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493.Plus d’information
RésuméOn tend à distribuer les rôles : à l'écrivain la voix, au critique le savoir réflexif. D'un côté, une mystique de l'écriture (aujourd'hui souvent dominante), de l'autre, l'obsession scientiste. Dans la tradition de la pensée critique française, ce dualisme simpliste n'est pas sans conséquences. Il réduit trop souvent l'exercice de la pensée à la construction impersonnelle d'une glose, où la subjectivité n'est plus assumée. Leiris, Quignard, Barthes, Sartre, Calvino, Adorno ont tour à tour posé dans toute sa complexité cette question du rapport entre la voix et le savoir, entre la subjectivité et la grammaire, invitant à une écriture critique où la rigueur ne s'oppose plus au rythme, où une voix singulière, informée et vivante s'adresse à un lecteur dans une relation tout à la fois spéculative et émotionnelle.
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500.Plus d’information
Philosophes, éthiciens, essayistes et dissidents politiques ont profondément modifié les directions des postmodernités occidentales au cours des années quatre-vingt. Ethos et polis sont les deux loci sur lesquels se sont ancrées ces problématiques. Des intellectuels d'Europe centrale exilés à l'ouest (Bauman, Kolakowski, Fehér et Heller), des philosophes et sociologues allemands et hollandais (Kamper, Wellmer, Van Reijen), soucieux de scruter les responsabilités des postmodernités européennes, apporteront une inflexion différente, quoique complémentaire, de celle amorcée par Lyotard dans les années quatre-vingt. Plutôt que l'acceptation de l'effondrement des grands récits, ou le diagnostic d'une totale délitescence de la modernité, ils proposeront une distanciation patiente et méthodique par rapport aux Lumières et une écologie de la modernité.