Documents repérés
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2881.Plus d’information
Si les NTIC permettent de grands espoirs, ce ne saurait être par la grâce d’une magie subite. En vue de tirer un profit réel de ces nouvelles technologies, une vision aussi réaliste que possible de leurs bienfaits et de leurs méfaits potentiels s’impose. Elles obligent à reprendre plus nettement conscience des défis de la culture et de l’éthique. Les maux et leurs remèdes sont bien plutôt à chercher dans la culture même.
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2882.Plus d’information
En Louisiane et au Pays d’en Haut, les interactions entre Amérindiens et soldats français au XVIIIe siècle étaient nombreuses et multiples. Cet article étudie la nature, le rôle et les réalités de leurs échanges matériels en utilisant les différentes sources disponibles : documents d’archives, ouvrages imprimés ou encore rapports de fouilles archéologiques. Après avoir énuméré les différents produits échangés et déterminé l’utilisation qui en était faite, l’auteur aborde la manière dont la traite était organisée. Le rôle prééminent des officiers est mis en avant ainsi que celui, plus modeste, des soldats. Il ressort de cette analyse qu’il existait de réelles interdépendances, qui modifient les habitudes de chacun et qui participent à la solidarité existant entre les soldats français et leurs voisins autochtones.
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2883.Plus d’information
Cet article tente de dégager les multiples significations d’un processus de changement religieux qui implique une partie considérable de la population autochtone colla de la région des vallées profondes (quebradas) et du haut plateau (puna) de la province de Jujuy, au nord-ouest de l’Argentine. L’auteure expose les rapports entre les aspects traditionnels de leur société et de leur vision du monde et des éléments introduits par de nouvelles options religieuses. Malgré la continuité qu’on peut observer entre certains éléments nouveaux et anciens, l’ensemble du processus est défini surtout comme une tendance à la désethnification, qui sera mieux comprise à la lumière de l’opposition entre groupe ethnique et nation.
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2884.Plus d’information
La segmentation sociospatiale et la crise des processus de reproduction socio-ethnique à Media Luna (La Guajira) permettent de comprendre la transition des Wayuu vers une dépendance à l'assistanat néolibéral. D'après les ethnographies réalisées entre 1998 et 2018, le processus de segmentation sociospatiale trouve son origine dans la réduction et la fixation sur le territoire et dans les politiques néolibérales de reconnaissance multiculturelle. Ses conséquences sont 1) que les nouvelles unités sociospatiales n'ont plus les moyens matériels de subsistance et dépendent du travail salarié et de l'offre institutionnelle, et 2) que des ruptures se produisent dans les liens de solidarité, de collaboration et de complémentarité pour le soutien mutuel et les conflits internes dus à la concurrence des ressources et des équipements institutionnels.
Mots-clés : transitions vers le capitalisme, dépendance, autonomie relative, reproduction socio-ethnique, segmentation sociospatiale, Wayuu
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2885.Plus d’information
La satire libre en s’affranchissant de la stricte référence horatio-juvénalienne et en se structurant autour d’un moi poétique, distant, critique voire indigné face à un monde en devenir joue, durant la première modernité, un rôle important dans l’émergence d’une écriture de l’actualité qui conduit au cours du XVIIe siècle à l’apparition de la presse périodique. Pour réfléchir aux rapports entre les supports de l’information dans la première modernité et les écritures satiriques ou militantes, l’expression de fake news d’abord ressentie comme incongrue peut être particulièrement utile, car elle a l’intérêt, alors que nous sommes a priori peu sensibles à leur proximité et à leurs liaisons, de rapprocher des pratiques contemporaines aussi différentes que « l’article de presse erroné », « la publication orientée », « l’appeau à clics » et « le pastiche humoristique ». Avec le rapprochement de ces phénomènes jugés hétéroclites, il devient envisageable de penser de manière coordonnée trois aspects lisibles dans les phénomènes d’échange et d’hybridation entre les occasionnels et les libelles durant la première modernité. Comme les fake news qui désignent souvent l’information adverse sous les coups de clavier énervés des faiseurs numériques de tout aussi fausses nouvelles, le libelle est toujours pris dans un réseau de libelles dont le moteur d’expansion est l’indignation face aux impostures ennemies. Il imite les écritures médiatiques en se nourrissant de la rumeur et donne lieu à des démystifications qui sont aussi souvent des critiques des codes nouveaux de l’actualité telle qu’elle se donne à lire dans les occasionnels ; par bien des aspects, cette critique participe, en les travaillant, à la fixation de ces codes. Cette satire de l’actualité orientée ou militante prend des formes qui peuvent s’abstraire des enjeux partisans ; il est parfois difficile, comme aujourd’hui avec certains sites Internet ou comptes de réseaux sociaux satiriques, de faire la part entre des écritures engagées inventives et des jeux d’esprit plus libres. Plus profondément, l’esthétique « satyrique », grotesque (pour l’ensemble de cette première modernité) ou encore burlesque (pour la fin de cette période) pourrait engager un exercice plus global de l’incrédulité contre les fondements religieux et politiques de la société d’Ancien Régime. Par sa dimension métaréflexive, par sa grande diversité liée aux nombreuses hybridations avec les écritures de l’actualité, par ses oscillations entre un rire partisan et les jeux libres de l’esprit en fonction du goût du public et des intérêts des acteurs économiques de l’édition, le libelle diffamatoire offre décidément une figure changeante bien proche des réalités labiles auxquelles renvoie l’idée de fake news ; et en retour, il invite à ne pas rejeter hâtivement aujourd’hui tel ou tel aspect de cette nébuleuse, sans doute plus homogène dans ses jeux d’attraction qu’il n’y paraît.
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2887.Plus d’information
Si l'État français reste officiellement souverain en matière de politiques d'enseignement public des langues, ses services centraux et déconcentrés sont régulièrement amenés à coopérer avec des acteurs extérieurs à l'Éducation nationale. Dans le cas de l'enseignement public du néerlandais (langue vivante étrangère) et du flamand occidental (langue régionale) dans le Nord, la coopération s'apparente davantage à une externalisation partielle mal maîtrisée pour l'un et à une ingérence insidieuse pour l'autre. Cet article analyse l'influence d'acteurs flamands belges et néerlandais, issus du monde associatif et/ou exerçant la puissance publique, dans l'institutionnalisation d'une offre pédagogique spécifique sur une partie du territoire français que ciblent conjointement un imaginaire nationaliste et un pragmatisme politico-économique.
Mots-clés : coopération internationale, Éducation nationale, Flandre, Pays-Bas, département français du Nord, nationalisme, langue, dialecte, international cooperation, Department of Education, Flanders, the Netherlands, French department of Nord, nationalism, language, dialect
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2888.Plus d’information
Cadre de la recherche : Dans un contexte caractérisé par de nouvelles aspirations à la parentalité, au sein de sociétés où les formes familiales se diversifient, la question des origines suscite actuellement d'intenses débats politiques, sociaux et scientifiques. Ces débats sont emblématiques d'un mouvement plus général, qui témoigne d'une attention croissante à la question des origines dans les modes actuels de constitution des familles, qu'il s'agisse de l'adoption ou de la procréation assistée par autrui. La notion d'origine apparaît alors comme une entrée particulièrement pertinente pour éclairer les enjeux sociaux et politiques que soulèvent aujourd'hui le devenir de l'adoption, les conditions du recours à la procréation assistée avec don, l'encadrement législatif de la gestation pour autrui ou les usages des savoirs biogénétiques, ainsi que pour analyser les reconfigurations contemporaines de la parenté et des liens familiaux.Objectifs : Cet article a pour objectif de cerner les principaux enjeux qui sous-tendent la question des origines en retraçant les conditions d'émergence des discours sur le sujet de même qu'en faisant dialoguer les différents apports disciplinaires permettant d'en délimiter les contours.Méthodologie : Cet article s'appuie sur les différentes contributions des auteurs et autrices du numéro, de même que sur les travaux théoriques et empiriques qui retracent comment la question des origines est mobilisée par les personnes concernées par l'adoption de même que par la procréation assistée par autrui. Pour en rendre compte, la perspective comparative est valorisée.Résultats : L'attention aux origines révèle une évolution profonde liée à la dissociation croissante de la procréation et de la parenté, d'où semblent émerger des relations et des figures « nouvelles ». L'essor des technologies de la reproduction rend aujourd'hui plus nombreuses les circonstances, déjà présentes dans l'adoption, où des personnes procréent, mais ne deviennent pas – au sens légal - des parents, demeurant « aux marges » de la parenté.Conclusion : La notion d'origines offre un lieu d'examen particulièrement fécond des représentations et interprétations actuelles concernant les figures de l'origine (« parents » de naissance dans l'adoption, donneurs et donneuses de gamètes, femmes ayant porté un enfant pour autrui), les récits qui les constituent, la place qu'elles occupent (ou non) dans l'histoire des individus adoptés ou nés de la procréation par autrui. Contribution : Cet article apporte une réflexion théorique et heuristique sur la notion des origines tout en témoignant de sa pertinence pour réfléchir aux réalités relationnelles plurielles induites par les configurations familiales actuelles. L'ensemble des articles de ce numéro participe à cette réflexion en interrogeant la question des origines de manière complémentaire.
Mots-clés : origines, filiation, parenté, adoption, technologies de la reproduction, origins, filiation, parenting, adoption, reproductive technologies
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2889.Plus d’information
Ce que nous considérons comme allant de soi, nos compréhensions communes, est en fait conceptualisé par des idéologies que nous avons internalisées tout au long de notre vie. Les personnes en marge de la société ne sont pas protégées contre l'internalisation des idéologies dominantes, même lorsque celles-ci sont contraires à leurs propres intérêts. Ce phénomène, largement décrit dans la littérature et ressenti entre autres par les peuples autochtones, démontre une tendance générale à sous-spécialiser les connaissances expérientielles, locales et culturelles, pour favoriser les connaissances techno-professionnelles. Le domaine de la santé mentale n'est pas étranger à ce type de pratique où les savoirs autochtones - notamment ceux des Inuit - sont largement absents. À partir des écrits et des expériences de l'auteure comme travailleuse sociale et chercheure doctorante en santé mentale au Nunavik, cet article explore les mécanismes qui occultent certaines formes de savoir en santé mentale, et pose un regard sur le contexte spécifique du Nunavik, au Québec.
Mots-clés : santé mentale, colonialité, injustice épistémique, Inuit, autochtone, mental health, coloniality, epistemic injustice, Inuit, Indigenous