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Moebius : écritures / littérature

Numéro 128, février 2011, p. 21-24

Arbres

Sous la direction de Bruno Lemieux

Direction : Nicole Décarie (directrice), Robert Giroux (directeur), Lucie Bélanger (directrice), Lysanne Langevin (directrice) et Raymond Martin (directeur)

Éditeur : Éditions Triptyque

ISSN : 0225-1582 (imprimé)  1920-9363 (numérique)

moebius1006620
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Article

Dimanche après la pluie

Étienne Lalonde

Résumé | Extrait

Étienne Lalonde Dimanche après la pluie Cette peur, forcément, des disparitions. Ce que tu y as vu. Deux petits garçons. L’un à peine plus grand que l’autre. L’à-peine-plus-grand murmurant à l’oreille du pas-tellement-plus-petit quelques mots d’une chanson que tous deux aiment depuis si longtemps : « Que serais-je sans toi que ce balbutiement […] Qu’il fait jour à midi, qu’un ciel peut être bleu. » Le premier dit alors au petit que ces mots, ils les a voulus, espérés, également, pour l’amour de sa vie, plus tard ; sans qui rien de cette beauté ne vivrait là, maintenant, à l’intérieur de soi. « Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes. » Au pied du pommier en fleur. La perte, un peu comme tu l’as vue, trop grande, là, dans les yeux d’autres spectres. * Et, lorsque l’effacement se fait de plus en plus grand, et que les lieux ou les yeux se remplissent de sable, de poussière ; et que les corps se cherchent et se voient, se voilent, se touchent enfin, presque – mais que tout, clairement, s’en remet à l’oubli –, chacun sait que tout s’anéantira sous peu. Voir au-delà du soleil. Vouloir après les choses. Jusqu’à se promettre de se retrouver, plus loin, quelque part, dans un rêve. * Dans ce cas, le tout-petit, qui joue dans la terre, à côté du chagrin, près du grand, et de l’amour de sa vie, donc ; au pied du pommier en fleur, est probablement de ce rêve. Le rêve est rêvé là. Un peu de chacun, séparément, pour faire le rêve enfin. Pas loin. Dans la lumière du printemps qui se dévêt un peu. Qui laisse de moins en moins de nuit s’étouffer dans le jour où, encore, partout, pour toujours, des gens s’aimeront, s’animeront, auront du plaisir ensemble. * Michal a fermé les yeux trop longtemps. Rapidement, il a ramené le chandail sur sa tête. « Je reviens dans quelques minutes », a-t-il déclaré aussitôt à Vélia, qui cherchait déjà des yeux la porte. Aller vite vers la porte. Mais avant de partir, elle a tourné la tête, de manière à voir ce que la bouche de lui...

Auteur : Étienne Lalonde
Titre : Dimanche après la pluie
Revue : Moebius : écritures / littérature, Numéro 128, février 2011, p. 21-24
URI : http://id.erudit.org/iderudit/64585ac

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