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Présentation[Notice]

  • Marie-Alice Belle et
  • Hélène Buzelin

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  • Marie-Alice Belle
    Université de Montréal

  • Hélène Buzelin
    Université de Montréal

Au printemps 2019, l’Association canadienne de traductologie (ACT) tenait la 32e édition de son congrès annuel à UBC (Vancouver). Le titre retenu cette année-là était celui des Cultures matérielles de la traduction. Plus qu’un thème, l’expression visait à capturer des axes de recherche très divers – allant de l’histoire de l’imprimé aux nouvelles technologies en passant par l’étude des institutions – partageant néanmoins une même volonté d’interroger les pratiques de traduction et d’interprétation, présentes et passées, en lien avec les objets, les supports, les ressources et les espaces concrets, tangibles, qui les informent et leur donnent sens. Cet angle de réflexion nous semblait porteur, à plusieurs titres. Tout d’abord si, à notre connaissance, aucun congrès n’avait encore été consacré à ce sujet au sein de la discipline, l’intérêt pour la matérialité était perceptible depuis au moins une quinzaine d’années. Par exemple, dès 2003, Michael Cronin invitait les chercheurs à abandonner la distinction simpliste entre les traducteurs et leurs outils pour analyser les relations complexes qui se tissent entre toutes les médiations qui participent au processus de traduction. En 2005, Maria Tymoczko identifiait l’étude des « cultures matérielles » de la traduction comme l’une des directions porteuses de la recherche en traductologie. Plus récemment, le débat critique tenu en 2015-2016 dans la revue Translation Studies autour de l’article de Karin Littau sur la matérialité de la traduction comme mode de communication témoignait de l’urgence de développer une réflexion sur les aspects matériels de la traduction et de l’interprétation – que ces dernières soient définies 1) comme modes de communication interlinguistique ou intersémiotique, 2) comme processus cognitifs impliquant une interaction avec des technologies variées, ou enfin 3) comme produits historiquement, socialement, ou culturellement situés. Par ailleurs, la question des conditions matérielles de production et diffusion des traductions est clairement l’objet d’un intérêt de plus en plus marqué. En témoignent l’intensification du dialogue interdisciplinaire entre, notamment, l’histoire du livre, la sociologie de l’édition et la traductologie, de même que les débats et recherches suscités par l’avènement de nouvelles technologies susceptibles de transformer en profondeur les pratiques professionnelles ainsi que la définition même de ces pratiques, ou encore l’intérêt grandissant pour les aspects économiques de la traduction et pour les institutions traduisantes, sans compter l’essor des humanités numériques. Parmi les nombreuses communications présentées au cours de ces trois journées de congrès, du 2 au 4 juin, cinq ont donné lieu aux articles rassemblés dans le présent volume. Tous liés à la notion de matérialité, les angles d’analyse adoptés dans ces cinq contributions sont à la fois très ciblés et distincts, ce qui nous a incitées à donner à ce volume de TTR un titre plus spécifique que celui qui avait été retenu pour le congrès et qui nous semble ainsi mieux refléter le contenu de ce numéro thématique. Les deux contributions suivantes nous transportent dans la ville d’Edmonton qui, depuis les années 2000, est devenue l’une des plus cosmopolites au Canada. Sous des angles légèrement différents, l’article de Sathya Rao puis celui co-signé par Odile Cisneros et Ann De León explorent la politique linguistique et la politique de traduction de cette ville plurilingue où, parmi les nombreuses langues (autres que l’anglais et le français) se côtoient (en ordre décroissant) le tagalog, le punjabi, le cantonnais, le mandarin, l’espagnol et l’arabe. Le premier texte propose tout d’abord une réflexion critique sur la notion de « politique de traduction ». Puis, après avoir resitué le paysage démographique d’Edmonton dans les cadres juridiques provincial (de l’Alberta) et fédéral, l’auteur interroge les pratiques traductives au sein de cette municipalité. Son analyse suggère que si, contrairement à …

Parties annexes