Éditorial[Notice]

  • Claudine Caron,
  • Daniel Chartier et
  • Caroline Traube

…plus d’informations

  • Claudine Caron
    Université du Québec à Montréal

  • Daniel Chartier
    Université du Québec à Montréal

  • Caroline Traube
    Université de Montréal

Le Nord, l’hiver et l’Arctique suscitent l’intérêt d’artistes et inspirent nombre d’oeuvres chorégraphiques, cinématographiques, littéraires, musicales, plastiques, poétiques et théâtrales où le son et la musique participent, au sens propre comme au figuré. Que les sons et la musique viennent ponctuer un moment dramatique, créer une ambiance, suggérer une émotion ou qu’ils soient l’objet principal, autant les oeuvres dans lesquelles ils se trouvent que leur place dans la constitution de l’imaginaire du Nord restent très peu connus. Qu’est-ce que le Nord et le froid donnent à entendre ? Par quels signes sonores et musicaux (re)construire le Nord (ou l’idée du Nord) ? En quoi un timbre peut-il être perçu comme étant « froid » ? Quels sont les systèmes de représentations culturelles et esthétiques relatifs aux aspects sonores du Nord dans la musique classique, le roman, la poésie ou le théâtre ? Existe-t-il une musique nordique ? Telles ont été les questions au coeur du colloque international et multidisciplinaire « Musiques et imaginaire du Nord et du froid », tenu à l’Université du Québec à Montréal en janvier 2012, à l’origine de ce numéro consacré au même thème. Les musiques des pays nordiques – Canada, Finlande, Russie, Scandinavie – et des pays baltes ont souvent été qualifiées de « musiques nordiques », en référence à l’origine des compositeurs qui les créaient. Au-delà des références nationalistes utilisées pour cerner un répertoire de chacun des pays – sachant bien sûr que l’identité et l’expérience du paysage jouent dans la création artistique –, le présent numéro des Cahiers de la SQRM aborde une problématique centrée sur les éléments esthétiques et la construction des idées en lien avec l’imaginaire du Nord et du froid en musique. Au début du numéro, Caroline Traube propose une revue de la littérature à propos des sons « froids » et de la thermoception. Dans la même veine, mais du point de vue de l’interprète, la flûtiste Marie-Hélène Breault analyse en détail les évocations de la glace dans Icicle de Robert Aitken. Suivent deux articles sur la composition, l’un de Michael Oravitz, où il analyse deux oeuvres pour piano de Claude Debussy relatives à la neige, l’autre d’Edward Jurkowski, présentant son analyse de la Sonate pour piano no 2 « Aurore boréale » du compositeur estonien Eduard Tubin. Le son et le silence au Grand Nord sont abordés par Daniel Chartier, qui relève les allusions au silence dans le roman et la poésie, ainsi que par Julie Gagné, qui présente la place prégnante du son et de l’espace dans des oeuvres dramaturgiques de deux auteurs contemporains. Enfin, le compositeur François-Hugues Leclair apporte un point de vue poïétique au sujet de l’imaginaire du Nord et du froid à travers quelques oeuvres de son catalogue. En complément au numéro, se trouve un article original de Flavia Gervasi, gagnante du concours de conférences de la Société québécoise de recherche en musique en 2011, sur le discours esthétique relatif à la chanson dans un village du sud de l’Italie. Enfin, la section des comptes rendus, dirigée par Louis Brouillette, comprend des articles critiques de deux ouvrages collectifs, l’un en ethnomusicologie, l’autre sur la chanson folklorique, de même que d’une monograghie sur l’opéra et le cinéma et d’un coffret de disques compacts de musique canadienne pour piano. Bonne lecture ! Éditorial Claudine Caron (Université du Québec à Montréal) Daniel Chartier (Université du Québec à Montréal) Caroline Traube (Université de Montréal)