Comptes rendus

Élise Petit, Musique et politique en Allemagne, du iiie Reich à l’aube de la guerre froide, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2018, 393 p. ISBN 979-1-0231-0575-9

  • Béatrice Cadrin

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  • Béatrice Cadrin
    Chercheure associée, Chaire de recherche du Canada en musique et politique

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Couverture de Musique et oppression : contextes européens. Autour de Mozart en Autriche annexée, Volume 21, numéro 1, printemps 2020, p. 7-126, Les Cahiers de la Société québécoise de recherche en musique

Paru en 2018, le livre Musique et politique en Allemagne, du iiie Reich à l’aube de la guerre froide d’Élise Petit propose une première analyse comparée des politiques musicales en Allemagne de 1933 à 1949. La particularité de cette publication réside dans l’extension de la période choisie au-delà de la fin de la guerre, ce qui permet de mieux comparer le rôle politique joué par la musique sous le régime national-socialiste avec celui qui lui a ensuite été accordé sous les quatre gouvernements alliés au cours du processus de reconstruction de l’Allemagne. Cette caractéristique distingue Musique et politique en Allemagne d’ouvrages précédents se concentrant exclusivement sur l’une ou l’autre de ces deux périodes. Les enchevêtrements entre musique et politique sous le iiie Reich sont notamment abordés, en anglais, dans les écrits de Michael Meyer, d’Erik Levi, de Michael H. Kater et dans le récent collectif des Routledge Handbooks et, en allemand, dans ceux de Fred Prieberg, d’Eckhart John et du collectif dirigé par Wolfgang Benz, Peter Eckel et Andreas Nachama. Présenter une brève sélection de travaux similaires sur la période de l’après-guerre est plus complexe, en raison des politiques culturelles distinctes des quatre régimes alliés se partageant le territoire. Certains auteurs — Bernard Genton, Elizabeth Janik, Irmgard Jungmann — abordent les quatre de front, soit sur l’ensemble du territoire allemand, soit spécifiquement à Berlin. D’autres circonscrivent leur propos aux interventions de l’une ou l’autre des forces gouvernantes : Walter Hixson et David Monod étudient les démarches américaines ; Gabriele Clemens, les démarches britanniques ; Jacqueline Plum, Margarete Mehdorn et Andreas Linsenmann les démarches françaises ; et Maximilian Becker, les démarches soviétiques. Le mérite de Musique et politique est donc non seulement de prendre en considération deux périodes aux politiques contrastantes, mais également de réussir à synthétiser, dans sa deuxième partie, quatre approches politiques et culturelles rivales. Depuis 2019, Élise Petit est maîtresse de conférences en histoire de la musique et directrice du département de musicologie de l’Université Grenoble Alpes. Musique et politique en Allemagne se base sur sa thèse Velléités et utopies de ruptures. Les politiques musicales en Allemagne de 1933 à 1949, soutenue en 2012 à l’Université de Paris-Est. Depuis, elle poursuit ses travaux dans des veines similaires, continuant de s’intéresser à la construction identitaire par la musique et aux processus de reconstruction musicale au sortir des grands conflits mondiaux. Elle publie ainsi des articles sur l’utilisation des chants populaires allemands sous le régime nazi (Volkslied), sur les enjeux idéologiques de la « Nouvelle musique » (Neue Musik) en Allemagne après 1949 et sur l’emploi destructeur de la musique dans les camps de concentration, ce dernier sujet faisant également l’objet d’un livre à venir. Le propos de Musique et politique en Allemagne s’appuie sur un dépouillement minutieux de multiples fonds d’archives conservés en Allemagne et dans les pays alliés, reflétant les positions, officielles ou non, de chacun d’entre eux. La mise en parallèle au sein du même ouvrage des politiques du iiie Reich et de celles de l’occupation alliée permet d’en cerner les ruptures et les continuités. De ce parallèle émergent des questions d’ordre éthique, esquissées dans l’introduction : est-il possible de reprogrammer une société sans avoir recours à des procédés manipulateurs ? Où se situe la frontière entre éducation et propagande dans un contexte de rivalité nationale ? Le sujet de l’ouvrage est clairement établi par son titre, délimitant le territoire étudié à l’Allemagne même, et la période, de l’accession au pouvoir d’Hitler le 30 janvier 1933 à la création de deux États allemands distincts en 1949. Cette période est …

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