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Comptes rendus

Helle V. Dam, Matilde Nisbeth Brøgger et Karen Korning Zethsen, dir. Moving Boundaries in Translation Studies. Londres, Routledge, 2019, 249 p.[Notice]

  • Daniel Ricardo Soto Bueno

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Issu du huitième congrès de la European Society for Translation Studies, tenu à l’Université d’Aarhus en 2016, ce collectif nous emmène dans une véritable odyssée conceptuelle qui défie les frontières épistémologiques traditionnelles de la traduction. Helle V. Dam, Matilde Nisbeth Brøgger et Karen Korning Zethsen s’y sont prises avec soin pour présenter (p. 1‑11) et pour clore (p. 231‑233) treize contributions reliées en termes de relations conceptuelles. Moving Boundaries in Translation Studies se penche notamment sur l’effet de certains changements technologiques et sociaux tels que la popularisation des réseaux sociaux, le développement des outils d’aide à la traduction et l’avènement de la traduction automatique neuronale. Au chapitre un, Andrew Chesterman explique en quoi consistent ces relations conceptuelles. D’abord, les concepts ornithorynque (« platypus concepts », p. 12) permettent de désigner des phénomènes récents tels que la numérisation, la traduction et la mise en page non officielles de bandes dessinées (« scanlation »). Les concepts séparateurs (« splitter concepts », p. 14) servent quant à eux à diviser une notion plus large, comme dans la distinction établie par Igor Grbić (cité par Chesterman, p. 15) entre « translation » (traduction cibliste) et « cislation » (traduction sourcière). Enfin, les concepts unificateurs (« lumper concepts », p. 17) permettent de concevoir quelque chose de façon élargie : la traduction peut ainsi inclure, par exemple, la réponse des humains au chant des oiseaux (p. 18). La recherche en localisation fait l’objet du chapitre deux. Miguel Ángel Jiménez-Crespo y retrace l’histoire de la localisation (p. 27-30, 34-35), pour ensuite revenir sur la définition même de la traduction et de la localisation ainsi que pour proposer un schéma des rapports interdisciplinaires existant entre la traductologie et les études en localisation. Du point de vue de la localisation, Jiménez-Crespo observe deux conceptions de la traduction. D’une part, la vision unificatrice implique l’étude de tout ce qui entoure la pratique de la traduction. D’autre part, la vision séparatrice ou, si l’on préfère, industrielle, limite la traduction à un maillon de la chaîne de la localisation (p. 31-32). Quoi qu’il en soit, il est logique, à mon avis, que la traduction joue un rôle secondaire dans le cadre de la localisation si l’on s’intéresse à d’autres facteurs d’un processus de production donné. Le chapitre trois, signé par Franz Pöchhacker, présente les nouvelles fluctuations conceptuelles opérant dans le domaine de l’interprétation. Pöchhacker y distingue quatre types de modalités d’interprétation prototypiques, à savoir l’interprétation orale, l’interprétation entre langues de signes, l’interprétation de signes en parole et vice-versa, mais aussi plusieurs modalités hybrides telles que la traduction à vue (parlée ou gesticulée), la « tradterprétation » (ma traduction de « transterpreting », p. 48), qui désigne la traduction automatique des dialogues écrits en ligne, l’interprétation projetée à l’écrit et la traduction automatique de la langue de signes à l’écriture, (p. 47-48). Il est question aussi dans ce chapitre de la reformulation intralinguale, présente dans le sous-titrage vocal (« respeaking », p. 48), entre autres. La traduction automatique embrouille également les frontières entre la traduction et l’interprétation tout en restant dans une position plus périphérique dans le domaine de l’interprétation (p. 54-56, 59-60). Le chapitre quatre est consacré à la révision, à l’édition de correspondances de traduction partielles issues des mémoires de traduction (ici, l’édition) et à la post-édition (soit la révision de segments « traduits » par la machine). Arnt Lykke Jakobsen nous rappelle que la norme ISO 17100 prescrit la révision par autrui, ce qui prouve l’importance que les institutions y attachent. Les rares expériences menées par des traductologues permettent, par ailleurs, d’évoquer le risque d’atteindre une moins bonne qualité …

Parties annexes