Dossier

PRÉSENTATION

  • Catherine Parent

…plus d’informations

  • Catherine Parent
    Université de Sherbrooke

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Seuls les 600 premiers mots du texte seront affichés.

Options d’accès :

  • via un accès institutionnel. Si vous êtes membre de l’une des 1200 bibliothèques abonnées ou partenaires d’Érudit (bibliothèques universitaires et collégiales, bibliothèques publiques, centres de recherche, etc.), vous pouvez vous connecter au portail de ressources numériques de votre bibliothèque. Si votre institution n’est pas abonnée, vous pouvez lui faire part de votre intérêt pour Érudit et cette revue en cliquant sur le bouton “Options d’accès”.

  • via un accès individuel. Certaines revues proposent un abonnement individuel numérique. Connectez-vous si vous possédez déjà un abonnement, ou cliquez sur le bouton “Options d’accès” pour obtenir plus d’informations sur l’abonnement individuel.

Dans le cadre de l’engagement d’Érudit en faveur du libre accès, seuls les derniers numéros de cette revue sont sous restriction. L’ensemble des numéros antérieurs est consultable librement sur la plateforme.

Options d’accès
Couverture de Nelly Arcan, Volume 47, numéro 3 (141), printemps–été 2022, p. 7-159, Voix et Images

Il y a un peu plus de vingt ans, en 2001, paraissait Putain, une autofiction qui crée une onde de choc dans l’espace littéraire et médiatique. Best-seller, le livre est retenu dans les sélections des prix Médicis et Femina en plus d’être traduit en vingt-sept langues. Malgré ces reconnaissances institutionnelles, c’est l’image de l’écrivaine qui sature l’espace médiatique, au détriment du propos de son oeuvre. Suivront Folle (2004), À ciel ouvert (2007), l’album illustré L’enfant dans le miroir et la nouvelle Peggy (2007), de même que des chroniques journalistiques ; un roman, Paradis, clef en main (2009), et un recueil d’essais, Burqa de chair (2011), paraîtront de façon posthume, après le suicide de l’autrice, le 24 septembre 2009. En huit ans à peine, Nelly Arcan a édifié une oeuvre où les textes forment un ensemble à la fois cohérent et ouvert, traversé par un certain nombre d’obsessions, mais en renouvellement constant, notamment par le passage de l’autofiction à l’écriture romanesque, de la litanie à la construction d’intrigues, de personnages, de perspectives variées. L’année 2019 a marqué les dix ans du décès de Nelly Arcan, ce qu’ont souligné les Éditions du Seuil avec une réédition de Putain. Cette nouvelle édition est accompagnée notamment d’une postface signée par les cinq responsables du colloque « (Re) découvrir Nelly Arcan », tenu à Paris, à l’École des hautes études en sciences sociales et à la Maison de la Poésie, en septembre de la même année. En novembre, à l’UQAM, université où l’autrice a fait ses études de 1er et de 2e cycles, sa famille créait le prix Nelly-Arcan, portant son nom et destiné à soutenir la relève en création littéraire. Depuis sa disparition, son oeuvre a été adaptée et mise en scène au théâtre, un collectif lui rendant hommage a été publié, un film librement inspiré de sa vie a été produit, un second collectif portant sur ses oeuvres a été publié, un album hommage a été enregistré, un spectacle rapprochant Nelly Arcan de l’écrivaine Sylvia Plath a été présenté au Festival international de littérature et un cours universitaire a été dédié entièrement à l’écrivaine pour la première fois. Par ailleurs, la bibliographie du présent numéro témoigne de l’abondante fortune critique de l’oeuvre arcanienne : plusieurs livres, quantité de mémoires et de thèses et de très nombreuses études de fond en traitent. En effet, Nelly Arcan a suscité l’intérêt, dès la parution de Putain, de beaucoup d’étudiantes et de professeures de littérature féministes, fascinées par une voix neuve qui oscille entre fatalité et dénonciation. Les écrits de Nelly Arcan brossent un portrait de la féminité comme soumission extrême à la tyrannie des apparences, tandis que les hommes, bien qu’essentiels dans la mesure où ils sont porteurs d’un regard sur lequel les femmes comptent pour exister, sont présentés comme pères et clients anonymes et inconséquents (Putain), accros à la porno et écrivaillon (Folle), « accoudoir[s] » et « cran[s] de sûreté », mais aussi tortionnaires (À ciel ouvert). Une chose est certaine, les rôles sont si tranchés et si figés qu’il n’y a pas de véritable relation possible entre les sexes, entre des hommes consommateurs de jeunesse et des femmes qui croient ne pouvoir exister que dans leur regard désirant. Au départ, ce qui a captivé beaucoup de femmes est l’apparente soumission de Nelly Arcan à une féminité extrême : la « Schtroumpfette » blonde, au corps refait à coups de chirurgies esthétiques, acharnée à plaire, à rester toujours jeune, toujours plus belle que toutes les autres. Elle cristallise des angoisses, des malaises, …

Parties annexes