mon exposé. On se demandera aussi si l’on peut parler de thèmes, formes, styles, motifs, vocabulaire qui soient purement féminins ? Je me suis posé ces questions en lisant le roman Presque un frère.

Dossiers

Résumé: La « Profession de foi d’un Centre de Recherches en Études Féminines et de Genres » répond à la nécessité de suspendre, le temps d’un rêve d’utopie, l’enseignement généreux et dynamique que Mireille Calle-Gruber met à la disposition des étudiants-chercheurs de la Sorbonne Nouvelle, afin d’en saisir les enjeux et d’en cerner la spécificité. La « profession de foi » est à entendre à tous les sens de l’expression : au sens actif de la locution, il s’agit de faire (poiein) « profession » (confession) de la foi d’une doctorante en l’urgence de préserver un espace-temps à l’écriture et à la recherche en littérature dans une société qui vise à toujours gagner plus (de temps, d’argent) ; au sens littérale du syntagme, il s’agit de témoigner d’une « profession » différente mais vitale à la sauvegarde de l’« humain ». Où la « foi » tient lieu de richesse et l’hospitalité de loi.

Résumé: Ce dossier est le deuxième volet de la réflexion entamée dans le dossier "Recherches en Études Féminines et de Genres" publié à Sens Public en octobre 2008. Son titre, "Spectres et rejetons des Études Féminines et de Genres", interroge ce qui serait une transmission universitaire, philosophique et littéraire au féminin, c’est-à-dire à contre-courant de la logique phallogocentrique de la tradition, inscrivant la réflexion dans la lignée d’Hélène Cixous, Monique Wittig, Sarah Kofman, Mireille Calle-Gruber, Judith Butler, Catherine Malabou, etc.

Philosophie

Résumé: Damnée par l’Église, admirée par les poètes : l’histoire humaine nous propose une image de la femme très contrastée, qui reflète toujours l’époque et l’idéologie sous l’influence desquelles elle a émergé. Qu’en est-il chez Jean-Jacques Rousseau, le philosophe peut-être le plus controversé ? C’est dans le cadre de l’œuvre Emile ou de l’éducation qu’il nous propose une définition de la condition féminine dans la société de l’époque.

Résumé: Peut-être se souviendra-t-on de l’exposé d’Hubert Vincent de l’année passée dans lequel il citait une interview avec une femme qui avait perdu sa fille dans l’attentat à Oklahoma City en 1995. Dans la description de la mère en deuil faite par le journaliste, on trouvait juxtaposées sa beauté et sa douleur, comme si la douleur, la « fêlure », lisait-on dans l’interview, était physiquement présente, et, qui plus est, comme si cette fêlure était inscrite dans la beauté même de la femme, incitant ainsi à une compassion très spécifique. Voilà une situation particulière qui cache, à mon avis, une attitude historiquement très bien ancrée remontant à la constitution de la notion de la femme en tant que « sexe faible » chez Aristote à travers la modification délibérement apportée par la doctrine chrétienne jusqu’à la conception de la féminité d’Emmanuel Lévinas. C’est par une lecture, ou plutôt une relecture un peu hasardeuse, je l’admets volontiers, de certains passages de Lévinas que je voudrais commencer. Ce que je propose donc, c’est justement de relire Lévinas de façon à pouvoir poser la question de la motivation philosophique indépendante de la notion du « sexe faible » qui, de nos jours, ne semble plus être qu’un cliché. Dans cette relecture, ce que j’aimerais souligner, c’est le danger que comporte toute élaboration philosophique d’un concept qui se fait à partir d’un langage donné, sans se débarrasser d’abord de la sémantique historique acquise et partagée.

Résumé: Le féminin joue dans l’œuvre de Lévinas un rôle crucial, puisque, rencontré d’abord dans la relation érotique, il brise le cercle du même et l’ouvre à la dimension salutaire de la transcendance. Cependant, si certain-es ont estimé que par là Lévinas rompait avec le phallogocentrisme, dans une veine beauvoirienne Stella Sandford montre à quel point il demeure masculiniste. Sans témoigner d’aucune distance critique, Lévinas associe le féminin à l’ambiguïté de l’éros, à la différence sexuelle et le pose comme l’autre à la fois « inviolable » et quasi animal, irresponsable ou enfantin d’un sujet qui ne se pense jamais qu’au masculin. La critique de Beauvoir était donc pertinente et le Derrida de « Violence et métaphysique » aurait mieux fait de se demander quel homme tenait la plume de Lévinas lorsqu’il écrivait, plutôt que se réjouir de ce qu’il écrivît en tant qu’homme.

Résumé: Si les questions sur la femme et le genre féminin se sont trouvées au cœur des pensées de Jacques Derrida, c’est en ce qu’elles constituent un point d’achoppement dans la réflexion sur la tradition, donc dans la tradition elle-même. Sans opposer un dedans de « la bibliothèque » à un dehors du monde hétérogènes, séparés, la déconstruction du modèle phallogocentrique est une réflexion sur le monde et la vie - dans la triple temporalité du passé, du présent et de l’avenir. Partant du constat que la tradition s’est construite et bâtie en partie sur une exclusion des femmes, et déconstruisant cette histoire, Derrida ouvre un espace propice à la venue de l’autre. En en appelant à la voix de l’autre, il engage le « peut-être » d’une réorientation du discours, de l’histoire et de sa tradition.

Abstract: That the questions surrounding woman, women, gender, or even sexual difference may be found at the heart of Jacques Derrida’s deconstructive work is already quite significant. In itself it is the signal that they constitute an obstacle within thought concerning the tradition, and hence within the tradition itself, in other words within our history. Let’s recall that without opposing an indoors of the "library" to an outdoors of the world that would be heterogeneous, separate, deconstruction as practiced by Jacques Derrida beginning with great texts of the tradition is a reflection upon the world and upon life, within the threefold temporality of past, present, and time to come. By appealing to the voice of the other, he thus engages the perchance of a reorientation of discourse, history, and the tradition.

Résumé: Le courant évolutif des relations sociales entre les sexes dans les dernières décennies du 20e siècle a donné lieu à une remise en question fondamentale de la philosophie. Tandis que Jacques Derrida entreprenait de déconstruire une puissante assise phallocentrique structurelle de la tradition philosophique, Michèle Le Doeuff décelait en elle un particularisme sexiste hostile aux femmes en général, étrangement exempté de rigueur théorique tout en n’hésitant pas à reléguer « la » femme dans un imaginaire métaphorique. Nul n’entre ici s’il n’est homme, quand bien même une femme serait géomètre... Voilà qui a pu et peut encore faire mal, voici qui continue aujourd’hui de poser question en philosophie.  

Résumé: Comment devrions-nous lire aujourd’hui Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, soixante ans après sa parution ? En remettant la pensée beauvoirienne en perspective avec le présent, le texte proposé par Carole Dely nous permet de mesurer le chemin parcouru depuis l’après seconde guerre mondiale et d’identifier certaines évolutions positives. Il apporte un nouvel éclairage sur le devenir-femme, le devenir-homme, les valeurs sociales, le corps féminin, la liberté.

Beauvoir et la douleur Françoise Collin

Résumé: L’œuvre de Simone de Beauvoir a fait l’objet de nombreux commentaires. Bon nombre de ceux-ci concernent le livre qui, revendiqué par une part importante du mouvement féministe dès les années 70, a assuré sa pérennité, et a servi d’introduction sinon de clé à tous les autres : Le deuxième sexe. Les analyses critiques de la situation des femmes qu’il développe, chapitre après chapitre, ont inspiré une partie importante de ce mouvement dans son entreprise de dépassement théorique et politique des injustices qui structurent les rapports entre les sexes. Rappeler l’excédent de la douleur sur l’injustice ou de l’altération sur l’aliénation dans l’œuvre de Beauvoir, ce n’est pas questionner la validité de l’analyse politique qu’elle développe mais resituer le politique sur le fond du philosophique.

Résumé: Les catégories du masculin et du féminin ont, dans le discours philosophique, un statut pour le moins problématique, puisqu’elles y interviennent à titre d’arguments tout en étant fortement investies par les préjugés qui résultent de la domination masculine et servent à l’entériner. Comme si, au moment d’user de ces catégories, la vigilance critique, constitutive du projet philosophique, se relâchait et perdait sa raison d’être. Pour rendre compte de cet affaiblissement (coupable) de la veille critique, un argument sociologique peut être avancé : les philosophes étant massivement des « hommes », ils tirent profit de la domination masculine et aident à sa légitimation en véhiculant, sous des formes plus ou moins raffinées, les préjugés qui la confortent. Cette explication ne manque jamais d’être, à la fois, valide et insuffisante. Elle ne permet pas de comprendre pourquoi le discours philosophique refoule son acuité critique à propos des catégories du masculin et du féminin, tout en l’exerçant à l’occasion, par exemple, des notions du bien et du mal, tout aussi susceptibles d’être partie prenante d’une idéologie de la domination.

Politique et société

Résumé: Au cours de l’automne 2001, j’ai réalisé, dans le cadre d’une étude de cas sur les conditions de la vie des femmes cadres, quinze entretiens non standardisés avec des femmes occupant des fonctions de cadres moyens et supérieurs dans une entreprise multinationale qui exerce ses activités dans le domaine des services financiers en République tchèque. La plupart des femmes interrogées avaient entre 28 et 35 ans et travaillaient à la gestion d’un groupe de dix subalternes jusqu’aux positions les plus élevées de cette entreprise.

Résumé: Continent vierge des études féministes au début des années 1990, l’Europe centrale et orientale a fait l’objet d’un grand nombre de programmes d’études et d’échanges intellectuels, qui ont cherché à définir la signification de l’expérience communiste du point de vue du genre et, tout à la fois, à mesurer l’influence des débats suscités par les féministes dans le monde occidental au cours des trois dernières décennies. Cependant, la vive discussion qui s’est rapidement instaurée entre spécialistes du genre de l’Est et de l’Ouest, de même que les paradigmes spécifiques développés par les sciences sociales dans l’étude des sociétés communistes, puis post- communistes, invitent à une vigilance méthodologique riche d’enseignements.

Genre et fait religieux Mathilde Dubesset

Résumé: Avant d’entrer dans le vif du sujet, je voudrais donner quelques précisions sur les termes du titre proposé dans cette intervention : genre et fait religieux. Le genre, on l’a déjà dit, est un terme venu des pays anglo-saxons qui s’acclimate lentement en France. Je retiendrai ici l’acception du « genre » renvoyant à la construction sociale de la différence des sexes, de ces identités sexuées codifiées, un processus qui s’inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Cette construction prend des formes diverses, variables selon les contextes sociaux, économiques, politiques et culturels. En histoire, nous sommes attentifs à la diversité des situations vécues par les groupes et les individus. Ainsi, pour une femme mais aussi pour un homme, aussi bien au 21e siècle qu’au Moyen Age, le rang dans la famille, le statut personnel (être marié ou pas) l’appartenance sociale, professionnelle, religieuse (la liste n’est pas exhaustive) sont des paramètres qui dessinent un paysage souvent plus varié que ne le suggèrent les grands modèles explicatifs fournis par les sciences sociales. Ainsi, le concept de patriarcat très utilisé par la pensée féministe des années 1970-1980 n’est pas forcément pertinent pour lire les sociétés occidentales contemporaines.

Résumé: Le thème de la différence crée l’axe central de la philosophie contemporaine française, et la différence des sexes paraît être l’archétype de toute la différence. L’opposition masculin/féminin semble être cachée au fond de toutes les différences pensables. La différence de sexes joue alors un rôle principal dans la constitution de la pensée humaine et des ses catégories. Cet exposé montrera d’abord que la différenciation est le principe fondamental de notre perception et de notre réflexion, et que c’est l’opposition entre le masculin et le féminin qui est le modèle de toutes les autres oppositions.

Résumé: Dans cet article, l’auteur montre comment le discours médical a pu permettre au pouvoir politique de valider l’inégalité sociale et politique entre les hommes et les femmes.

Résumé: La confrontation entre le mouvement de libération des femmes et le mouvement de libération des sexualités peut être féconde. A condition toutefois de ne pas céder à l’amalgame et de ne pas prétendre dissoudre dans le mouvement plus récent des sexualités - des homosexualités - le mouvement des femmes, comme en une nouvelle « Phénoménologie de l’Esprit » où une figure de la dialectique viendrait assumer et dépasser la précédente. La notion de « bio-pouvoirs » élaborée par Foucault ne peut elle-même être appliquée indifféremment et sans autre analyse à l’un et l’autre de ces mouvements et de ces enjeux.

Résumé: Dans cet article, je m’attacherai à l’analyse critique de la notion même de « rapports sociaux de sexes » dans sa confrontation avec celle de « différence des sexes » mais aussi avec celle, plus récente, d’indifférence des sexes, et à leurs rapports respectifs avec la question de la domination ; traquant la notion de naturalisme jusque dans la forme du « naturalisme achevé ».

Actes de colloque

Résumé : Le colloque d’où sont issues les contributions de ce dossier s’est tenu à Lyon les 28 et 29 mars 2008, à l’initiative de chercheurs des laboratoires Éducation & Politiques, Triangle, LARHRA, SENS, avec la participation notamment de Michelle Perrot, Françoise Thébaud, Marie-Hélène Zylberberg, Sabine Fortino, René Mouriaux, et de militantes occupant ou ayant occupé des responsabilités nationales. Le colloque s’est confronté à la question générale suivante : s’il est admis que le vingtième siècle a été celui de la féminisation des sociétés occidentales, qu’en a-t-il été, dans sa seconde moitié, de la féminisation des mouvements revendicatifs et grévistes ? Sous quelles formes, avec quels apports, avec quelles limites ? A partir de ces éléments, quels enseignements est-il possible de tirer pour le 21e siècle et peut-on avancer l’idée d’une promesse de renouveau ?