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54.Plus d’information
Depuis la fermeture, en 2017, de l'usine à cigarettes de Riom (Puy-de-Dôme), l'industrie des tabacs n'existe plus en France. Elle remontait au XVIIe siècle et pour la plus grande partie de son histoire elle avait été monopolisée par l'État, un monopole fiscal exploité par des compagnies de fermiers sous l'Ancien Régime puis par une administration placée sous la tutelle du ministère des Finances au XIXe et XXe siècles. Cette industrie d'État nous lègue aujourd'hui un échantillon remarquable d'établissements manufacturiers, témoignant de trois siècles d'architecture industrielle. Notre article porte un regard sur le devenir de ces établissements après leur abandon par l'industrie. Les nouveaux usages insérés dans les murs sont très variés — logements, locaux d'enseignement, équipements culturels, lieux d'activités, hôtels, espaces tertiaires… — mais ils soulèvent tous la question de l'interprétation, sur place, de l'histoire des lieux et celle aussi de la sauvegarde du patrimoine technique de l'industrie. Ces questions sont posées en examinant de plus près quatre opérations de reconversion, à Issy-les-Moulineaux en banlieue parisienne et à Nantes, au début des années 1980, puis, plus récemment, à Morlaix (Finistère) et à Marseille.
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57.Plus d’information
Cadre de la recherche : Représentant légitimiste sous la Seconde République (1848-1852), Paul de Dieuleveult (1799-1867) incarne le notable traditionnel de l’Ouest au milieu du XIXe siècle. Sa position sociale privilégiée marque l’aboutissement d’une ascension sociale débutée par son père, François-Marie, à Tréguier dans les Côtes-du-Nord.Objectifs : Il s’agit de s’interroger sur l’importance de l’héritage familial dans l’engagement légitimiste de Paul de Dieuleveult et de ses collègues députés légitimistes.Méthodologie : Pour y parvenir, nous nous appuierons sur les travaux de notre thèse (Stefanelly, 2013) et sur les notices biographiques des parlementaires.Résultats : Les antécédents familiaux sont déterminants dans l’engagement légitimiste de Paul de Dieuleveult. Son père s’élève socialement grâce à ses activités médicales, à ses deux mariages successifs, à son obtention du titre de noble et à l’exercice de responsabilités locales sous la Restauration. Paul s’inscrit dans cette lignée. Il dispose grâce à lui de biens matériels et fonciers considérables. Son mariage lui permet de compléter les alliances avec les familles marquantes de la région. Son entrée en politique dans les dernières années de la Restauration concrétise l’engagement légitimiste. La monarchie de Juillet marque une rupture politique, mais il revient au premier plan de la vie politique locale en 1848 et accède à la députation. Durant son mandat, il s’emploie à faire fructifier son assise politique en s’employant à préserver un unanimisme communautaire.Conclusion : Beaucoup de ses collègues légitimistes dans l’Ouest, principal foyer du légitimisme, s’inscrivent dans un héritage familial. Une minorité d’entre eux ont des antécédents familiaux moins marqués et ont émergé socialement grâce à leurs capacités.Contribution : La dimension familiale est essentielle pour comprendre l’engagement politique d’un représentant légitimiste sous la Seconde République même si cela ne se vérifie pas dans tous les cas et que la dimension psychologique individuelle est une donnée à prendre en compte.
Mots-clés : politique, famille, père, sociologie, trajectoires familiales, lien familial, histoire, démocratie , communauté, policy, family, father, sociology, family trajectories, family link, history, democracy, community, política, familia, padre, sociología, trayectorias familiares, vínculos familiares, historia, democracia, comunidad
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59.Plus d’information
Né dans une famille enracinée dans le pays de Vannes, attachée à l'histoire, à la langue et à la religion, François Cadic poursuit des études supérieures à Paris avant de créer, à la fin des années 1890, l'oeuvre de la Paroisse bretonne de Paris pour venir en aide à ses compatriotes qui, de plus en plus nombreux, émigrent vers la capitale. Ayant baigné au cours de son enfance dans une culture populaire orale et bretonnante, il s'attache très tôt à en recueillir les témoignages. Une solide formation universitaire et une bonne connaissance des collectes et des collecteurs bretons l'incitent à s'engager dans la voie d'un mouvement folkloriste alors florissant, comme en témoigne sa collaboration à la revue Mélusine en 1894. Mais aussitôt il se démarque d'une approche qu'il juge trop savante et trop élitiste d'une culture populaire qu'il est, selon lui, essentiel de sauvegarder pour la maintenir vivante : conserver une conscience bretonne chez les Bretons de Paris, c'est, bien entendu, un moyen d'éviter un trop grand déracinement… et un abandon de la foi chrétienne. Chants et contes sont donc d'abord des moyens d'apostolat et la méthode de leur collecte et de leur édition ne relève pas d'une visée scientifique : elle n'est pas sans poser de problème, à l'exemple des contes et légendes confiés à François Cadic par soeur Marie-Louise de la Conception, de la congrégation des Filles de Jésus, qui en faisait un sujet de rédaction pour ses élèves… La part d'écriture et de réécriture est donc importante dans les publications de François Cadic, mais, paradoxalement, elle peut expliquer le succès qu'elles rencontrent encore aujourd'hui.