Certaines fonctionnalités pourraient être temporairement inaccessibles ce jeudi 29 septembre en raison d'une maintenance chez notre prestataire de service. Suivez l'évolution

Comptes rendus

Vincent Broqua et Dirk Weissmann, dir. Sound/Writing : traduire-écrire entre le son et le sens, Homophonic translation – traducson – Oberflächenübersetzung. Paris, Éditions des Archives Contemporaines, 2019, 356 p.

  • Audrey Coussy

…plus d’informations

  • Audrey Coussy
    Université McGill

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Seuls les 600 premiers mots du texte seront affichés.

Options d’accès :

  • via un accès institutionnel. Si vous êtes membre de l’une des 1200 bibliothèques abonnées ou partenaires d’Érudit (bibliothèques universitaires et collégiales, bibliothèques publiques, centres de recherche, etc.), vous pouvez vous connecter au portail de ressources numériques de votre bibliothèque. Si votre institution n’est pas abonnée, vous pouvez lui faire part de votre intérêt pour Érudit et cette revue en cliquant sur le bouton “Options d’accès”.

  • via un accès individuel. Certaines revues proposent un abonnement individuel numérique. Connectez-vous si vous possédez déjà un abonnement, ou cliquez sur le bouton “Options d’accès” pour obtenir plus d’informations sur l’abonnement individuel.

Dans le cadre de l’engagement d’Érudit en faveur du libre accès, seuls les derniers numéros de cette revue sont sous restriction. L’ensemble des numéros antérieurs est consultable librement sur la plateforme.

Options d’accès
Couverture de La traduction comme acte politique : perspectives contemporaines (XX<sup>e</sup>-début XXI<sup>e</sup> siècle), Volume 34, numéro 2, 2e semestre 2021, p. 9-191, TTR

Le volume Sound/Writing : traduire-écrire entre le son et le sens, Homophonic translation – traducson – Oberflächenübersetzung, paru en 2019 et dirigé par Vincent Broqua et Dirk Weissmann, fait suite au colloque international trilingue sur la traduction homophonique qui s’est tenu à Paris en novembre 2016. L’événement avait fait date, le sujet de la traducson (pour reprendre le terme de Gérard Genette : « qui consiste à donner d’un texte un équivalent phonique approximatif en employant d’autres mots, de la même langue ou d’une autre » (1982, p. 50) restant un terrain encore peu exploré par la recherche universitaire; on trouve en effet plus facilement des ouvrages sur la traduction des jeux de mots en général (Henry, 2003; Brisset et al., 2019). Broqua et Weissmann poursuivent ici leur travail de mise en lumière et de défrichage de ce qu’ils qualifient de « genre littéraire hétérodoxe, entre traduction et création » (p. 2), et résolument international. La rencontre des langues s’illustre également dans le format bilingue de l’ouvrage : sur les vingt-huit chapitres présents, un peu plus de la moitié sont en anglais, et l’introduction est proposée en français et en anglais. Ces deux langues cohabitent parfois au sein des textes avec l’allemand, l’espagnol, le latin, l’hébreu, ou encore le japonais. Les neuf parties proposent l’exploration du plurilinguisme et des multiplicités créatives de la traducson à travers des études de cas et des témoignages de praticiens et praticiennes, des réflexions d’ordre plus théorique et l’élaboration d’une généalogie permettant une mise en perspective historique. L’ouvrage s’inscrit ainsi parfaitement dans la collection « Multilinguisme, traduction, création » des Éditions des Archives Contemporaines, consacrée à l’étude du plurilinguisme en traduction et littérature. La première partie contient un unique texte de presque quarante pages du poète, traducteur et professeur américain Charles Bernstein, issu de sa conférence plénière (et traduit de l’esperanto, d’après une note de l’auteur!). Bernstein donne le ton au reste du volume en dessinant les contours définitionnels et historiques (XXe-XXIe siècles) de la traduction homophonique à grand renfort d’exemples tirés de son expérience de poète-traducteur et de celle d’autres artistes (Louis Zukofsky, Sid Caesar, entre autres). Il s’attarde notamment sur le doubletalk (traducson imitant les sons d’une langue à travers un lexique inventé) pour illustrer le jeu et la rencontre des langues, souligne la mise à mal par la traduction homophonique de toute dichotomie (telle sens/forme, original/copie, imaginaire/réel), et présente la traducson comme un joyeux parasite poétique et expérimental. L’humour, caractéristique centrale du genre, s’illustre aussi bien dans les exemples cités que dans l’écriture, à la fois érudite et pleine d’esprit, de Bernstein. À noter qu’un PowerPoint a été mis en ligne en complément audiovisuel du texte, prolongeant de façon ludique la réflexion. Ouvrant la deuxième partie, plus théorique, Jean-Jacques Lecercle utilise l’exemple incontournable de la traducson du premier vers du poème Endymion de Keats par François Le Lionnais (« A thing of beauty is a joy for ever » devient « Un singe de beauté est un jouet pour l’hiver! »), membre du groupe l’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle) fondé à Paris en 1960 et qui promeut la création à partir de contraintes définies, pour proposer huit caractéristiques définissant « l’opération-traducson » (p. 63) et souligner qu’à travers le jeu langagier, le traducteur se positionne en sujet conscient de son agentivité. On retrouve Lecercle en exergue du chapitre de Ryan Fraser, qui utilise notamment le concept de remainder, l’équivalent en linguistique de l’inconscient freudien, de ce dernier (1990) pour étudier la traduction de surface dans un corpus de cinq poètes-traducteurs : Howard L. Chace, Luis d’Antin …

Parties annexes